INTRODUCTION^ RACE ET NATIONALITÉ
Les termes de race et nationalité, qui figurent au titre de ce volume, ne représentent point par eux-mêmes une notion simple et claire; ils ont reçu des interprétations variées. Mais, d'autre part, ils ont pris dans la langue politique une autorité inquiétante, un sens en quelque sorte mystique, comme formules d'un principe et dun droit auxquels leur nom s'est accolé : droit de la race, principe des nationalités. Il est donc nécessaire, pour l'intelligence de cette étude, d'en examiner la signification.
Que faut-il entendre par la race ? En botanique, en zoologie, la race est une variété de l'espèce, fixée par la reproduction ; c'est dire que la race est une division fixe du règne animal et végétal, et qui se classe à son rang hiérarchique. En est-il ainsi pour le règ'ne humain? Admettons — par une détinition élémentaire et banale — que la race soit une collection d'individus issus d'ancêtres communs, et présentant des ressemblances de caractères physiques tels que la forme du crâne, la texture et la couleur des cheveux, la nuance de la peau, etc., en même temps que des similitudes de conformation mentale, qui s'exprimeraient dans les manifestations de la pensée, l'idiome, les institutions. Mais en anthropologie, en ethnographie — les deux sciences auxquelles cette
1. Nous n'avons que It'gèi'cmcnt remanié ces pages. La plus récente bibliographie sur io sujet, bien que très copieuse, ne lournit guère d'idées ou <le (ioiinèes neuves; aussi n'en l'aisons-nous i-tat qui' 1res sobrement.
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