‹ Les Races humainesChapitre 15 sur 62 · FAMILLE PERSIQUE · texte numérisé non relu

FAMILLE PERSIQUE

On range d’ordinaire dans le même rameau que les Européens les peuples blancs qui se sont développés au sud-est du Caucase, parce que les langues qu’ils parlent sont à peu près les mêmes et ont toutes du rapport avec le sanscrit. Mais ces peuples ressemblent bien plus aux Araméens qu'aux Européens. Comme les Araméens, les peuples de la famille persique avaient acquis de bonne heure une certaine civilisation, à laquelle ils ont peu ajouté depuis.

Les peuples appartenant â la famille persique ont la peau blanche, une taille moyenne, les cheveux et les yeux noirs. Ils habitent non-seulement la Perse, mais l’Arménie, le Turkestan et une partie de l'Hindoustan.

On peut faire cinq divisions bien tranchées dans les peuples qui composent cette famille : 1° les Persans proprement dits, ou Tadjiks; 2° les Afghans; 3» les Kurdes; 4° les Arméniens; 5» enfin la petite peuplade des Üssètes.

Fig. 73. Couvent de Maronites du Liban.

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Persans. — Une grande partie de la Perse est occupée encore aujourd’hui par des tribus qui errent dans les campagnes, vivent sous la tente, ou font cultiver la terre par des esclaves et des domestiques. -Mais plusieurs de ces tribus sont étrangères à la race persane. Seule la race pure des Persans habite les villes et leurs environs. Ces Tadjiks , ou Persans purs, étaient jadis beaucoup plus nombreux qu'aujourd’hui. Le nord-est du royaume de l’Iran est la patrie de leurs ancêtres.

Tous les anciens auteurs ont parlé des premiers Perses (Modes et Perses) comme d'une race singulièrement belle et bien faite de corps. Ammien Marcellin parle de la Perse comme d’un pays renommé pour la beauté des femmes (ubi feminarum pulchriiudo eæcellit), et tous les auteurs anciens désignent les Perses comme des hommes d’une haute taille et d’un beau visage.

Les ligures que l’on trouve dans les nombreuses sculptures antiques des monuments persans , à Istahkar, à Persépolis, à Ecbatane, et dans plusieurs autres lieux, confirment de tous points ces témoignages. Dans les bas-reliefs de Ninive qui existent au palais du Louvre, à Paris, on reconnaît la pureté des traits et le caractère de beauté qui distinguent les hommes de cette cité antique. Ce type est noble, digne, et annonce l’intelligence et la réflexion.

Les Tadjiks , ou Persans modernes, sont également fort beaux. Ils ont une grande régularité de traits, le visage ovale, un peu long, la chevelure abondante, de grands sourcils noirs et bien marqués, et ces yeux noirs et très-doux que les Orientaux estiment au plus haut degré.

Les Tadjiks sont gais, spirituels, actifs, légers, paresseux, vicieux, aimant le luxe, la toilette et le cérémonial. Ils ont une littérature, et leur langue, qui est remarquable par sa tendance au style fleuri et orné, est parlée non-seulement en Perse, mais par les personnes des hautes classes d'une grande partie de l'Hindoustan.

La'Pcrse (royaume d'Iran) est gouvernée par un roi ( schah ) qui jouit d’une autorité presque absolue et qui réside à Téhéran. Le successeur du roi est le fils aîné de son fils aîné, suivant un ancien usage de l’empire russe.

Les douze provinces dont se compose le royaume sont administrées par un gouverneur (béylcbeig) qui délègue son autorité à un lieutenant ( kakim ). Les villes sont administrées par un gouver-

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neur particulier, un chef de police et un premier magistrat. Chaque village élit un chef ( ketlkhoda ). La législation de la Perse, peu différente de celle de la Turquie, a pour base le Coran.

Le royaume de Perse peut mettre sur pied 150 000 hommes de force militaire; mais son armée permanente ne dépasse pas 10 000 hommes, parmi lesquels on distingue les gardes du roi ( gholaums ). La Perse a quelques navires de commerce.

L’industrie est peu florissante en Perse. Ce pays, qui faisait autrefois un commerce important, en est réduit à tirer presque tout de l’étranger et à ne fabriquer que les objets de première nécessité. L’Inde, la Russie, l’Afghanistan procurent aux Persans la plupart des produits manufacturés.

La Perse ayant été souvent envahie et occupée par des peuples étrangers, présente nécessairement une population très-mélangée. Il y a quatre classes parmi sa population :

1° Les nobles, qui occupent toutes les fonctions publiques;

2° Les bourgeois des villes, comprenant le clergé et le corps enseignant, et qui est un mélange de Persans, de Turcs, de Tartares, de Géorgiens, d’Arméniens et d’Arabes;

3° Les paysans, composés de' Persans purs;

k* Les tribus nomades ou pastorales, composées de Persans, auxquels il faut adjoindre les restes des anciens peuples conquérants de ce pays. C!est de cette dernière classe que sortent les soldats et toute la force militaire qui forme en Perse une véritable autocratie héréditaire.

