‹ Les races humaines et leur part dans la civilisationChapitre 20 sur 38 · S 4. — RACE LATINE · texte numérisé non relu

S 4. — RACE LATINE

En Italie le sang asiatique perd sa prépondérance. Les frontières sont nettement accusées; le soi et le climat ne présentent pas de grandes dif-

férences ; les races ont assez d'analogie pour que leur fusion soit facile; tout annonce, dès l'abord, qu'une grande nationalité doit s'organiser. Au début de la civilisation , le sud-est de l'Italie est dominé par l'élément grec, l'élément latin occupe le centre, puis vient l'élément étrusque, enfin l'élément gaulois et ligure. Aux Grecs et aux Étrusques appartiennent l'art, la science- et l'inspiration ; aux Gaulois la mobilité et l'esprit batailleur; aux Latins et aux Ligures la ténacité intellectuelle et musculaire, la rudesse, la patience, la bravoure, le sentiment de la discipline et la persévérance.

Quand on considère ces races entourées par la mer et enfermées comme dans un champ clos, on prévoit que l'une d'elles doit fatalement asservir les autres. La suprématie ne peut échoir aux Grecs, jaloux les uns des autres, divisés par mille rivalités, amollis et inconstants. Un effort de courage et de vigueur pourra faire triompher les Gaulois ; mais l'inconstance et la mobilité leur feront perdre le fruit de leur victoire , pendant que leur sang simple et homogène sera absorbé par le sang plus composé de leurs rivaux. C'est entre l'élément étrusque et l'élément latin que sera la lutte véritable : elle se terminera, moins par Tas-

servissement de l'un des peuples que par leur fusion; une fois unis, ils seront, sans contestation, les maîtres de l'Italie.

Rome prit la louve pour emblème. Comme cet animal, elle se caractérise par sa tendresse pour ses fils, par sa patience, par sa ruse, par sa prudence unie au courage, par ses instincts de spoliation et même de férocité. Elle aime à cacher sa marche et sa politique ; elle sait attendre Foccasion, et, le moment venu, enlever sa proie en un instant. Elle supporte le jeûne et la fatigue, sans se décourager et sans perdre ses forces ; elle est surtout redoutable dans le désespoir, quand eUe est entourée d'un cercle d'ennemis.

Manquant d'inspiration, elle est inhabile à se créer un art et une religion ; mais elle prend des dieux chez les Grecs et des architectes chez les Étrasques. Avant de se construire des palais elle creuse des aqueducs et des égouts ; comme tous les peuples dominateurs, elle subordonne le beau à l'utile. Son manque d'aptitude pour un culte déterminé fait qu'elle admet toutes les religions et tous les cultes ; elle se crée , de la sorte , des moyens de contact avec les autres peuples et fait tomber les barrières élevées par le fanatisme. Cette foule de dieux rassemblés sans ordre et

— soutenus en échec les uns par les autres ne peuvent lui donner ni un idéal de mœurs, ni un idéal d'art. Aussi est-elle prête à admettre tous les arts en les subordonnant à la question d'appropriation, toutes les morales en les subordonnant à la raison et à l'expérience : elle finit par se créer, en dehors de l'action de la Divinité, une justice et un droit copiés , presque textuellement, parles codes les plus avancés de notre époque. Là fut sa force. Elle créa cette organisation municipale qui devait, comme un élément capital d'émancipation et de liberté, survivre à toutes ses défaites et réagir si efficacement contre la féodalité des races blondes.

C'est ainsi que , chez les Latins , tout devenait élément de concentration et de fusion pour 1 nationalités, tandis que chez les Grecs tout était élément de fractionnement et de diffusion. Ceuxci dominèrent par l'inspiration , ceux-là dominèrent par la raison ; la suprématie des Grecs fut éphémère et restreinte, la suprématie des Romains fut considérable et prolongée. Dans les deux civilisations il y eut un élément immortel: l'art d'un côté, le droit de l'autre.

s 5. — RACE GERMANIQUE ET SCANDINAVE.

De toutes les portions de l'Europe la Germanie est , peut-être , celle qui renferme la population la plus remarquable. Elle est voisine du type arien ; cependant la conformation de sa tète et les traits de sa face montrent assez que la migration caucasique, avant de se fixer, s'est imprégnée du type tartare ou mongol. De là un caractère double et contradictoire qui a imprimé quelque chose d'étrange au génie allemand.

Ce génie comporte les belles facultés intellectuelles qui sont le privilège du Caucasique; il comporte l'imagination, l'invention et la sagacité ; mais il comporte, de plus, les aptitudes affectives de la race jaune, c'est-à-dire l'énergie des appétits, la personnalité et l'individualisme, qui se suivent et s'enchaînent.

Où l'appétit est dominateur, le sentiment ne peut guère prendre son essor pour donner un idéal élevé d'art et de religion ; où la personnalité est prépondérante, la sympathie s'amoindrit et

ne peut établir l'échange de vie qui groupe les hommes et les agrandit les uns par les autres ; où l'individualisme se prononce , le droit absorbe le devoir, et la notion de justice disparaît.

Par le sang arien l'Allemagne est savante et pourvue de magnifiques éléments de civilisation ; par le sang mongolique elle est sensuelle, avide, conquérante et féodale. Depuis trois mille ans les deux éléments opposés se battent dans son sein en le déchirant, mais nul n'est vaincu ou triomphant. Au sud et à l'ouest l'élément arien triomphe, soutenu qu'il est par le génie grec , celtique et latin, qui envahit l'Autriche, la Bavière et les bords du Rhin ; au nord la prépondérance est à l'élément ougrien, représenté dans toute son énergie par la race finnoise. Un nouveau croisement avec elle a donné aux appétits la supériorité sur les plus belles facultés de l'âme. Il en est résulté la race Scandinave, consommant beaucoup et impunément par le bénéfice du climat , grande , forte, prolifique et intrépide. L'infertilité de ses terres, l'exigence de son appétit, le voisinage de la mer, lui firent tourner ses vues du côté de la pêche et de la navigation. Bientôt le vaisseau personnifia son caractère, en servant admirablement ses instincts de piraterie, son amour du gain

commercial ou autre, son besoin d'expéditions aventureuses, sa recherche constante du confort ^ qui est, pour elle, une sorte d'idéal. Les Scandinayes s'intitulèrent rois de la mer el méritèrent ce titre à tous égards.

Sur terre leur intrépidité n'était pas moindre. Sitôt que leurs populations se pressaient , par le fait de la fécondité de leurs femmes , la faim et l'amour des conquêtes les poussaient sur des contrées plus riches et plus fertiles. Us armèrent la plupart des hordes barbares qui renversèrent l'empire romain, inondèrent successivement chacune de ses parties et disparurent peu à peu dans le flot des populations latines et celtiques. Ainsi firent les Cimbres, les Goths, les Gépides et les Lombards. En quelques générations ils perdaient les caractères de leur race , par l'action d'un climat plus chaud ou d'un sang plus composé que le leur; ils rajeunissaient la race latine sans l'altérer dans ses qualités essentielles.

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