Fiscla'l, Spiiackenrecld, p. xc et p. 376 sui
â. Wiener Siaweii Slalisli/c und Organisation der Tschecho-Slacen in Wien und Siederoslerreich-Land (Verlag dos Dcutschen Volksrats 1910. Voir L. Ricek, Deutsche Erde XIj 1912, p. 21b.)
3. Sur les fonctionnaires tchèques en Basse-Autiicho et à Vienne, voir bas Deuschlum tm Wirtschaflshaushalte Oslerreichs. ïeil II, p. 242 suiv. Hiceiv signale déjà,, parmi li'S professions lihJialcs, 14 avocats, i notaire, 2'.) médecins (Deutsche l:;rde M, i'J12, p. 2i:i).
4. Le statut communal de Nirnne de 1900 énoflce, paiiiii les obligations des citoyens de la cajiitale, celle de lui conserver le caiactère d'une ville allemande (Fischel, Sprachenrechl, p. 28j, n» 444).
DOLÉANCES DES ALLEMANDS D'aUTRICHE 65
La nationalité allemande.
Les Allemands ont été pendant longtemps les enfants gâtés de la famille cisleithane. Pendant longtemps, l'Autriche a été gouvernée par eux et pour eux. Ils se sentent aujourdhiii déchus de leur primauté. Ils n'ont pas pour eux le nomhre, et l'eussent-ils, qu'en face des revendications ethniques, le nombre ne constitue pas un droit. Après avoir été les maîtres, ils se posent maintenant en victimes, et il semble, à les entendre, que toute l'histoire de l'Autriche ail été faite contre eux, depuis des siècles ^
Voici une première récrimination, pour laquelle on invoquera la prescription. Les traités de Westphalie les ont isolés de leurs congénères allemands : la Maison de Habsbourg, hantée par le rêve de la monarchie européenne, s'est désintéressée des choses allemandes ; elle a poursuivi une politique égoïste et dynastique en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas. Il est vrai, en partie, que les Allemands d'Autriche ont été, à ce titre, négligés par la dynastie ; celle-ci, fort jalouse de la prérogative impériale, s'est montrée moins zélée pour l'idée allemande: le champion de celte idée fut l'Electeur de Brandebourg.
Autre grief : si les souverains, Marie-Thérèse et Joseph lï, entre autres, ont travaillé à la germanisation de leurs Etats, les acquisitions territoriales faites dans un intérêt dynastique ont affaibli l'élément tudesque, en rehaussant ou en créant au sein de la monarchie d'autres groupes ethniques : Polonais, Ruthènes, Roumains, Italiens (de la Lombardo-Vénétie).
Enfin l'Autriche s'est laissé exclure du Zollverein et a brisé un lien puissant qui aurait solidarisé sa vie économique et matérielle avec celle de l'Allemagne.
Doléances justes au point de vue allemand, mais qui ont
i. Prôll, Die Kdmpfe der Deutsclien in Oesterreich. Berlin, I8'i0.
Du mt'iiie autour, un reouuil de poèmes C?) où s'cchalent les douleurs et les amertumes de làrae allemande : Slurmvôr/el, sechziy deutschnationale Klage-and Zonilieder (Berlin, 1890),
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le tort de méconnaître la conception et les besoins de l'État autrichien.
Or, affirment les Allemands, cette conception est avant tout dynastique. Les Allemands déplorent d'y avoir cru, d'y avoir sacrifié. Non seulement ils ont favorisé l'avènement des autres nationalités, mais encouragé du même coup, eux qui se proclament seuls serviteurs des idées de liberté et de progrès, la politique de réaction féodale et cléricale.
Dans leur repentance et leur amertume, ils saluèrent avec une satisfaction intime le Compromis, qui consacrait le divorce entre l'Autriche et la Hongrie.
Pour la dynas-tie, le Compromis fut une mortification ; pour les peuples d'Autriche, ce fut un arrachement sans douleur. Les Allemands, qui avaient fait leur deuil de la Hongrie, s'en consolaient par la pensée que leur règne serait affermi dans ce cadre rapetissé et qu'ils comptaient façonner à l'exemple des Magyars, doctrinaires et praticiens de l'unité. Hégémonie allemande en Cisleilhanie, hégémonie magyare en Transleithanie : ce serait d'une avantageuse symétrie.
Les meilleurs représentants du germanisme, espritslibéraux et cultivés, ne désespéraient pas d'instaurer un État autrichien où « l'intelligence » allemande coordonnerait, régirait, ennoblirait les éléments d'une civilisation plus rudimentaire et arriérée.
Mais le germanisme n'en imposait plus en Autriche; c'était un germanisme bâtard, exclu depuis Sadovva de la grande famille allemande. C'est pourquoi la Constitution du 21 décembre 1867, base du droit public autrichien, fut plombée de ce lourd article 19, oii les glossateurs ont découvert tant de contre-sens et de non-sens \ mais dont ridée directrice est très claire : c'est la déclaration des droits des groupes ethniques ou nationalités qui eurent cause gagnée ^ Elles trouvèrent dans la Constitution un