La religion des anciens Perses était celle de Zoroath, c’est-à: d re la magie. Pendant le troisième et le quatrième siècle de l’ère chrétienne, le christianisme fit beaucoup de prosélytes dans ce pays, bien qu’il fût alors occupé par les Arabes. Mais dès le cinquième siècle les rois de Perse s’attachèrent à le détruire dans leurs États, et le mahométisme est aujourd’hui la religion dominante. Cependant une nouvelle secte, le sosisme , venue d’une province de la Perse (la province de Kerman), a gagné beaucoup de prosélytes dans tout le royaume. Les partisans de cette religion nouvelle sont des déistes qui n’acceptent le Coran que comme un livre de morale et repoussent le dogme religieux que Mahomet en a tiré.

La figure 80 représente divers types persans; la. figure 81 donne une idée de la richesse des costumes des nobles persans.

1 ’auteur d’un Voyage en Perse, M. le comte de Gobineau, a

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parfaitement décrit la vie intérieure des Persans. Nous ferons quelques emprunts à son intéressant voyage. Parcourons, par exemple, le chapitre dans lequel est décrit un dîner à Ispahan.

Le couvert de vingt personnes était dressé, nous dit M. Gobineau, sur une table, se perdant dans un immense espace. Le devant

Fig. 60. Divers types persans.

du théâtre était ouvert, soutenu par deux hautes colonnes peintes de couleurs vives ; le grand voile d'usage, blanc à dessins noirs, s'étendait en abat-jour sur la partie du jardin la plus rapprochée. Les convives avaient vue sur un grand bassin d'eau courante et sur des massifs de platanes; de nombreux serviteurs, bigarrés, armés chacun suivant son caprice , et quelques-uns portant un

Fig. 8t. Costumes des nobles persans.

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arsenal complet, se tenaient par groupes au bas de la terrasse, ou circulaient avec les plats, ou servaient les invités. La table avait été arrangée, avec l’aide des domestiques européens, un peu

à la mode d’Europe, beaucoup à la façon persane. La ligne du milieu était occupée par une forêt de vases, de coupes, de bols de cristal bleu, blanc, jaune, rouge, remplis de Heurs. Pour lse

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liôtes, la nouveauté consistait dans les cuillers et les fourchettes ; ils se complimentaient réciproquement s’ils avaient pu saisir quelque chose avec la fourchette et le porter à la bouche sans se piquer. Certains mets leur parurent excellents. Un Persan remplit son assiette de moutarde et déclara qu’il n'avait jamais rien

Fig. 82. Musiciens persans.

mangé de si bon. Comme ils faisaient plus de gymnastique que de consommation, on les engagea à se servir à leur guise. Après beaucoup de façons, ils consentirent à tenir de la main gauche leur fourchette en l’air et à saisir les morceaux avec la main droite.

Au milieu du repas on entendit comme un bruit argentin de

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sonnettes, et l’on vit entrer quatre jeunes garçons habillés en femmes, avec des robes roses et bleues semées d’oripeaux. C’étaient des danseurs; ils portaient des petites calottes dorées, d’où sortaient leurs longs cheveux tombant sur leurs épaules. Les musiciens s’étaient assis par terre (fig. 82) : l’un jouait d’une espèce de mandoline, l'autre d’un petit tambour à main, enfin un troisième d’un certain instrument consistant en une série de cordes ajustées sur une table, et d’où l’on tire avec de petites baguettes des sons assez semblables à ceux de la harpe.

Il y a à Ispahan, d’après M. Gobineau, beaucoup de gens instruits dans tous les genres, des marchands riches ou aisés, des propriétaires qui vivent en rentiers. La ville pourrait être comparée à Versailles quant à son étendue et à sa tranquillité.

Un autre chapitre du Voyage de M. Gobineau : « les fiançailles, le divorce, la journée d’une Persane, » mérite aussi d'être feuilleté.

Les promis sont d’ordinaire très-jeunes. L’homme a de quinze à seize ans, la tille de dix à onze. Arrivée à vingt-trois ou vingtquatre ans, il est assez rare qu’une femme n’ait pas encore eu au moins deux maris et souvent bien davantage, car les divorces se font avec une extrême facilité.

