I. 1 toi. in-S'otcc planches- Pari
RAMEAU ARAMËEN. 181
considère pourtant, en général, comme composé de tribus assez redoutables, qui parcourent le désert, arrêtant les caravanes et pillant les traînards de Tescorte. Ce qui est certain, c'est qu'une infortunée voyageuse, Mlle Tinne, qui avait exploré courageusement TAsie et l'Afrique, fut assassinée dans le désert, en 1869, par des Touaregs.
On donne en général dans l'Afrique française le nom de Maures à toute la population musulmane (excepté les Turcs) qui habite la Barbarie et le Sahara ; mais le plus ordinairement ce nom ne s'applique qu'à deux classes particulières. La première de ces classes se compose d'une partie de la population des villes que Ton a souvent considérée comme descendant des anciens habitants de la contrée, c'est-à-dire de la famille libyenne, mais qui semble, au contraire, être principalement d'origine arabe. La seconde ne comprend que les tribus, nomades pour la plupart, qui habitent dans le sud-ouest du Sahara, et qui appartiennent soit aux peuples berbères, soit aux Arabes.
Egyptiens. — Arrivons au peuple égyptien, à cette race immuable qui semble dormir embaumée dans un sol conservateur, immense hypogée où depuis trente siècles des générations successives se sont remplacées et maintenues presque sans altération, elles et leurs animaux domestiques.
Le livre d'Hérodote, les dialogues de Lucien, et les ouvrages d'Ammien Marcellin, nous apprennent que les anciens Égyptiens, en tout semblables à ceux de nos jours, avaient la peau d'une teinte brune. Deux contrats de vente remontant à l'épociue des Ptolémées nous renseignent sur la couleur des personnes intéressées. Le vendeur est appelé [ktlây/cfùç (brun foncé) et l'acheteur fjiiXi/p«K (jaune ou couleur de miel). De tous les documents et témoignages, il résulte qu'il existait chez les anciens Égyptiens certaines variétés de coloration de i)eau, mais qu'il y avait une couleur dominante. On trouve dans les temples et les tombeaux des peintures où les personnages ont le teint cuivré, rougeâtre ou couleur chocolat clair. Les ligures de femmes ont quelquefois une teinte plus jaune, approchant du fauve.
On retrouve une autre représentation fidèle des traits des anciens Égyptiens dans leurs peintures et leurs sculptures qui sont venues jusqu'à nous. Leur physionomie présente un type particu-
lier et remarquable, et il en est do même de la conformation de leur corps. D'après Denon {Voyage en Egypte) les anciens habitants du pays des Pharaons avaient des formes pleines, mais déU* cates et voluptueuses, des visages calmes et reposés, des traits doux et arrondis, des yeux longs, fendus en amande, à moitié fermés, languissants et relevés aux angles extérieurs, conune si la lumière et lu chaleur du soleil les eussent fatigués habituel* lement. Des jouos rondes, des lèvres épaisses et saillantes, une bouche grande, mais souriante, un teint foncé et d'un rouge cuivré, achevaient de donner l'expression à la physionomie.
Blumenbach. par Tcxurnen dun grand nombre de momies et par leur comparaison avec les i)roduits de Tart ancien, est arrivé à établir trois t\pes principaux d'anciens Êg^^-ptiens, auxquels se rapporteraient, avec plus ou moins de déviations, les figures individuelles : le tyi)e éthiopien, le type indien et le berbère. Le premier est caractérisé par des mâchoires saillantes aux lèvres épaisses, par un nez larj^cî et plal, par des yeux saillants. Ce type coïncide avec des descriplions données par Hérodote et d'autres auteurs grecs, qui accordent aux Égyptiens un teint noir et des cheveux laineux. Le second type est bien didérentdu précédent. Le nez est long et étroit; les paupières sont minces, allongées et à ouverture lé^èremiMil oblique, se relevant à jiarlir de la racine du nez on allant vers h's Icmins: les or^'illcs f,onl liant placées dans la tète; le tronc est comt el mince: enlin les jambes sont très-longues. (let l'usemble rnppelb* les Hindous ([ui habitent au-delà du (îange.
Teik* était donc, la population ancienne de l'Kgypte. Celle qui liabit(; aujouririini 1» même [)a\s (îst dil'licileà classer au point dt» vue L'tlinoi,n-apIii(fU(\ Il ntî laul ])as la ranger, comme on le fait souvent, dans la race arabe. La iK)j)ulation de l'Egypte est l'antique race indigène, ou race berbère, ijroibndément altérée par son mélange avec des éléments nouveaux.
(.ette race indigène de l'ancienne Lgypte, on la retrouve encore dans le pays, clair-semée, mais très-reconnaissable. C'est cette petite partie de la population (pii porte le nom de Copte ou Cophte.
Les Coptes, race (|ue la religion a préservée de tout mélange, ne sauraient représenter que d'une manière éloignée la race égjptienne i)rimitivc, puisque rÉgjptc ancienne fut conquise et subjuguée par les Arabes, puiscju'elle fut soumise tantôt aux Perses, tantôt aux Grecs et aux Romains, enlin aux Musulmans.
Les Coptes (lig. 80^ sont, en général, d'une taille au-dessous de la
RAMEAO ARAMÊEN. 183
s l'nrinps se prononfientvigoiireiisemenl ; la couleur
■ii.ar iiliicur. Ik oui ].■ fronl bi-Je, liMnrn-
Fig. Bl. Co|>tei ta Idnplt
toD arrondi, les joues médiocrement pleines, le nez droit, les ailes du nez fortement sinueuses, les yeux grands et bruns, la bouche
184 râge blanche.
peu fendue» les lèvres grosses, les dents blanches, les oreilles hautes et très-détachées, la barbe et les sourcils extrêmement noirs. La ressemblance frappante des Coptes avec les ûgures qui ornent les anciennes sculptures égyptiennes est une preuve suffisante que ce groupe d^hommes est bien le résidu des anciens indigènes de TÉgypte, un peu mêlé aux nations qui ont successivement occupé TÉgypte.
