LES ITALIENS DANS LE ÏIROL ALLEMAND
cane, ils avaient afflué au point de provoquer les doléances des paysans autour d'Innsbruck ; en 1G81, le conseil communal de la ville poussait un cri d'alarme contre l'infiltration italienne'. Au xiv" siècle des carrières du Wipptal sont exploitées par des Italiens ; au xv°, les comtes de Goriz, qui résident près de Lienz dans le Pustertal, s'entourent de courtisans et agents italiens ; dans la haute vallée de l'Etscli, c'est comme vignerons que les Italiens pénétrèrent; et à Meran, dès le xiii" siècle, sont domiciliés des banquiers et changeurs florentins. Au xv" siècle, Bozen était envahi au point qu'en 1o24 le conseil de la ville décrète que le droit de bourgeoisie ne serait accordé qu'aux Allemands.
La loi fatale de l'absorption des minorités a joué contre les Romans. Mais sur leur propre domaine les Italiens poursuivent la lutte contre les Tudesques, c'està-dire pour leur indépendance. Les Tiroliens de langue italienne forment un peuple de 385.000 âmes, auquel adhèrent ethniquement les minuscules groupes ladins. Ils ont pour métropole Trente, sont maîtres de Rovereto, leur centre intellectuel,, et poussent des pointes autour de Bozen. Ils se sont insinués en territoire allemand, en remontant lAdige jusqu'à Meran ; car ils ne craignent pas de coloniser les bas-fonds marécageux, où les Allemands ne se risquent pas volontiers. Ceux-ci espèrent que la régularisation de l'Adige mettra iin à ces empiétements.
Dans ces dernières années les Italiens, qui avaient renforcé leur groupe à Drixcn, à Bozen, et aux alentours, ont reperdu leur avantage. Ils ont cependant tenu bon à Brixen et ont pris pied à Innsbruck.
1. Les Italii'iis jjiiri'ul un Irl asi-riiilant nu'in l'anniji' IToO ils pn-li'iiilircnt introiluiro à Innsbruck les suppUci'.s à l'italienno: les bourgeois se montrèrent récalcitrants et so rol'usèrent à acluiettre « in Deulschland die sonderen Torturen, so in Welschland bei erhuvteten Gemiithern notkwendig iind iiblich sind ».