Les femmes sont rigoureusement cloîtrées dans l’appartement intérieur, ou enclcroun, en ce sens que personne du dehors, aucun étranger à la famille n’y est admis. Mais elles sont parfaitement libres de sortir depuis le matin jusqu’au soir, et même, dans beaucoup de circonstances, depuis le soir jusqu’au matin. D’abord elles ont le bain. Elles y vont avec une servante, qui porte sous son bras un coffret rempli des objets de toilette et des parures nécessaires, et elles en reviennent au plus tôt quatre ou cinq heures après. Ensuite elles ont les visites, qu’elles se font entre elles et qui durent tout aussi longtemps. Elles ont enfin des pèlerinages à des tombeaux situés à peu de distance, dans de jolis paysages.

Toutes les femmes persanes sont si exactement voilées et si semblables dans leurs vêtements extérieurs, qu’il est impossible à l’œil le plus exercé d’en reconnaître une seule. En dehors des invitations, du bain, de la visite au bazar et des pèlerinages, les femmes sortent quand elles veulent, et elles encombrent les rues. Malheureusement les femmes persanes se considèrent un peu comme des êtres inférieurs irresponsables. Elles sont maîtresses

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absolues dans leur maison, extrêmement colères et violentes, et leur petite pantoufle, armée d’un fer à cheval d’un demi-pouce d’épaisseur, produit souvent de déplorables effets sur la figure d’un mari.

Les heures que le Persan ne donne pas, de son côté, au

Fig. 83. Persans nomades.

bazar, sont absorbées par les visites. Voici comment elles se passent :

Le visiteur se met en route avec le plus de serviteurs possible, le djelodar marchant devant la tète du cheval, la couverture brodée sur l’épaule ; derrière le maître vient le kalyaudjy (musicien) avec

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son instrument. On arrive à la porte où l’on doit s’arrêter et l'on met pied à terre. Les domestiques marchant en avant, on pénètre par différents couloirs, toujours bas et obscurs, et souvent on traverse une ou deux cours avant d’arriver à l’appartement du maître. Si le visiteur est d’un rang élevé, le maître du logis vient le recevoir à la porte. En cas d’égalité, il envoie son fils ou l’un de ses jeunes parents. Les premières politesses sont extrêmement fleuries. « Comment Votre Seigneurie a-t-elle conçu la pensée miséricordieuse de visiter cet humble logis? » etc.

Arrivé dans le salon, on y trouve tous les hommes delà famille, qui se tiennent debout, rangés contre un mur, et qui saluent le visiteur. Lorsque tout le monde est assis, le visiteur demande au maître du logis « si, grâce à Dieu, son nez est gras. » Celui-ci répond: « Gloire à Dieu! il l’est, par l’effet de votre bonté. » Cette même question peut se poser trois et quatre fois de suite. Après un bout de conversation on fait circuler le thé, le calé et les sorbets. Le grand mérite de ces conversations légères, c’est la broderie, le tour spirituel et plaisant.

Les Persans ont un goût singulier pour la calligraphie. La peinture est chez dux à peu près inconnue. Ils ont cependant l’instinct artistique, comme le prouvent la richesse et l’élégance de certains de leurs monuments.

Nous mettons sous les yeux du lecteur (ûg. 80, 81, 83) d'autres types de costumes de Persans de diverses classes. Les Louly et les Backtyans qui sont représentés sur la figure 83, sont des tribus nomades d’hommes assez mal famés.

Les Afghans habitent toute la région montagneuse qui se trouve au nord des contrées basses du Penjab, c’est-à-dire des plaines de l’Indus. Le climat en est délicieux. Les Afghans sont robustes et musculeux. Leur visage est allongé, leurs pommettes saillantes, leur nez proéminent. Leurs cheveux sont le plus souvent noirs. Leur peau, selon les régions, est noire, basanée ou blanche. Ils constituent un peuple rude et guerrier qui, par ses mœurs et sa langue, ne se distingue pas moins des Persans que des Indiens. Il se divise en un grand nombre de tribus ou de clans. «

Les Beloutchis, à la vie pastorale, aux mœurs simples, transportent de place en place leurs tentes, fabriquées en feutre, soutenues par une légère carcasse d’osier. Ils errent, avec leurs troupeaux,

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dans les hautes plaines qui environnent Kélat. On les retrouve dans presque toute cette partie de la l'erse orientale qui, [com-

Fig. 8îi. Jeune noble arménien.

prise entre l'Afghanistan au nord et l'océan Indien au sud, s'avance à l’ouest depuis l’indus jusqu’au grand désert salé. Ils parlent un dialecte dérivé du persan.

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Les tribus nomades des Brahn:s errent dans les parties froides et élevées des montagnes propres aux mêmes limites géographi-

Fig. 85 Préire arménien.

ques. Ils sont petits, trapus, avec une face ronde et des traits plats, la barbe et les cheveux bruns. Les Beloutchis, qui occupent des régions plus basses et plus chaudes, sont, au contraire, de

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beaux hommes à la taille élevée, aux traits réguliers, à la phy-

Fig. 86. Dame arménienne.

sioDomie expressive. Mais ceux qui habitent les

basses plaines

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voisines de l’Indus ont la peau foncée et même noire. Les Brahnis sont aux Indiens du Penjab ce que sont les Beloutchis par rapport aux Persans.

