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FAMILLE DES ESQUIMAUX

Le Groenland et la plus grande partie des îles qui avoisinent cette partie du continent américain sont habités par des peuples qui ont reçu le nom commun d’Esquimaux, et qui composent une famille très-nombreuse.

Les principales et les plus nombreuses tribus de la famille des Esquimaux appartiennent au continent américain. Mais comme elles sont fort distinctes des autres peuples de ce continent, et qu elles ressemblent beaucoup aux peuples de l’Asie septentrionale et aux Mongols, c’est ici que nous devons en faire mention.

Chez les Esquimaux, la tête osseuse prend une forme pyramidale plus prononcée que chez les Mongols de la haute Asie, ce qui dépend du rétrécissement latéral du crâne. Un tel signe de dégra-

RACE JAUNE

dation décèle tout de suite l’infériorité morale et sociale de ces pauvres gens. Leurs yeux sont noirs, petits et sauvages, mais sans aucune vivacité. Chez les Esquimaux du Groenland, le nez est peu saillant, la bouche petite, avec la lèvre inférieure plus épaisse que la supérieure. Cependant on a signalé chez quelques-uns une barbe forte et abondante. Les cheveux sont ordinairement noirs, mais quelquefois blonds et toujours longs, grossiers, en désordre.

Fig. 9 1. Esquimaux 'campement d'été).

Leur teint est clair. Leur taille ne s’élève pas au-dessus de cinq pieds. Ils sont trapus, et ont une certaine disposition à l’obésité.

Dans un voyage que lit le docteur Kane, de New-York, au 82* degré de latitude nord, cet explorateur hardi passa plus d’une année chez les Esquimaux qui vivent à Etah, l’habitation humaine la plus rapprochée du pôle. Hommes, femmes, enfants, n’ayant pour se couvrir que leur saleté, étaient entassés dans une hutte

RAMEAU HYPERBORÉEN

et confondus dans une sorte de panier. Une lampe, servant à chauffer et à éclairer la cabane , brûlait de l'huile de phoque, avec une flamme de seize pouces de longueur. Des morceaux de phoque gisaient sur le plancher de ce repaire, d’où s’exhalait une insupportable odeur ammoniacale.

Nous représentons (fig. 94) le campement d’été d’une tribu d’Esquimaux et (fig. 65) leur habitation d’hiver. Dans la figure 96,

Fig. 95. Esquimaux-(babitalion d'hiver)*

on voit un village, c’est-à-dire l’assemblage de huttes, construites avec des blocs de neige, qui abritent, pendant la saison des froids excessifs ces déshérités de la nature.

Le phoque fournit la nourriture aux Esquimaux de la baie de Reusselaer pendant la plus grande partie de l’année. Au sud, jusqu’à Murchison-Channel, le narval et la baleine franche viennent dans les saisons qui leur sont propres. Vers le mois où reparaît le soleil, la famine d’hiver cesse. Janvier et février sont

RACE JAUNE

les mois de privation ; mais pendant la dernière partie de mars la pèche de printemps commence, et avec elle renaissent le mouvement et la vie. Les pauvres et misérables tanières couvertes de neige sont alors le théâtre d'une grande activité. Des masses de provisions accumulées en sont retirées et empilées sur le sol glacé; les femmes préparent les peaux pour en faire des chaussures, et les hommes taillent une réserve de harpons pour l’hiver.

Les Esquimaux ne sont pas paresseux. Ils chassent avec cou-

Fig. 90. Village esquimau comj* ai de huttes en neige durcie.

rage, et sont forcés souvent de cacher le produit de leur chasse dans des excavations inaccessibles aux bêtes. Leur consommation d'aliments est excessive. Ils mangent beaucoup, non par gloutonnerie, mais par nécessité, en raison du froid extrême de ces hautes latitudes.

La figure 97 représente, d’après le docteur Kane, le chef d une tribu d'Esquimaux.

Le docteur Hayes, dans son Voyage à la mer libre du pôle arctique, publié en 1866, a décrit des types d’Esquimaux. La ligure large, de lourdes mâchoires, des pommettes saillantes, un front étroit,

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des yeux petits et très-noirs, des lèvres minces et longues, avec deux rangées étroites de dents solides, quoique usées par de

1 ig. U7. Chef d'une Iribi d Es jiiimnux.

pénibles services, une chevelure d’un noir de jais, de la barbe sur la lèvre supérieure et au bas du menton, une stature petite, mais bien charpentée , une constitution robuste et rudement

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trempée, tels sont les caractères distinctifs de ces peuples de l’extrême Nord.

La toilette des Esquimaux parut au savant voyageur à peu près la même pour les deux sexes : une paire de bottes, des bas, des

Fig. 98. Chasse aux oiseaux de nier cher les Esquimaux.

mitaines, des pantalons, une veste et un surtout. Le beau-père d'un de ses compagnons de voyage portait des boites de peau d’ours s’arrêtant au-dessus du genou, tandis que celles de sa femme montaient beaucoup plus haut et étaient faites de cuir de

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RAMEAU HYPER BORÉEN.

phoque. Leurs pantalons étaient de peau d’ours, les bas de peau de chien, les mitaines de peau de phoque, la veste de peau d’oiseaux, avec les plumes en dessous.

Le surtout, en peau de renard bleu, ne s’ouvre pas sur le devant, mais se passe comme une chemise; il se termine par un capuchon qui couvre la tète comme la cagoule d’un moine. Les femmes taillent leur surtout en pointe , pour renfermer leurs cheveux, qu’elles réunissent sur le sommet de la tète et nouent en touffe serrée et dure comme une corne, au moyen d’une courroie de peau de phoque non tannée : c'est ce que l’on voit sur la figure 94 (page 220).

La chasse au phoque est la grande occupation des Esquimaux. Le phoque est l’animal providentiel pour les rudes habitants des rivages de l’océan Glacial de l’Amérique, comme le renne est la ressource providentielle des Lapons, ou habitants des rives de la même mer, au nord de l’Europe.

La chasse aux œufs des oiseaux de mer, surtout des pingouins, est la seconde source d’alimentation qui s’offre à ces peuples. Les Esquimaux bravent toutes sortes de dangers pour aller recueillir les œufs de ces oiseaux sur les cimes escarpées et branlantes ou ces volatiles posent leurs nids (lig. 98).

Les Esquimaux ne comptent que jusqu’à dix, nombre de nos doigts. Ils n’ont aucun système de notation, ne peuvent assigner une date quelconque eux événements passés. Ils n’ont d’annales d'aucune sorte, et ne savent pas leur àgel

CAMILLE DES 1ÉNISSÉIENS.

C’est une peuplade connue plus généralement sous le nom < ÏOstiakes du Iénisséi. Elle parle une langue fort différente de celle des Ostiakes de l'Obi, que nous avons mentionnés (page 125) comme appartenant à la race blanche.

FAMILLES IUKAGII1RE ET KORIAKE.

Ce sont des peuplades errantes, qui se fondent de plus en plus avec les populations russes. Elles vivent au bord de la mer de Behring ou dans l’intérieur des terres, fort semblables aux Sainoyèdes par leurs habitudes et leur langage.

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