‹ Les races humaines et leur part dans la civilisationChapitre 37 sur 38 · AU · texte numérisé non relu

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Ils seraient vite sacrés empereurs d'Orient dans Sainte-Sophie s'il ne fallait vaincre que les Turcs; mais, pour avoir une seule province de l'empire Ottoman il faut vaincre l'Angleterre et la France, il faut dompter l'esprit remuant des Grecs et des Slaves du midi sollicitant le secours de la Russie pour renverser la tyrannie des Osmanlis , mais prêts à détester la tyrannie russe, et cherchant, avant tout, l'indépendance.

Quand on considère la vitalité puissante que le sang grec a communiquée aux Slaves de là Turquie, on voit que le jour est proche où de tels hommes n'auront d'autres maîtres qu'eux-mêmes. Us veulent la liberté. La politique des puissances occidentales doit être de la leur donner, non pas en constituant un grand empire qui serait contraire au génie des Grecs, mais en organisant des principauté s'administramt selon leur convenance, unies seulement par un lien fédéral.

La France a un véritable intérêt de principe à briser la féodalité ottomane et à rendre les Gréco- Slaves à leur génie démocratique. Us organisent en Orient un foyer de liberté et d'égalité qui, s'aidant de Paris, de Rome et de Moscou, contraindra l'Europe {éodale à la régénération.

Il ne suffira pas, cependant, à la civilisation de Tavenir que la conquête disparaisse, que Tégalité politique abolisse l'esclavage, le servage, et même le prolétariat ; il ne suffira pas que les bommes obtiennent le bien-être, la moralité et rinstruction ; tous seront menacés de décadence tant qu'un nouvel idéal ne viendra pas au secours de la religion, de la morale, de la poésie et des arts.

Ce promoteur indispensable de toute civilisation réelle ne saurait surgir dans les contrées brumeuses de l'Ouest. Il ne peut surgir du sang des Germains, des Celtes et même des Latins. Des races voyantes, comme les Sémites ou les Slaves, ont le privilège de son enfantement. A ne considérer que les temps passés, on devrait l'attendre sur les ruines de Jérusalem, de Tyr, de Ninive, de Babylone, de Suse, d'Ecbatane ou de Persépolis ; mais la mort plane sur ces contrées : le Turc en a banni le mouvement, l'instruction et l'esprit fatidique ; il en a banni le sang prolifique de l'étranger. Si la venue du Dieu chrétien a exigé la concentration de toute la science et de toute l'inspiration antiques dans le mince territoire compris entre Alexandrie et Jérusalem, on se demande quel point actuel du

monde réunit des conditions analogues. Où la science existe, il n'y a pas de croyants ; où existent les croyants, il n'y a pas de science.

Espérons que l'Egypte, instruite par l'Europe moderne, sera une région favorisée; que la Mauritanie, où va se mêler le sang des Latins, des Sémites et des Berbères, est destinée à enfanter de grandes choses ; espérons surtout dans l'Épire et la Thessalie, où se combine, depuis plusieurs générations, le sang poétique des Slaves et des Hellènes.

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