‹ Les races humaines et leur part dans la civilisationChapitre 21 sur 38 · S 6. — RACES CELTIQUES · texte numérisé non relu

S 6. — RACES CELTIQUES

A l'ouest des régions occupées par les Latins, les Germains et les Scandinaves, se trouve le pays des Celtes, comprenant originairement la Gaule, les Iles Britanniques et l'Espagne.

Les Celtes, pas plus que les autres Européens, ne sont considérés comme originaires des contrées qu'ils habitent. Mais s'ils sont venus de l'Asie, on peut dire qu'ils ont pris complètement l'empreinte de leur pays d'adoption. Ceux du nord , abrités contre les rayons du soleil par les forêts druidiques et par les brumes de leurs prairies, avaient les cheveux décolorés, les yeux bleus et la peau d'une éclatante blancheur. Leur stature était élevée , ils étaient forts et courageux. Trop violents dans leurs passions et dans leurs actes pour être doués de constance, ils passaient, comme de grands enfants, du désir effréné au dégoût, de l'extrême énergie à la prostration , de la mansuétude à la cruauté et du rire aux larmes. Ils apprenaient facilement et oubliaient de même.

Toujours amoureux , ils avaient pour la femme une sorte de culte tempéré par Tinconstance.

Leur caractère, qui, en toute chose, oscillait entre les extrêmes , semblait toujours à la recherche de l'équilibre. Ce qui était disproportionné devenait à leurs yeux un ridicule et provoquait immédiatement la raillerie de ces éternels rieurs. Ils avaient le sens du comique, étaient d'infatigables causeurs , et se montraient prodigues d'un esprit qui n'était pas remarquable par son atticisme.

L'amour du merveilleux, la turbulence, la cupidité et l'attrait de la bataille, les entraînaient dans les expéditions lointaines. Ils firent des conquêtes en Allemagne, en Italie, et jusque sur les bords de l'Euxin.

Mais, s'ils avaient le génie de l'attaque , les Gaulois étaient loin d'avoir le génie de la défense. Us pouvaient saccager Rome et Delphes, mais se trouvaient incapables de défendre leur territoire contre les Kymris, venus des bords de la Baltique. Ces hommes aux cheveux fauves, aux yeux gris, à la tête carrée , aux fortes épaules , au caractère opiniâtre et cruel dans l'occasion , s'installèrent dans le nord-ouest de la Gaule et entrèrent de vive force dans la confédération des

Celtes. Leur centre fut l'Armorique, dont les pro- I i duits et le climat semblent en harmonie avec leur 11 organisation.

En passant la Loire et en se rapprochant des bords de la Méditerranée, les Gaulois, qui semblaient avoir une aptitude merveilleuse pour se plier à l'influence des climats, perdent leur haute taille et deviennent bruns de peau et de cheveux* A l'est, ils envahissent le nord de Tltalie; a l'ouest, ils se répandent dans l'Ibérie , qu'ils do — minent par leur sang et par leurs armes.

Dans la Grande-Bretagne, qui semble avoir éto envahie et peuplée en dernier lieu, se retrouveat les trois variétés de Celtes : au nord-ouest soat les Calédoniens, les Manks et les Irlandais, très rapprochés des Gaulois par la structure physique et le caractère ; au sud sont les Silures , présen — tant de grandes analogies avec les Celtibères 5 enfin les Gallois ont avec les Kymris de l'Armo — rique une conformité d'organisation physique, langage et de mœurs , que plusieurs auteurs oni fait ressortir.

Nul doute que les Celtes , s'ils avaient su s'organiser, n'eussent été les maîtres de l'Europe; mais leur caractère inconstant devait, tôt ou tard, les livrer au joug de l'étranger. Au sud, ils de-

vinrent la proie des Carthaginois , et surtout des Latins; à Test, ils furent envahis par les Germains ; au nord, ils durent céder devant les armes victorieuses des Scandinaves. La race celtique subit de la sorte un triple croisement. Il en est résulté que Tantique sang gaulois semble avoir disparu de la France moderne. Les grands hommes blonds ont été remplacés par des hommes bruns et trapus qui, pour les aptitudes physiques et morales, semblent un compromis entre les Latins et des Celtes du midi. On dirait que les peuples, la langue et la civilisation de l'Italie , ont débordé jusque sur les bords du Rhin.

L'Espagne comme la France est devenue latine, malgré l'invasion des Maures et l'action du sang berbère et arabe. Seuls les Celtes de la Grande- Bretagne ont échappé à la domination du génie latin, pour subir la domination du génie Scandinave. Encore retrouve-t-on constamment l'influence de l'Italie dans la langue, les mœurs et la* civilisation de l'Angleterre.

Si on excepte l'Irlande actuelle , nulle part les Celtes n'existent à l'état de nation. Ils n'ont pas désisté à l'influence des croisements plus qu'à l'influence des climats. Leur mobilité organique ^st conforme à leur mobilité de caractère; mais

ils ne subissent l'influence des autres races qu'en imposant une part de leur génie. C'est au point que la civilisation moderne est la civilisation romaine et grecque modifiée dans le sens celtique. Arts, sciences et religions, tout a été admis et réorganisé par une race qui semble posséder les aptitudes les plus variées et avoir pour mission d'équilibrer les productions physiques, morales et intellectuelles, de l'humanité.

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