Les Coptes se convertirent au christianisme au deuxième siècle.
Au septième siècle, au moment de la conquête de TÉgypte par les Arabes, on comptait 600 000 Coptes; il n'en reste aujourd'hui que 150 000, dont 10 000 vivent au Caire. Ils considèrent saint Marc comme leur premier patriarche. Ils communient très-rigoureusement le vendredi, mènent une vie très-austère, et ont des prêtres mariés.
Les Coptes ont les yeux noirs, les cheveux généralement crépus. Sombres, taciturnes, dissimulés, ils rampent devant ceux qui les dominent, détestent leurs égaux, et sont arrogants envers leurs inférieurs. Ils font de très-habiles comptables dans toutes les administrations. Ils exercent exclusivement certains arts, tels que la fabrication des moulins, des appareils pour l'irrigation, de la bijouterie, etc.
La langue copte est Tancienne langue des Pharaons, mêlée de mots grecs ou autres, écrits avec les lettres de Talphabet grec. Elle ne s'enseigne plus grammaticalement, et ne se parle plus, mais elle sert toujours i)our les prières du culte.
Les Coptes ont assez mauvaise réputation en l'-gypte. Complices de l'invasion arabe, tolérés par l'islamisme, ils furent employés par les mameluks à la perception des impôts. On trouve cliez eux beaucouj) de moines mendiants et de voleurs. La figure 81 représente des prêtes coptes au temple de Kranah.
On api)elle fellah, en Egypte, la partie la plus misérable de la iiojmlation égyptienne, les paysans et les travailleurs, ceux qui ont concouru avec tant d'utilité aux travaux du canal de Suez.
Les tellahs (lîg. 82, 83), au point de vue ethnographique, dérivent de l'ancienne iK)pulation indigène, profondément modifiée par les Arabes. Bien qu'ils parlent la langue arabe, on ne peut les confondre avec les Arabes, vu la grossièreté de leurs traits.
Ainsi la terre d'Egypte nourrit des populations bien mêlées au point de vue ethnographique, et il est impossible d*y retrouver un type organique pur. C'est le résultat de l'état politique dé-
RAMEAU ARAMÊEN. 1«5
plorable de ce pays. Depuis son origine, l'Egypte a toujours été asservie par des conquérants étrangers, fjui n'ont fait que se rem-
placer les uns les autres, et ont sulistituê leur pliysionoinit^ turelleà celle des liabitants originaires de In contriV*.
Dans un Voyage en Egypte de MM. Gammss et Lefèvre, publié dans le Tour du monde, nous lisons, au sujet des fellahs, les riflexions qui suivent :
■ Les fellatis ont une faible idie de la dignitô humaine et de leur*propre
valeur; ils no i'é|ir>nilcjit aux coups i[iic par dcR plaintes. Parfois ils w réTOltent cuinnie <!<.'!< inouUmâ, mais avec la conviction que la latte est inutile. Ainsi, \ IV'poijiie de la conscription, ils résistent à la force armée; on en tue i|ut)lr)ues-tiiis, et le reste, cmmeni^. sur les barques de l'État ren le Caire, tl<.'socjiil le Nil, miivi pendant plusieurs lieues parles lamentations des fcniEues et des jeunes (ilii-s. La vie des fellahs n'est pas. matérieilement,
HAMEAU ABAMËEN. 187
plus malheureuse que la vie de nos manouTriers des campagnes; leur
Fig. ti. Dune dn Caire.
caractère est plulAt gai que mélancolique ; cl les circoncisions, les mariages
Dftos un Voyage en Egypte de MM. Cammas et Lefdvre, publié daDs le Tour du monde, nous lisons, au sujet des fellahs, les réflexions qui suivent :
■ ].es fellahs ont une faible idée de la dignité humaine et de leurjproprt
valeur; ils ne rOiKuidi'iit nui coups i[ue par des plaintes. Parfois ils se révolLenl ci>mme des inouturis, mais nv>;c la conviction que la latte «si inutile. Ain:«i, h l'Opocpie do la conscription, ils résistent à la force arméei on en tue (|ueli|ues-un3, et le reste, emmené sur les barques de l'État ren le Caire, dcscuiiJ le Nil, suivi pendant plusieurs lieues parles lamentaUons des femmes cl des jeunes fJlli::s. La vie des fellahs n'est pas, matériellement,
HAMEAU ABAMËEN. 1&7
plus malheureuse que la vie ile nos manouvriers des campagnes; leur
l'ig.. H, Dame da Caire. caractère est pluUt gai qne mélancolique ; cl les
188 IIACE BLANCHE.
sont des fêtes où tout le village est invite : leurs fantaiias, leurs chants et leurs danses respirent la joie spontanée, instinctive des nègres. Mais, avec tout ce qui peut rendre Texistcnce aimable, il leur manque le sentiment des droits et des devoirs, ce quelque chose qui fait Thomme libre et le citoyen; chacun d'eux aime sa maison, son hameau; mais rÉgjple n'est pas une nation, une patrie. Cet abaissement de Fespèce humaine, si douloureux à voir, étonne au i>renner abord ; toutefois, si Ton réfléchit à la tyrannie oppressive des mameluks, à la désorganisation profonde de PÉgyptc sous la dynastie grecque et romaine, enfin à Tantique loi des castes qui condamnait la masse du peuple à Tesclavage de la glèbe, on comprend que Tesprit du fellah, atrophié déjà sous les Pharaons, ahuri sous les Romains, tué par le fatalisme nmsulman, résiste longtemps aux efforts, aux tendances intelligentes du gouvernonient de Saïd-pacha. Depuis la conquête arabe, la terre a été ir*gal(îment la propriété des sultans, des émirs et des beys ; ce qiîi existait chez nous en principe dans le monde féodal, fut rigoureusement appliqué en Egypte. Toute la moisson des fellahs passait, sauf le strict nécessaire, dans le grenier du maître. Aujourd'hui le vice-roi renonce au monopole; il veut transformer les tributs arbitraires en impôts réguliers; il crée des droits aux laboureurs, et assure aux paysans la libre transmission du champ qu'ils ont arrosé de leurs sueurs. Mais ce n'est pas en un jour que s'eflacera rempivinto terribhî du ser^'age passé.
