VIENNE : STATISTIQUE ETHNIQUE
tissemenl: à l'Est, dans les riches villages agricoles du Marchfeld, prennent pied des colons et des journaliers slaves que le cultivateur allemand, malgré son instinct conservateur, ne parvient plus à éliminer; de sorte que sur 39 communes, 7 seulement ont pu se préserver de tout alliase ; et, entre les deux derniers recensements, le slavisme s'est renforcé en nombre et en valeur sociale. — Au Sud de Vienne, la Société des briqueteries du Wienerberg a fixé des ouvriers tchèques dans une huitaine de villages, petits noyaux de slavisme que la crise de l'industrie a fortement entamés, mais qui cependant «s'affirment avec une singulière ténacité». Enfin les usines et fabriques écloses à travers le bassin de Vienne recrutent des travailleurs tchèques dont les équipes grossissent ou fondent suivant les besoins de la main-d'œuvre \ En 1910, on constate un arrêt de développement de l'idiome tchèque, de l'idiome, car s'il était possible d'interroger et compter les sentiments individuels, le résultat serait moins favorable au germanisme -.
Si l'on consulte la statistique linguistique, le caractère allemand de Vienne ne paraît pas-trop compromis, puisque sur 1.000 habitants 94 emploient couramment l'idiome qui passe pour le truchement indispensable de la haute cultureetqui, plusjustement, est celui de tousles échanges, idées et produits, de sorte que Vienne semble un creuset où se fondent tous les éléments. Mais avec l'acuité des conflits nationaux et l'exacerbation de l'esprit particulariste, les groupes ethniques no dépouillent plus si spon-tanément leurs traits propres et leur personnalité. Les Tchèques de Vienne ressortent, suivant le relevé officiel de Viimgcmgssprache, en chilïres absolus, à 103.000. Ya-til de quoi compromettre ]e deutschtumdes 1.386.000 citadins allemands^? Mais quelques indices arithmétiques prê-
1. Nowoliiy, loc. cit. Trois coiuumnos de la Basse-Autriclio, Obor et l'iiter Tlioiiicnau rt Bischol'swartti ont le tchùquo commi' Uiniiue «les alTaircs.