‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 63 sur 375 · Firbas, p. b2l · texte numérisé non relu

Firbas, p. b2l

2. Hakel, p. 52. Voir une étude détaillée de quatre linages du Luiigau par J. R. Bunker [Dorffluren und Bauernhâuser im Luiujaa [Herzogtum Salzburg) Mitth. anthropol. Ges. Wien 39, Band l'JO'J, p. 66-8(5; 178- 209, avec 37 figures dans le te.ttc, 4 plans cadrastrauï hors texte). Le terroir à canevas eultural irrégulier est de colonisation slave ; les Allemands ont distribué leur ban plus géométriquement.

3. R. Siéger. Die alinstatisliche Probeerhebung in der Steiennark (Mitteil. Geogr. Ges. Wien Bd o4, 1911, p. 30o-23, avec bibliographie du sujet). Sous l'inspiration du Prof. Siéger, deux études ont paru : Alfred l'eintingcr. Zar Géographie und Statislik der Almen iin Hochsclwabgebiele [ibid., p. 324- 3b). Ilans Wallner. Die jâhrliche Verschiebung der Bevôlkerung von der Siedliingsgrenze durc/i die Alniwirlschaft im Lungau {ibid., p. 338-403, avec 3 iigurcs dan? le texte.)

LES SLAVES EN BASSE-AUTRICHE o/

La population : l'infiltration slave

Dans son domaine, la masse allemande est à peine entamée, La Haute-Autriche et la province de Salzbourg surtout sont presque intactes ^ Des corpuscules étrangers s'insinuent toutefois dans le bloc et ne sont pas encore entièrement absorbés.

Ces petits noyaux résistants sont Tchèques et Moraves : au- nombre d'environ 2000 en Haute- Autriche sur 843.000 habitants, de moins de 200 en Salzbourg sur 208.000 habitants; il est remarquable qu'ils aient eu le courage de confesseï' leur langue. Ils sont dispersés par minuscules essaims : les plus forts, 5 à GOO individus, sont signalés dans l'arrondissement judiciaire de Wels.

La Basse-Autriche semble, à entendre les cris d'alarme des pangernianistes, livrée en proie à l'envahisseur Tchèque. C'est un investissement en règle : du Nord-Ouest, gravissant le Greinervvald, un des derniers contreforts de la Forêt de Bohême, ou moins romantiquement parle train de Budweis, ils s'égaillent en deçà de la frontière. Plusieurs communes où en 1890 le recenseur n'avait à inscrire que de loyaux Allemands ont retrouvé depuis cette date un patriotisme slave insoupçonné: Schwarzbach en 1890 était peuplé de 692 Allemands, sans un seul Slave: en 1900, sur un mot d'ordre venu de Bohême, il s'y découvre ol2 Tchèques ; les Allemands authentiques ou fidèles se sont fondus à 219. Outre les causes naturelles, on invoque la survenue de fonctionnaires, d'employés de chemin de fer et d'ouvriers tchèques, et aussi la réaction du clergé contre le maître d'école germanisateur "".

1. Sur 1000 individus sont AllemamLs d'aprùs VUiDf/angsspmche.

Hautc-Autiicbc 094,80 991.5V 993,88 990,99

Salzbourg 997, 997.37 995, 'iU 997,35

2. Franz IS'owotny, Die sprachlichen Verhdllnisse Niedevôsterreichs auf Grand der Ergebnisse der letzten Volkszûhlunrjen von 1890 and 1900 (Deutsche lirde III, 1904, p. 97-102. Carte en couleurs à 1/1.250.000). L au-

58 L AUTRICHE ALPESTRE. : — r,ES AUSTRO-ALLEMANDS

Vers le Nord-Esl, par le couloir de la Morava (March), les Tchèques se sont insinués ; mais depuis les dernières années lélément slave s'est plutôt affaibli, quelques minorités se sont éteintes. Ils étaient, dans ce coin, dont Mistelbach est le chef-lieu, 8.243 Tchèques en 1890; ils se comptent 8.2o0 en 1900, ils sont retombés à 6.931 en 1910. Mais les moindres gains de leurs adversaires chagrinent les Allemands, parce que l'infiltration est constante, provoquée par l'industrie : les Slaves, les Slovaques, les Moraves sont des gagne-petit qui se contentent de salaires minimes et par là concurrencent ou évincent la main-d'œuvre allemande ; et le clergé, les grands propriétaires, les chefs d'entreprises préfèrent ces travailleurs plus dociles et maniables.