« Les mai'inicrs du Nil, fils et parents des fellahs, tiennent d^eiix l'ignorance, l'huniilité, le dédain de la vie, l'instinct du rire, des chansons et de la danse, (iopendant leur inlellitrcncc s'aiguise au contact perpétuel àe* itranger»; il y a plus de chofses dans leur cerveau. »
Les mêmes voya'.anirs nous disent, à propos des mariages en Egypte :
« Le niaria-rc, en ili^ypli'. n'c^t pas un acte public, rigoureusement constaté par la lui. nuand l».- futur cl It^s parents sont d'accord , quand la somme «lut; doit [)ayi'r \r mari est stipulée ,Ia femme n'apporte pas de dot , on procrdr à la rOir'bralion (levant deux témoins; quelquefois on avertit 1»caili, mais c'osl uiio r(»riualilé souvent n«\Lrligéc. Dans une telle union, sans ^rarantic ulti-ricuri;. la lemmo n'est plus ( pi' une esclave achetée; lorsqu'on n'en v«*ul jilus, ou la renvoie; elle; n*a elle-même droit au divorce qu^en un ^eul cas, rei:arilê die/ nous aussi comme une grave injure. La naissance 'les enlauls n'est jamais run>talée: il en résulte pour eux une position pricaire tant (pi'ils no sont j-as en étal dtî se défendre. Leur mort est aisément cachée, et queliiuelois ils périssent de la main d'une des femmes, rivales de leur mère, l'n u<age Iréquenl parmi les mariniers du Nil est de pren«Ire une femme U (iirireli, [>ar exemple, et une autre h Assouan. Le mari, tour à luur, selon ses all'ain S. va jiasser ui» mois chez elles; il apporte quelques piastres, une ou deux pi< c(^s de cotonnade bleue, souvent une petite pacotille que la fennnc délaillera lorsqu'il sera parti. En échange, il reçoit des produits du pays et alimente ainsi le commerce de Tautre épouse. Nous avions à bord une car^iaison de pottn'ies, de sel et de pipes; les matelots les dépravaient au pa>sa'je et ilevaicnt trouver au retour une provision de
promptement épuisées par les fatigues d'une maternité précoce, et c^en est fait de la polygamie. »
La figure 84 représente le costume d'une dame du Caire.
Les aimées, ou danseuses égyptiennes (fig. 85), ne sont plus qu'un souvenir en Egypte. C'est à peine si on en rencontre quelques-unes au Caire. Les dernières sont confinées dans la ville d*£sneh.
Les voyageurs auxquels nous avons emprunté les renseignements ([ui précèdent ont visité la ville d'Esneh, et par conséquent les danseuses égyptiennes. Ils nous tracent d*elles le portrait suivant :
« On nous introduisit dans une masure d'aspect peu engageant; au milieu de la salle étaient groupées les danseuses, toutes de figure ordinaire, mais jeunes et bien faites. L'appdt d'un gros gain les avait entraînées à iJo grands frais de tuiletle. Je vois onccHe leur gilet très-ouvert, leurs largfs pantalons de soie retenus à la hanche par des ceintures éclatantes, leur tuni({uc intérieure en gaze ou en tulle couleur de chair; ici des pieds nus. là de longues babouches jaunes ou rouges; des colliers et des bracelets, et sur les fronts dos médailles légères; puis, derrière les têtes, de petits fichus d.^ soie jetés iiéglig^emment. La danse, commencée par une série d^attitude^ mollement gracieuses, s'anima vite justjuVi Pexpression la plus passionnée; le buste des femmes demeurait immobile, tandis que le reste du corp? s'aufitait avec frénésie. Une «li^tribulinii d\)lives, de li^pieurs et une phiie (le talaris ikuis viilul mille béiiéilietions et termina diimenient la soirét;. Les almé«'«< ll^»llt |Ms Um-i le-; jours d<* pareilles au bai nés. et *i elles ilan<i'nl riiivi'r, elles in' ehanti'iil |»as rêlé; la populalioinjui les entoure iTot iruèr'eu état lie ])ayer leurs talents. Savantes aux pL>si's plastiijues. mais incapables «le (ont travail. elle>^ >ont rêduiles aux exiiédients. aux eni))runts <ph l«'s font enclaves des usuriers. Leur ti-mps se [)a^se à i'umer, à boire {'oquaritt^ isorte (raiiis''lle i-l roiernel eafé. Les dillieultés d'une si nii^éraMr «'xistence iunl décroître de juur on jour le nombre des aimées, qui, au t-.Mnp^ des mameluks, almndaient dans tout>j rj']î^"y|ite. l^sneh est leur dernier rirfuire et lut <ans doute leur berceau. •
Nous disions plus haut ({ue les peuples qui composent le rameau araméen ont, de bonne heure, fait briller en Asie le flambeau de la civilisation. Celte remanjue concerne surtout les peuples de la famille sémiliciue, (jui va nous occuper maintenant. C'est de cette famille que sont, en ell'et, sort. s ces peuples célèbres dans ranti* quité, sous les noms d'Assyricfts, lïllébrcux^ de Phéniciens^ de Cartliaghiois.
Soumis par d'autres xeuples, les Assyriens, les Hébreux, les Phéniciens et|les Carthaginois ont disparu successivement, et sont maintenant en grande partie remplacés par les Arabes.
Nous réunissons dans la famille sémitique les Arabes, les Juifs et les Syriens.