Les Kurdes , qui habitent la haute région montagneuse, coupée de profondes vallées, qui est située entre le grand plateau de la Perse et les plaines de la Mésopotamie, constituent une population demi-barbare, bien différente des descendants des Médo-Perses, et pourtant aussi de souche aryenne. Les Kurdes sont, eu effet, des hommes de haute stature, mais aux traits grossiers. Leur teint est brun, leurs cheveux noirs, leurs yeux petits, leur bouche grande, leur physionomie sauvage.

Les Arméniens des deux sexes (fig. 84, 85, 86) sont remarquables par leur beauté physique. Leur langue est voisine des plus anciens dialectes de la race aryenne, et leur histoire se lie à celle des Mèdes et des Perses par de très-anciennes traditions. Ils ont la peau blanche, les yeux et les cheveux noirs , des traits plus arrondis que ceux des Persans. Ils se distinguent des Hindous par l’abondance de la barbe.

La figure 83 représente le salon d’une maison d’Arméniens, à Soucha.

Le climat de l’Arménie est généralement froid ; cependant dans les vallées et dans les plaines l’air est plus tempéré et le sol trèsfertile. Les grains, vins, fruits, tabac et colon y sont récoltés en abondance. On trouve dans les montagnes des mines d’or, d’argent. de cuivre, de fer et de plomb; mais ces minerais sont peu exploités. Les chevaux arméniens passent pour les meilleures races de l’Asie occidentale. La cochenille, produit important de ces contrées, vit en grande quantité au pied de l’Ararat. On récolte dans le môme pays de la manne excellente. La flore arménienne est très-riche.

L’Arménie actuelle forme les pachaliks d'Erzeroum, de Kars et de Diyar-Bekr, dans la Turquie d’Asie. Elle est peuplée, outre les indigènes, par des Turcs, des Kurdes, des Turcomans, et autres restes de peuplades qui firent autrefois des irruptions dans ce pays.

L’Arménien se distingue par son caractère grave, laborieux, intelligent, hospitalier. 11 excelle dans le commerce. Attaché aux traditions de ses ancêtres et à son gouvernement, il sympathise beaucoup avec les Européens. 11 se plie facilement aux mœurs européennes, et apprend sans difficulté à parler nos langues.

Fig. 87. S;iluii d'uiid maison arménienne.

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La religion chrétienne a toujours été professée en Arménie, et les Arméniens sont très-attachés à leur Église. Mais plusieurs sectes se partagent la religion chrétienne. Il existe en Arménie la religion grégorienne, c’est-à-dire attachée aux usages de l'Église fondée par saint Grégoire, la catholique (romaine) et la protestante

Fig. 88. Ossete.

(évangélique-américaine). Le chef de la première, qui est la plus nombreuse (elle réunit quatre millions d ûmes environ), réside à Etchmiadzine, dans l’Arménie russe. 11 existe un autre patriarche presque indépendant à Sis, ancienne capitale du royaume de Cilicie. Le patriarche des catholiques, qui composent une population de cinquante mille âmes, réside à Constantinople; mais il existe au mont Liban un autre patriarche (in parlibus), dont la juridiction s’étend sur la Syrie, la Cilicie et une partie de l'Asie

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Mineure. Ceux de l’Arménie russe sont soumis au métropolitain, résidant à Saint-Pétersbourg. Les protestants, au nombre de quatre à cinq mille, ont leur chef à Constantinople.

Les Ossètes, qui sont la dernière branche de la race aryenne en Asie, habitent une petite partie de la chaîne du Caucase, qui est occupée en général par des races distinctes des Indo-Européens. Ils ressemblent aux paysans du nord de la Russie, mais leurs mœurs sont barbares et ils s'adonnent au pillage.

M. Yereschaguine rencontra les Ossètes dans son voyage dans les provinces du Caucase. Un Cosaque à qui il eut affaire appartenait à cette race, et nous donnons ici (tig. 88), d’après cet auteur russe, le portrait exact de cet Ossète.

Les villages des Ossètes sont répandus sur le versant des montagnes. On voit des deux côtés du défilé du Darial de hautes murailles flanquées de tourelles. Ces monuments rappellent l’époque du brigandage.

Contrairement aux mœurs de toutes les autres tribus du Caucase et du Transcaucase, l’Ossète fait usage du lit, de la table et du siège. Il s’assied, comme la plupart des Européens, sans croiser les jambes sous lui.

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