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ESQUIMAU

RAMEAU HYPERBORÉEN. 215

crâne rond, les pommettes écartées, le nez large et plat des Mongols, un front avancé et des yeux ouverts. Leur teint est d’un jaune brun et leurs cheveux généralement noirs. Il existe dans cette curieuse race d’hommes deux classes distinctes, le Lapon nomade et 1 • Lapon résidant.

Le premier n'a pour tout bien que son troupeau de rennes. Il

Fig. 90. Attelage de rennes chez les Lapons.

va s’établir, avec ses troupeaux, sur les hauteurs, y passe, les mois de juin, juillet et août, et ne retourne qu’au mois de septembre dans ses quartiers d’hiver. Dans ces deux voyages, les rennes lui servent comme bêtes de somme. Lorsque la terre est couverte de neige, on attelle aux traînaux ces précieux ruminants (lig. 90).

Les chiens servent également d’animaux de trait chez les Lapons. Sur la lisière des maigres forêts de la Laponie ou de la Sibérie, on

RACE JAUNE

voit souvent passer rapidement, porté sur un traîneau attelé de chiens, un habitant de ces contrées sauvages (fig. 91).

La vie habituelle du Lapon nomade est ce qu’on peut imaginer de plus misérable. Une tente posée sur quatre piquets est sa demeure d’hiver et d’été. Le foyer est au milieu de la tente, et la fumée s’en échappe par une ouyerture pratiquée dans le haut. Cinq ou six peaux de rennes étendues autour du feu servent de lit à toute la famille, et ce lit a pour rideau la fumée qui l'en-

Fig. 91. Attelage de chiens.

toure. Le mobilier se compose d’une chaudière et de quelques seaux de bois. Le Lapon porte dans sa poche sa cuiller en corne et son couteau. Souvent, au lieu de seaux de bois il emploie des vessies de rennes. C’est également dans des vessies de rennes qu’il conserve le tait, mêlé d’eau, qui lui sert de boisson. Quand il se déplace, quand il voyage, c’est une paire de rennes qui est attelée à son traîneau.

RAMEAU HYPEIIBOREEN.

Au reste, cette race nomade qui a occupé autrefois une partie de la Suède, est aujourd'hui bien diminuée. Il y a une trentaine d'années, en comptant tout ce qu'il en reste dans la Laponie russe, norvégienne et suédoise, on la portait seulement au nombre de 12 000 individus.

Le Lapon résidant est d'ordinaire un pauvre propriétaire de rennes qui, étant ruiné et ne pouvant plus continuer sa vie de pâtre errant, se fait mendiant eu domestique. S'il lui est resté quelque argent, il s’établit au bord de la mer, et devient pécheur, pendant que sa femme tisse la laine au métier. Il passe alors une triste existence au milieu d’hommes d'une autre origine. Norvégiens et Suédois le dédaignent, en sorte qu’il vit en véritable paria. Sa cabane, son costume, ses mœurs sont tout différents de ceux des populations qui lui donnent asile. Nulle famille ne saurait s’allier à la sienne, et il reste seul au monde s’il n’a quelques amis parmi ces étrangers.

Dans ses Voyages dans les Etais Scandinaves, M. de Saint-Blaize surprit une nuit, à l'improviste, un camp de Lapons. Autour des feux se pressaient des centaines de rennes, dont les cornes immenses, se touchant les unes les autres produisaient l’effet d’une petite forêt. Beux jeunes Lapons et des chiens faisaient bonne garde autour des rennes. Non loin de là était dressée latente. Un vieux Lapon et sa femme offrirent au voyageur du lait de renne très-gras, qui rappelait le lait de chèvre.

Ce même voyageur nous apprend que lorsqu’une Laponne, en

voyage, donne le jour à un enfant , elle le place dans un morceau de boiscreux, où l’on a ménagé un trou grillé de fil de fer, pour y loger la tète du nouveau-né (lig. 92). La mère place sur son dos cette bûche et son précieux contenu et poursuit sa course. Quand elle s’arrête, elle sus-

Fig. y*. Berceau lapon.

pend à un arbre cette espèce de chrysalide de bois, que le grillage

protège contre la dent des bêtes féroces.

H ACE JAUNE

FAMILLE SAMOYÉDE.

Les Samoyèdcs sont une race errante, particulièrement répandue des deux côtés du grand promontoire sibérien que termine le cap Nord- On rencontre aussi quelques-unes de leurs tribus assez loin à l’ouest, à l'est et au sud de cette même région. Ils vivent principalement de leur pèche et de leur chasse, sur les

Kig. î*3. Sarnoycdca.

bords de la mer glaciale. Ils ont beaucoup de ressemblance »vec les Tongouses, dont nous parlerons pi us loin. Leur visage ed plat, rond et large, leurs lèvres épaisses et retroussées, leur nez large et ouvert. Ils ont peu de barbe, les cheveux noirs et rudes. La plupart sont plutôt petits que de taille moyenne, bien proportionnés, et un peu trapus (lig. 93). Ils sont sauvages et d'un caractère remuant.

HAMEAU HYPERBORÉEN

FAMILLE DE KAMTCIIADALES.

Nous ne mentionnons ici que pour mémoire les kamtcha claies, connus depuis longtemps des navigateurs de la mer glaciale. Ils habitent la partie méridionale de la péninsule qui porte leur nom. Ce sont des hommes de petite taille, ayant le teint basané, les cheveux noirs, peu de barbe, la figure large, le nez court et plat, les yeux petits et enfoncés, les sourcils minces, le ventre gros et les jambes grêles.

Plus au sud, dan&les îles Kouriles et sur le continent voisin, nous devons signaler une autre nation très-différente des précédentes. C'est le peuple des Ainos, ou habitants des îles Kouriles. Leur taille est petite, mais leur visage offre des traits assez réguliers. Le plus remarquable de leurs caractères physiques consiste dans l’extrême développement que prend chez eux le système pileux. Ce sont les plus velus de tous les hommes; c’est pour cela que nous les signalons en passant. Leur barbe tombe sur leur poitrine, et ils ont les bras, le cou, le dos couverts dé poils. Ce caractère est exceptionnel, surtout chez les peuples de type mongol.

La langue des Aïnos a des rapports frappants avec celle des Samoyèdes et avec celle de quelques peuplades du Caucase. Leur taille est bien prise, leur caractère doux et hospitalier. Ils vivent du produit de leur chasse et de leur pèche.

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