Arabes. — Les Arabes forment la population principale de TArabie actuelle; ils composent également une grande partie de la population de riîgypte, de la Nubie, de la Barbarie, du Sahara. Ils s'étendent même dans la Perse et jusque dans THindoustan.
Les Arabes sont en partie pasteurs {Bédouins), en partie cultivateurs : ceux-ci sédentaires, ceux-là nomades. Les Bédouiiis(fig. 86), enfants du désert, toujours errants, agiles, très-sobres, sont plus petits et d'une complexion plus grêle que les autres, et supportent parfaitement les fatigues et les privations de leur genre de vie. Les agriculteurs, ou felilcs, sont plus grands et d'une apparence plus rol)uste. Les premiers ont un air défiant et farouche.
Un profil allongé, avec élévation considérable de la voûte crânienne; un nez u({uilin, presque sans dépression à sa racine; la ligne des mâchoires un peu rentrante; une bouche petite; des dents bien plantées ; des yeux logés peu profondément, malgré le peu de saillie des arcades sourcilières; des formes générales élégantes, déterminées par la petite quantité du tissu cellulaire et de la graisse, et par la présence de muscles énergiques sous un médiocre volume; des sens très-aiguisés, une intelligence très-vive; des sentiments profonds et persévérants : tels sont les caractères de la race arabe. Ces caractères accusent une véritable et remar- ((uable supériorité sur toutes les autres races, et le baron Larrey a retrouvé cette supériorité jiis(iiie dans la conformation de la tele et le dévcloppemcMit des circonvolutions cérébrales, la consistance des nerfs, l'aspect de la lîl)re musculaire et du tissu osseux, la régularité et le développement parfait du cœur et du système artériel.
Le type arabe est donc vraiment admirable. Constant et bien prononcé dans Tensemble de ses caractères, ce type a pourtant subi des modilications considérables sous Tinfluence de causes diverses.
La couleur de la peau des Arabes varie beaucoup; leur teint l)eut être aussi blanc (jue celui des Européens dans les régions situées le plus au nord. On a cité, dans TYémen, des femmes arabes dont la peau était d'un jaune foncé. Dans la portion de la vallée du Nil (|ui borde la Nubie, les Arabes sont noirs. Dans cette même vallée du Nil, au-dessus de Dengola, les Arabes S/ie-^ya sont d'un noir de jais, d un noir pur, brillant, et qui parut au voyageur anglais Waddington la plus belle couleur qui pût être choisie pour une créature humaine.
»mmes, dit Waddlngton, se distinguent complètement des nègres de leur couleur, par la nature de leurs cheveux, par la régularité rsdts, par Texpression suave de leurs yeux humides, et par la B leur peau qui, à cet égard, ne le cède en rien à celle des
is Arabes des régions tempérées, on a rencontré quelque-
theveuz plus ou moins clairs et des yeux bleus ou gris ;
:he, on a signalé des tribus au milieu du désert libyen
[uelles les cheveux étaient crépus et assez analogues à
nègres.
imé, les Arabes nomades, qui mènent fidèlement, depuis
iute antiquité, le même genre de vie, nous offrent, mal-
îrconstances climatériques variées, l'empreinte originelle
laté hors ligne.
re 87 représente une tente d'Arabes nomades.
— Parmi les petits peuples que Ton rapporte à la famille ^ il en est un bien remarquable par son importance his- 3t par la manière dont il a su conserver son type oriuis près de dix-huit siècles qu'il est dispersé dans tout ontinent : ce sont les Juifs ou Israélites *. ifs ont conservé quelque chose de leur physionomie pro- 8 distinguent des nations parmi lesquelles ils sont dis- •ar des traits particuliers, que Ton reconnaît facilement sieurs tableaux des grands maîtres. Cependant ils ont >rendre plus ou moins les caractères des nations au miuelles ils ont séjourné longtemps. Sous la seule influence nstances extérieures et du genre de vie, le mélange des m milieu desquels ils vivent a altéré peu à peu leur type
Dans les contrées septentrionales de TËurope, les Juifs au blanche, les yeux bleus et les cheveux blonds. Dans
parties de TAUemagne , on en voit beaucoup avec la jge; en Portugal, ils sont basanés. Dans les parties de
itesse française a introduit entre ces deux mots une distinction qui est pour que nous ne la fassions pas remarquer. En France, on appelle israéînrichi, et j'u»/' un Israélite pauvre. MM. de Rothschild sont des banquiers nais si, par impossible assurément, MM. de Rothschild, ayant perdu leurs liaient habiter à Francfort, dans le quartier des Juiiâ, û maison paterl'y trouve encore et que nous avons vue, ils seraient, comme leurs ancôircbands juift.
196 RACE BLANUHE.
rinde où ils sont établis depuis longtemps, c'e&l-à-dire du province de Cochin, sur la cûte de Malabar, ils* sont noirs et si
compliilement semblables, ijoui' k- iL'itit, ans inJigénes. nu'il VH quelf|uul'oîs diilicile de les distinguer des Hindous. Lus lÎ2ures 68 el 69 représentent titi JuiTet une Juive de SshHii'
te. La figure 90 des Juirs de Babylone, et la figure 9t des Juives î Cochin.
de salODique.
Syrîeiu. — l^es anciens Syriens se sont, en général, fondus dans les peuples qui les ont conquis; cependant leur langue est encore psrlée par des populations chrétiennes de la Mésopotamie et de Is Ghaldée, les Souriani, les Yakoubi ou Kaldani.
Beyrouth, au pied des montagnes du IJban (lig. i)S, p. 803), est 1b Tille et le port qui sert de centre au commerce de toute la Syrie.
Là le Liban apporte son vin et ses soies, rYémen son café, le Eanran ses blés, Djébaïl et Lattakieh leur blond tabac, Palmyre ses chevaux, Damas ses armes, Bagdad ses riches étoffes, et toute l'Europe les innombrables produits de. son industrie.