A côté des Tchèques, figurent en Basse- Autriche des Croates, qui se sonL ou qui ont été confondus avec les Tchèques (par exemple dans le bailliage de Mistelbach, oii ils sont en majorité) et dans celui de-Feldsberg oii ils ont été fixés dès le wf siècle *. Czœrnig en relève 6.400 en 18o2 dans le pays sous l'Enns ; aujourd'hui ils se sont — officiellement — évaçjorés. Cela est inadmissible. Ces Croates, qui ont immigré au début du xvi'' siècle pour fuir le Turc, formèrent des colonies assez considérables pour provoquer les doléances des vieux habitants ; ils furent germanisés

tc'Ui' s'intitule, en dépit de son nom slave, Wanderlehrer des Deutschen Schulvereins, instituteur ambulant, propagandiste.

La frontière linguistique du N. W. de la Basse-Autriche a été récemment étudiée par \V. lleinz IDie Gmiinder tcliecliische Sprachzunge in Xiedevôsterreich. Deutsche lirde, \ III, 1909, 131-8 avec 2 vues dans le texte et carte en couleurs à l/l.OOO.OÛn). Queliiues-unes des communes où s'est manifesté un nojau allemand sont en réalité toutes slaves: la reconnaissance de lidiome allemand seraitun témoignage de gratitude delà population pour les progrès matériels et moi'auK que l'Association scolaire et 1'admini.stralion provinciale ont introduits. Tout le pays avait été repeuplé après la guerre de Trente Ans par des Tchèques (jui ont remplacé les Allemands e.>:terminés.

Dans tous les villages de la zone critique, la lutte est acharnée surtout entxe le Schulcevein et l'Association rivale tchè({ue, placée sous le vocable di' Gomenius: une représentation théâtrale en 1 une ou l'autre langue «st un épisode politique ; tout se divise, pompiers, vétérans, etc. L'auteur avoue (p. .1.^4) que la germanisation par l'école marche lentement, et que les mariages mixtes sont rares. En lJ08, est intervenu un remaniement dans la géographie Administrative ou électorale du district de Gmuiid.

1. Ibid., p. o81-2. Krobeth (Ztschr. fur oslerr. Volkskunde, VII. p. 203).

VIENNE : STATISTIQUE ETHNIQUE o9

en partie; mais ceux qui s'adossent à leurs congénères de Hongrie (comilat de Presbourg) ont conservé leurs traits nationaux, si bien que trois communes du district de Feldsberg, dont Oberlhemenau, qui s'appelait jadis Nova ves chorwatska, avaient encore en 1882 le droit de distribuer en slave l'instruction laïque et religieuse^ Ces faits jettent un singulier jour sur le fouillis ethnographique qui atîecte la province où s'élève la capitale.

Vienne doit sa fortune à sa position privilégiée. Originellement elle est un point de croisement de grandes voies naturelles (Danube, Moravaversla plaine allemande, vallées convergeant du fond des Alpes sur le bassin viennois). xMais quelle est sa valeur et son rôle comme capitale politique d'un Etat que divisent tant de nationalités? Il semble que ce rôle soit insignifiant. Les peuples de l'Autriche envoient à Vienne leurs députés; mais ne lui demandent aucune inspiration nationale. Car Vienne est une ville allemande, avec un tour d'esprit, un dialecte ou argot, un genre de vie particuliers; elle n'est pas un centre auti'ichien. Vienne a conservé son cachet germanique en dépit de l'immigration qui afthie. C'est surtout dans la période entre 1820 et 1830 que la ville fut envahie par les originaires des différentes provinces de la monarchie. En 1829, elle renferme 234.000 indigènes et moins de 14.000 individus nés ailleurs ; en 1830, les indigènes ont diminué à 221.000 ; le chitTre des immigrés s'est entlé à 82.000. Dans les cinquante premières années du siècle, raccroissement de cette dernière catégorie est 64 fois plus fort que celui des Viennois purs. En 1890, sur 1.364. 000 habitants, 751.000, soit 55 p. 100, sont nés au dehors. En 1900, l'on recense 46 p. 100 de natifs sur un total de 1.675.000 personnes de l'agglomération viennoise '.

1. L. llifck, krualcitsiedelungeii iin innerulpinen Wiener Uecleii Meder ôslerreichs (Deulsclio linle, \ 11, l'JOS, p. i;)C-7, croquis cartogiaphi(iue). Les Croates do lu rive droite do la. Leitlia, au pied «les Jlonts du un'mc nom, et ceuv des bonis du Danube, prùs do l'etronell, se sont germanisés à lexception de (juelques vieuv. Le dernier recensement ne donna en Basse- Autriclie que .i-i'J Serbes Croates, probablement des immigrés; dans les bailliagi'S de Misteibach et de Feldsberg, pas un.

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