‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 7 sur 375 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

lités opprimées. Si nous reconnaissons l'œuvre initiatrice et longtemps bienfaisante de la civilisation allemande dans les pays autrichiens, nous estimons que le rôle dominateur et exclusif de cette civilisation est désormais fini. Si nous rendons hommage aux Magyars, tant qu'ils furent les soldats de l'indépendance des nationalités et de l'idée libérale dans l'empire des Habsbourg, nous condamnons, comme un démenti à ce passé, leur politique envers les autres peuples de la Couronne de Saint Etienne, et nous ne croyons pas nécessaire à l'ordre européen qu'il se fonde un État hongrois, sur le modèle rêvé par les Magyars. Nous doutons fort aussi qu'en Bohême la restauration du royaume de Saint Wenceslas et le triomphe du droit historique des Tchèques apporte à ce pays divisé entre deux peuples égaux la paix et la fraternité. »

Droit historique, raison d'État, voilà les thèses qui défraient la querelle des nationalités, le droit historique avec son appareil archivai et sa superstitieuse érudition, la raison d'État, qui traduit le plus souvent la raison du plus fort. Au nom de ces dogmes, qui s'ajustent mal avec le droit naturel, les majorités légitiment la persécution contre ceux qui ne parlent pas leur langue ou ne confessent pas leur foi.

Ainsi se sont déchaînés furieusement les uns contre les autres les peuples que les vicissitudes successorales, matrimoniales, et de déloyales annexions ont juxtaposés. Une cohésion toute formelle, tout administrative a été maintenue : ce dont se sont contentés les gouvernants de Vienne et de Buda-Pest, croyant avoir réalisé la grande Autriche ou la Hongrie purement hongroise. Mais la force a manqué à la bureaucratie et à la police, qui sont les instruments de cette poli-

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