Dès le premier coup d'œil jeté sur Beyrouth, on voit à quel point le commerce est florissant dans cette ville. Les Maronites aux habits sombres et grossiers^ le Druse au turban blanc ou rayé, porteur d*armes magnifiques, des Arabes qui étalent leurs haillons superbes, des Turcs, des Grecs, des Juifs, des .arméniens, tout cela se presse sur le port. C'est une véritable Babel de langage et de costumes ; néanmoins l'élément chrétien y domine.
Mais les rues de Beyrouth, comme toutes celles des villes de rOrient, ne répondent pas à ce qu'annonce ce brillant panorama. Les maisons sont de massives enveloppes de pierre ; les rues soûl étroites et rapides, reliées quelquefois par des passages vottés; quelques-unes, plus larges, sont occupées par des eafedjit^ i Tintéricur desquels des Arabes accroupis fument tranq^ùllement le chibouque à Tabri de tentes, en sparterie grossière , suipeiidiies sur leurs têtes. Au milieu de la rue des enfants se roakntdiBs la poussière.
Les Maronites et les Druscs sont deux petits peuples da Libu, mais qui parlent arabe, comme la plupart des Syriens actoéb.' :
Les Maronites composent une peuplade forte, mais pea instruite. Ils tirent leur ori^âne cfun moine chrétien nommé Aroun , qui vivait vers la lin du sixième siècle, et moonit en odeur de saintc^té. l'n couvent fut fondé pour faire honneur i sa mémoire, t'n sièclif i)lus tard, un de ses disciples, Jean leMironile, épousa la (pierelle des I^alins contre les chrétiens grecs,qDi Taisaient alors de {grands progrès dans le Liban. Ces dttnien chrétiens suivaient les ins])irationsdeConstantinople;le8lbniûles, au contraire, obéissaient à celles de Rome. Le voile nU^SDX devait ici servir à couvrir les dissidences politiques." Jean le Ma- ] onitc arma ses nionta^'nards, les conduisit à rennemi, et s'em* para de tout le Liban. Jusqu'auprès de Jérusalem. Retirés sor leurs montagnes et bien (fu'en petit nombre, les Maronites CODservèrenî longtemps leur indépendance. Ce ne fut qu'en '1588 qu'ils furent réduits par Ibrahim, pacha du Caire, et soumis à un tribut annuel, qu'ils payent encore aujourd'lmi.
RAMEAU ARAMËEN. 201
Cependant les Maronites, comme tous les peuples montagnards,
ODt conservé le goût de l'indépendance. Opprimés par les Musul-
mans, leurs maîtres, et par les Druses, rivaux que leur a suscités, dit-on, TAngletcrre, jalouse de la prépondérance française dans le Liban, en querelle avec les Ausariehs ou les Mutualis, ils n'en continuent pas moins , une pioche d*une main, le sabfe de. l'autre, à cultiver et à défendre Théritage de leurs pères.
Les Maronites sont instruits ; c'est la seule race lettrée du pays. Les magnifiques couvents qui existent dans le pays des Maronites sont remplis de manuscrits anciens et d'écrits arabes de nos jours. La ligure 93 (p. 207) représente un des couvents maronites du Liban.
Les Druses sont des schismatiques musulmans, comme les Maronites sont des sectaires chrétiens. Ils sont cultivateurs, mais plus guerriers encore. Chez eux, tout homme est soldat de fait et de droit; ils sont hospitaliers, mais ils savent, au besoin, combattre comme les meilleurs guérilleros d'Europe.
FAMILLi: PERSIQUE.
On range d'ordinaire dans le môme rameau que les Européens le peuples blancs qui se sont développés au sud-est du Caucase, parce que les langues qu'ils parlent sont à peu près les mêmes et ont toutes du rapport avec le sanscrit. Mais ces peuples resseml)lenL bien plus .-lux Araméens qu'aux Européens. Comme les Araméens, les jjeuples de la famille persique avaient acquis de bonne heure une certaine civilisation, à laquelle ils ont peu ajouté depuis.
Les i)eui)les a})partenant à la famille persirjue ont la peau blanche, une taille moyeiine, les cheveux et les yeux noirs. Ils habitent non-seulement la Perse, mais TArménie, le Turkestan et une partie de Tilindoustan.
On i^eut l'aire cin(| divisions bien tranchées dans les peuples qui composent cette famille : 1* les Persans proprement dits, ou Taiijiks; 2'* les Afghans; 3Mes Kurdes; 4° les Arméniens; 5* enfin la petite peuplade des Ossètes.
Persans. — Une grande partie de la Perse est occupée encore aujourd'hui par des tribus qui errent dans les campagnes, vivent sous la tente, ou font cultiver la terre par des esclaves et des domesti(|ues. Mais plusieurs de ces tribus sont étrangères à la
ri. »
RAMEAU ARAMÉEN. Sî05
race persane. Seule la race pure des Persans habite les villes e t leurs environs. Ces Tadjiks^ ou Persans purs, étaient jadis beaucoup plus nombreux qu'aujourd'hui. Le nord-est du royaume de VIran est la patrie de leurs ancêtres.
Tous les anciens auteurs ont parlé des premiers Perses (Mèdes et Perses) comme d'une race singulièrement belle et bien faite de corps. Ammien Marcellin parle de la Perse comme d'un pays renommé pour la beauté des femmes [ubi feminarum pulchruado exceUit). et tous les auteurs anciens désignent les Perses comme des hommes d'une haute taille et d'un beau visage.
Les figures que Ton trouve dans les nombreuses sculptures antiques des mpnuments persans, à Istahkar, à Persépolis, à Ecbatane, et dans plusieurs autres lieux, confirment de tous points ces témoignages. Dans les bas-reliefs de Ninive qui existent au palais du Louvre, à Paris, on reconnaît la pureté des traits et le caractère de beauté qui distinguent les hommes de cette cité antique. Ce type est noble, digne, et annonce l'intelligence et la réflexion.
