‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 68 sur 375 · LE SLAVISME A VIENNE · texte numérisé non relu

LE SLAVISME A VIENNE

s'agrègent à la masse allemande : sur 9.000 établis à Vienne, 1.260 seulement ont manifesté leur patriotisme linguistique. Eniin le germanisme reçoit un appréciable appoint des Juifs galiciens, près de 19.000, qui ont adopté V umgangssprache du milieu ^

La nation slawe s'est organisée à Vienne et autour de la capitale; elle est j'égie par un «Conseil National» dont les membres ne sont pas tous connus et dont le travail souterrain et secret se traduit par l'action financière et scolaire. Le Tchèque viennois trouve du crédit et des avances dans plusieurs instituts, tels que la Zivnostenska banka au capital de 50.000.000 cour., la Neue Wiener Diskontogesellschaft, auxiliaire de la Banque industrielle de Prague, etc. Ces établissements serviraient, au besoin, de couverture aux caisses d'épargne et de prêt tchèques, an nombre de 11 à Vienne, et qui n'hésitent pas à s'endetter.

De même que le « Conseil national» joue le rôle du «Conseil populaire» (Deutscher Volksrat), dont chaque groupe allemand d'Autriche reçoit les directions, de même une Association scolaire, sous le vocable de Komensky, (Comenius) subventionne et conforte l'enseignement du tchèque dans des écoles, des bibliothèques, des sociétés musicales, sportives, etc. "

Les Slaves de Vienne ont leur presse, comptant 2 quotidiens, 9 hebdomadaires, 18 publications mensuelles, etc. ; l'un des 2 quotidiens sert la cause des ouvriers socialistes de nationalité slave.

Toute cette conjuration est surveillée, dénoncée par le «Conseil du peuple allemand» de Vienne et de la Basse-Autriche qui jette le cri d'alarme. Les Diètes de

1. Vv. voii Meinzingen, Die binnenlandische Wanderung und ihre Riic/cirirkunr/ uuf die Umganfjssprache iStat. Monatssclii'. N. F. Vil, 190:2p. (jy3-72'J).Rauchbcfg. Der nationale liesitzstand, \, p. oOO.

2. En juin 1910. un député socialiste tchèque sollicita la Chambre (le voter un subside de 100 OOÛ cour, à l'Association Comenius pour les écoles privées, puisque les Tchè(jucs ne peuvent tenir à Vienne d'écoles publiques. Los socialistes allemands rejetèrent la motion: et chose curieuse, les socialistes italiens, polonais, ruthènes s'abslinient. Le régime scolaire à Vienne est livré à la municipalité, composé- de clin-tiens sociaux, et Allemands fanatiques .

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la Basse-Autriche, de la Haulc-Aulriche, de Salzboiirg, ont émis le vœu, maintes fois répété, que la seule langue autorisée dans les écoles de l'archiduché d'Autriche en aval de l'Enns soit l'allemand : vœu qui n'a pas reçu la sanction gouvernementale. Cependant la langue de l'enseignement dans les écoles professionnelles et les écoles normales est l'allemande

En revanche, les Tchèques fidèles s'organisent et se liguent; ils se groupent en associations: 40 sociétés de bienfaisance, lo d'étudiants, 41 de gymnastes sokol) ; les hôteliers et restaurateurs tchèques constituent une corporation de 400 membres^ Constatation plus curieuse et que dénonce la statistique scolaire: plus de 1.200 enfants des écoles publiques de Vienne ne possèdent pas d'autre idiome que le tchèque, et 11.400 sont bilingues ; les écoles professionnelles préparatoires comptent plus délèves tchèques que d'allemands. A cela s'ajoute une montée sociale : s'évadant peu à peu du petit monde des artisans, les Tchèques commencent à peupler les administrations''. Ils résistent à l'assimilation. Vienne ne bénéliciera même point de ces mélanges ethniques qui donneraient au peuple de la ville souveraine comme un surcroît de vie et d'action. Elle demeurera une grande ville de province allemande ', elle continuera à faillir à sa mission historique et ethnographique. Les nationalités, à mesure qu'elles conquièrent l'autonomie, se concentrent autour de leurs capitales naturelles, Prague, Lvow, Trieste, Ljubliana. Vienne n'est ni la tète ni le cœur de la monarchie ; elle est la métropole ou le foyer de la nationalité allemande en Auliicho.

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