Les Tadjihs, ou Persans modernes, sont également fort beaux. Ils ont une grande régularité de traits, le visage ovale, un peu long, la chevelure abondante, de grands sourcils noirs et bj^n marqués, et ces yeux noirs et très-doux que les Orientaux estiment au plus haut degré.
Les Tadjiks sont gais, spirituels, actifs, légers, paresseux, vicieux, aimant le luxe, la toilette et le cérémonial. Ils ont une littérature, et leur langue, (|ui est remarquable par sa tendance au style lleuri et orné, est parlée non-seulement en Perse, mais par les personnes des hautes classes d'une grande partie de Tllindoustan.
La Perse (royaume d'Iran) est gouvernée par un roi [schah. (jui jouit d'une autorité presque absolue et qui réside à Téhéran. Le successeur du roi est le fils aine de son tils aine, suivant un ancien usage de l'empire russe.
Les douze provinces dont se compose le royaume sont administrées par un gouverneur {béjlébciy) qui délègue son autorité à un lieutenant (kakim). Les villes sont administrées par un gouverneur particulier, un chef de police et un premier magistrat. Chaque village élit un chef [Uttlkhoda). La législation de la Perse, peu différente de celle de la Tur({uie, a pour base le Coran.
Le royaume de Perse peut mettre sur' pied 150 000 hommes <!j
force militaire; mais son armée permanente ne dépasse pas 10 000 liommes, parmi lesquels on distingue les gardes du roî (gfwlaums), La Perse a quelques navires de commerce.
L*industrie est peu florissante en Perse. Ce pays, qui faisait autrefois un commerce important, en est réduit à tirer presque tout de Tctranger et à ne fabriquer que les objets de première nécessité. LInde, la Iliissie, l'Afghanistan procurent aux Persans la plupart des produits manufacturés.
La Perso ayant été souvent envahie et occupée par des peuples étrangers, i)résente nécessairement une population très-mélangée. 11 y a quatre classes parmi sa population :
1** Les nobles, qui occupent toutes les fonctions publiques;
2» Les bourgeois des villes, comprenant le clergé et le corps enseignant, et (fui est un mélange de Persans, de Turcs, de Tartares, de Géorgiens, d'Arméniens et d" Arabes;
3° Les paysans, composés de Persans purs;
4"* Les tribus nomades ou pastorales, composées de Persans, auxquels il faut adjoindre les restes des anciens peuples conquérants de ce pays. C'est de cette dernière classe que sortent les soldats et toute la Torce militaire qui forme en Perse une véritable autocratie héréditaire.
lia religion des anciens Perses était celle de Zoroath, c'estràdire la magie. Pendant le troisième et le ([uatrième siècle de Tère chrétienne, le cliristianisme lit beaucoup de prosélytes dans ce pays, bien (|u'il fût alors occupé })ar les Arabes. Mais dès le cinquième siècle les rois de Perse s'attachèrent à le détruire dans leurs Ktats, et le mahométisme est aujourd'hui la religion dominante, ('ependant une nouvelle secte, le sosisme, venue d'une province de la Perse (la jjrovince de Kermam, a gagné beaucoup de [►roséhies dans tout le royaume. Les partisans de cette religion nouvelle snnt des déisles (jui n'acceptent le ('oran que comme un livre de morale et repoussent le dogme religieux que Mahomet en a tiré.
La figure 94 représente divers t\pes |)ersans; la figure 95 donne une idée de la richesse des costumes des nobles persans.
L'auteur d'un Voytnjr rn Perse, M. le comte de Gobineau, a parfaitement d<'crit la vie intérieure des Persans. .Vous ferons ({uelques emprunts à son intéressant voyage. Parcourons, par exemple, le chapitre dans lequel est décrit un dîner à Ispahan.
Le couvert de vingt personnes était dressé, nous ditM. Gobineau.
RAMEAU AKAMÉEN. 209
mr une table, se perdant dans un immense espace. Le devant lu théâtre était ouvert, soutenu par deux hautes colonnes peintes ie couleurs vives; le grand voile d'usage, blanc à dessins noirs, {"étendait en abaUjour sur la partie du jardin la plus rapprochée. Les convives avaient vue sur un grand bassin d'eau courante et
Fig. l'i. Divers Ijpes peisans.
ur des massifs de platanes; de nomljnmx serviteurs, bigarrés, rmés chacun suivant son caprice . et quelquus-uns portant un Tsenal complet, se tenaient par groupes au bas du la terrasse, lu circulaient avec les plats, ou .'servaient les invités, La table ivait été arrangée, avec l'aide des domestiques européens, un peu i la mode d'Europe, beaucoup à lu façon persane. La ligne du
SIO HACE IlLANGHE.
milieu était occupée par une forêt de vases de coupes de bots de cristal bleu blanc jaune rouge remplis de fleurs Pour les hôtes, la nouveauté consistait dans les cuillers et les fourchettes :
ils se com|ilinii'n[ni(!iit réciproquement s'ils avaient pu saisir ([uelque cliose avec la fourchette et la porter à la bouche sans se l>ii)uer. Certains mets leur parurent excellents. In l'ersuo rem-
HAMEAU ARAMÊEN.
plit son assiette de moutarde et déclara qu'il n'avait jamais rien maufté de si bon. Comme ils faisaient plus de gymnastique que de consommation, on les engagea à se servir à leur guise. Après beaucoup de façons , ils consentirent à tenir de la main gauche leur fourchette en l'air et a saisir les morceaux avec ta main droite. Au milieu du repas on entendit comme un bruit argentin de
Fig. 91. Mu^cicn* pcrinns.
sonnettes, et l'on vit entrer quatre jeunes garçons liabilics en femmes, avec des robes roses et bleues semées d'oripeaux. C'étaient des danseurs; ils portaient des petites calottes dorées, d'où sortaient leurs longs cheveux tombant sur leurs épaules. Les musiciens s'étaient assis par terre (lig. 96) : l'un jouait d'une espèce de mandoline, l'autre d'un petit tambour à main, enlîn un troisième
d'un certain instrument consistant en une série de cordes ajustées sur une table, et d'où Ton tire avec de petites baguettes des sons assez semblables à ceux de la harpe*
Il y a à Ispahan , d'après M. Gobineau, beaucoup de gens instruits dans tous les genres, des marchands riches ou aisés, des propriétaires qui vivent en rentiers. La ville pourrait être comparée à Versailles quant à son étendue et à sa tranquillité.
Un autre chapitre du Voyage de M. Gobineau : « les fiançailles, le divorce, la journée d'une Persane, » mérite aussi d'être feuilleté.
Les promis sont d'ordinaire très-jeunes. L'homme a de quinze à seize ans, la fille de dix à onze. Arrivée à vingt-trois ou vingtquatre ans, il est assez rare qu'une femme n'ait pas encore eu au moins deux maris et souvent bien davantage, car les divorces se font avec une extrême facilité.
Les femmes sont rigoureusement cloîtrées dans l'appartement intérieur, ou enderoun, en ce sens que personne du dehors, aucun étranger à la famille n'y est admis. Mais elles sont parfaitement libres de sortir depuis le matin jusqu'au soir, et même, dans beaucoup de circonstances, depuis le soir jusqu'au matin. D'abord elles ont le bain. Elles y vont avec une servante, qui porte sous son bras un coffret rempli des objets de toilette et des parures nécessaires, et elles en reviennent au plus tôt quatre ou cinq heures après. Knsuite elles ont les visites, qu'elles se font entre elles et qui durent tout aussi longtemi)S. Klles ont enfin des pèlerinages à des tombeaux situés à pou de distance, dans de jolis paysages.
Toutes les femmes })orsanes lfi^^ 9") sont si exactement voilées et si semblables dans leurs vètemenls extérieurs, qu'il est impossibl*' à l'œil le plus exercé d'en reconnaître une seule. En dehors des invitations, du bain, de la visite au bazar et des pèlerinages. les femmes sortent quand elles veulent, et elles encombrent les rues. Maliieureusement les femmes persanes se considèrent un peu comme des êtres inférieurs irresponsables. Elles sont maîtresses absolues dans leur maison, extrêmement colères et violentes, el leur petite pantoufle, armée d'un fer à cheval d'un demi-pouce d'éijaisseur, produit souvent de déplorables effets sur la figure d'un mari.
Les heures que le Persan ne donne pas, de son coté, au bazar. sont absorbées par les visites. Voici comment elles se passent.
Le visiteur se met en route avec le plus de serviteurs possibles. le djdodar marchant devant la tète du cheval, la couverture brodée
RAMEAU AHAMEEN. 213
sur répaule ; derrière le maître vient le kalyaudjij (musicien) avec son instrument. On arrive à la porte où l'on doit s'arrêter et l'on met pied à terre. Les domestiques marchant en avant, on pénètre par différents couloirs, toujours bas et obscurs, et souvent OD traverse une ou deux cours avant d'arriver à l'appartement du
nu- > CmIudhi dwftiDiiiei penanu, pour rinUrleuc at U ^^artle.
maître. Si le visiteur est d'un rang élevé, le maître du logis vient le recevoir à la porte. En cas d'égalité, il envoie son fils ou l'un de ses jeunes parents. Les premières politesses sont extrêmement rieuries. o (Comment Votre Seigneurie attelle conçu la pensée miséricordieuse de visiter cet liumble logisî » etc.
Arrivé dans le salon, on y trouve tous les hommes de la famille, qui se tiennent debout, rangés contre un mur, et qui saluent le visiteur. Lorsque tout le monde est assis, le visiteur demande au maître du logis « si, grâce à Dieu, son nez est gras. » Celui-ci répond : « Gloire à Dieu I il Test, par Teffet de votre bonté. » Cette même question peut se poser trois et quatre fois de suite. Après un bout de conversation on fait circuler le thé, le café, et les sorbets. Le grand mérite de ces conversations légères, c*est la broderie, le tour spirituel et plaisant.
Les Persans ont un goût singulier pour la calligraphie. La peinture est chez eux à j^eu près inconnue. Ils ont cependani linstinct artistique, .comme le prouvent la richesse et Télégance de certains de leurs monuments.
Nous mettons sous les yeux du lecteur (fig. 98) d'autres types de costumes de Persans de diverses classes. Les Louty et les liacluyans (jui sont représentés sur ce dessin, sont des tribus nomades d'hommes assez malfamés.
Les Afghans habitent toute la région montagneuse qui se trouve au nord des contrées basses du Penjab, c'est-à-dire des plaines de rindiis. Le climat en est délicieux. Les Afghans sont robustes etmusculeux, leur visago est allon^^é, leurs pommettes saillantes, leur nez jnwininent. Leurs cheveux sont le plus souvent noirs. Leur juîau. s<»l()n les ré;îions, est noire, basanée ou blanche, ils constilueiit un peuple rude et ^^uerrier qui, par ses mœurs et sa lan^nie. ne se dislmirue pas moins des Persans (jue des Indiens. 11 se divise en un *^vi\m\ noni!)re de tribus ou de clans.
Les Bc/outchis. à la vie pastorale, aux mœurs simples, transportent de place en place leurs l(Mit(\s, fabriquées en feutre, soutenue? par une lé.îj^ère carcasse d'osier. Us errent, avec leurs troupeaux. dans les hautes jjlaines (jui environnent Kélat. On les retrouve dans presfjue toute celte partie de la Perse orientale qui, coml>rise entre 1 At';j:hanistan au nord et l'océan Indien au sud. s'avance à l'ouest depuis l'indus jusqu'au grand désert salé. Ils parlent un dialecte dérivé du persan.
Les tribus nomades des Braluiis errent dans les parties froides et élevées des montagnes propres aux mêmes limites géographi- (|ues. Ils sont petits, trapus, avec une face ronde et des traits plats, la barbe et les cheveux bruns. Les Beloutchis, qui occupent des réfîions plus basses et plus chaudes, sont, au contraire, de
RAMEAU AR^MSEN. 315
beaux honunes à la taille élevée, aux traits reliera, à la pliysionomie expressive. Mais ceux 'fui habitent les basses plaines voisines de l'Indus ont la peau foncée et même noire. Los Elrnlmis sont aux Indous du l'enjab ce que sont les Iteloutcliis piu' rapport aux l'ersans.
Les Kurdtx, qui habitent la baute région montagneuse, coupée <lc profondes vallées, qui est située entre le ^Tand plateau de la Perse et les plaines de la Mésopotamie, constituent une population demi-barbare, bien différente des descendants des Médo-Perscs,
est brun, leurs cheveux noirs, leurs yeux petits, leur bond grande, leur (ihysionomie sauvage.
Les Arméniens des deux sexes (flg. 99, 100. 101) sont remarqua-
blés par leur beauté physique. Leur langue est voisine des plus anciens dialectes de la race aryenne, et leur histoire se
lie à celle des Mèdes et des I*crses par de très- anciennes traditions. Ils ont la peau blanclie, les yeux et les cheveux
noirs, des traits plus ,irroinli-; '\hl: reuv des PierSSSS
distinguent des Hindous par l'abondance de la but«^
figure 102 représente le salon d*une maison d'Arméniens, à a.
climat de TArménie est généralement froid ; cependant dans liées et dans les plaines Tair est plus tempéré et le sol très- . Les grains, vins, fruits, tabac et coton y sont récoltés en ance. On trouve dans les montagnes des mines d'or, d'argent, vre, de fer et de plomb ; mais ces minerais sont peu exploités. evaux arméniens passent pour les meilleures races de TAsic ntale. La cochenille, produit important de ces contrées, vit inde quantité au pied de TArarat. On récolte dans le même le la manne excellente. La flore arménienne est très-riche. *ménie actuelle forme lespachaliksd'Ërzeroum, de Kars et de -Bekr, dans la Turquie d'Asie. Elle est peuplée, outre les indi- , par des Turcs, des Kurdes, des Turcomans, et autres restes iplades qui firent autrefois des irruptions dans ce pays. :*ménien se distingue par son caractère grave, laborieux, inrnty hospitalier. Il excelle dans le commerce. Attaché aux ions de ses ancêtres et à son gouvernement, il sympathise oup avec les Européens. 11 se plie facilement aux mœurs eunnes, et apprend sans difliculté à parler nos langues. religion chrétienne a toujours été professée en Arménie, et les Diens sont très-attachés à leur Église. Mais plusieurs sectes rtagent la religion chrétienne. Il existe en Arménie la rclirê^oricnntf, c'est-à-dire attachée aux usages de TÉglise fondée aint Grégoire, catholirue (romaine) et protestante (évangéliméricaine). Le chef de la première, qui est la plus nonie(elle réunit quatre millions d'àmes environ), réside à liadzine, dans l'Arménie russe. Il existe un autre patriariresque indépendant à Sis, ancienne capitale du royaume licie. Le patriarche des catholiques, qui composent une ])0ion de cinquante mille âmes, réside à Constantinople; mais îte au mont Liban un autre patriarche [in partibvs), dont la ction s'étend sur la Syrie, la Cilicie et une partie de TAsie ire. Ceux de l'Arménie russe sont soumis au métropolitain, int à Saint-Pétersbourg. Les protestants, au nombre de e à cinq mille, ont leur chef à Constantinople.
Ossètes, qui sont la dernière branche de la race aryenne en habitent une petite partie de la chaîne du Caucase, qui est ée en général par des races distinctes des Indo-Européens
2i2 • RACE BLANCHE.
Ils ressemMent aux ])aysans du nord de la Itussie, mais leurs mœurs sont barbares et Us s'adonnent au pillage.
M. Vercscbaguinc rencontra les OssèLes dans son voyage dans les provinces du Caucase. Un Cosaque à qui il eut alTaire appartenait à cette race, et nous donnons ici ^lig. 103), d'après cet auteur russe, le [lortrait exact de cet Ossète.
(.es villages des (issotes sont ré|)andus sur le versant des montagnes. On voit di'N deux eûtes du délilê du Itarial de hautes murailles llani(iié('s d(! tourelles. Ces monuments rappellent l'ûpoque du brigandafïe.
i^ontrairenient aux mœurs de toutes les autres tribus du Cau-
Caucase. La beauté des Géorgiennes est proverbiale. M. Moynet , dans son Voyage à la iner Caspienne et à la mer Noires nous dit que les Géorgiennes méritent toute leur réputation de beauté. Leur physionomie est calme et régulière comme celles dont les marbres antiques de la Grèce nous ont laissé le type immortel. Leur coiffure se compose d'un bandeau aux couleurs éclatantes, ayant la forme d'une couronne, et dans lequel s'ajuste un voile dont un coin passe sous le menton (fig. 104). Deux grandes nattes de cheveux descendent par derrière, presque jusqu'aux pieds. Rien de plus gracieux et de plus noble à la fois que cette coiffure. In long ruban, aux plus riches couleurs, leur sert de ceinture, et vient tomber jusqu'à terre devant la robe. Dans la rue, elles s'enveloppent d'une grande étolfe blanche qm les préserve du soleil et qu'elles portent avec élégance.
Les Géorgiens sont aussi généralement beaux. Ils ont nonsené le type caucasienne intact et inaltéré. Ils portent de riches costumes, des broderies d'or et d'argent, de belles armes étincelantes. Braves et chevaleresques , ils aiment passionnément les chevaux.