‹ Les races latines [microforme]Chapitre 3 sur 4 · DE EN PCT FAR ENE AE SES · texte numérisé non relu

DE EN PCT FAR ENE AE SES

traditions séculaires, traditions religieuses et politiques.

Les premiers auteurs de eette décadence sont Voltaire et Jean-Jacques Rousseau: celui-ci, l'esprit le plus faux qu’on ait jamais rencontré parmi les hommes, celui-là, le plus grand menteur de la terre. L'un disait: ‘L'homme est bon’ et chacun, appliquant cet axiome, s'étonnait qu'il y eût une autorité sociale, #rmée de lois, pour puniret pour gouverner. L'autre s'écriait en parlant du Christ: ‘“Ecrasons l’Infâme’”’, et ceux qu’on a appelés les fils de Voltaire blasphémaient le Christ et le reniaient. C’est sous cette influence franc-maçonne et athée que fut. élevée la génération qui fit la révolution française. C’est avec les principes de cette philosophie qu'on rédigea la Déclaration des droits de l’homme, oubliant que les droits de l’homme découlent de ses devoirs, et qu'’audessus des droits de la créature il y a les droits de Dieu. De là tout le mal.

En s’exagérant ses droits, l’homme latin, oubliant que tout pouvoir vient de Dieu, entendit

2 donner des maîtres à sa guise et perdit le respect du pouvoir établi. Et ce respect du gouvernement que les uns perdaient par la philosophie les autres le perdaient en même temps que périssait la monarchie absolue. Le peuple ne comprend pas les êtres collectifs et les êtres abstraits il ne saisit que les réalités objectives: Là où un

roi absolu, tenant son pouvoir de Dieu, incarne en lui-même le gouvernement, le peuple comprend l'existence du pouvoir, Remplacez ce roi par un régime parlementaire, monarchique ou républicain, le peuple, ne voyant au-dessus de Jui que des chefs qu'il s'est donnés, perdra le respect de ceux qui le gouvernent,. (1)

Ce qu'avait fait la philosophie du XVIlle siècle pour le pouvoir politique, elle devait le faire pour la Majesté divine. ‘‘Dieu, dans sa conception! chrétienne, est un être concret : l’Et:o Suprème des philosophes n'est qu'une abstraction. Or, pour le commun des mortels, l’abstraction ou le néant, c'est la même chose, En perdant la crainte et le respect de Dieu et du pouvoir civil, l’homme ne devait plus mettre de frein à ses passions. De là l'abandon de la terre de là l'accroissement de la criminalité, l’immoralité, de là la recherche frénétique des plaisirs et la théorie de l'intérêt personnel, qui ont dépeuplé les campagnes au profit des villes, De là encore l’éclosion des théories socialistes, conséquence réelle de la négation de Dieu, et de l’abandon de la doctrine chrétienne, seule capable de trouver la solution du problème social et

d'opérer le rapprochement des classes par sa de-

1 Je n’entends pas dire que le régime paricmentaire est incompatible avee le respect du pouvoir, J'affirme seulement qu’un veuple onssant sens transition du régime abso!u au pouvoir par'ementaire perdra nécessatrement une partie de son respect envers les gouvernants.

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vise sublime de la fraternité: ‘Aime Dieu pardessux toutes choses et ton prochain comme toi-même,"

Et cet oubli des droits de Dieu et des droits du gouvernement engendra l'affaiblissement de l'idée de patrie, ‘‘car qu'est- » que la patrie, sinon un groupement d'hommes unis par les liens du sung et les souvenirs du passé: un groupement formé par Dieu qui lui donna son chef”.

Voilà les causes qui ont encendré l'affaiblissement des races latines: car c'est encore un auteur latin qui parle, ‘‘la religion, la vertu, Île respect des pouvoirs établis engendrent toujours la prospérité.”

Et si encore ces utopies criminelles étaient restées dans le domaine de l'irréel, dans l'esprit des philosophes sans se répandre parmi les peuples latins; mais non, il semble depuis un siècle que ces erreurs soient pour à peu près tous les gouvernements de la France, de l'Espagne et de l'Italie, les seules idées qu'il faille inculquer à l'esprit populaire, sous prétexte d'enseignement neutre: on nie et on blasphème Dieu dans les écoles publiques. On dit au peuple: “Tu es bon ; les actes moraux sont ceux qui te plaisent et ceux qui te servent”. On lui crie que ceux qui sont au-dessus de lui ne se sont élevés que par une. injustice, On luidit quela patrice est un mensonge, inventé par les rois pour retenir sous leur joug, pendant longtemps encore, les peu-

ples abaissés, On lui enseigne qu'il n’y a pas d'âmes, que tout meurt à la fin de la vie, et que les bons et les méchants ne seront ni récompensés, ni punis, On lui apprend que les droits passent avant les devoirs et que le seul droit véritable, c'est le droit du plus fort.

Et après que l'on a enlevé tout idéal, tout espoir de récompense pour le bien, ou toute crainte de châtiment pour le mal, à ce peuple, on s'étonne qu'exaspéré, il se révolte et se soulève, et qu’il prenne un fusil pour être le plus fort. On s'étonne surtout que les races latines, à qui on a inculqué de pareils principes, se désintéressent de la grandeur de la patrie? Et les gouvernants d’un jour, affolés par leur évidente instabilité, pressés de s'enrichir, accroissent les impôts de toute nature et ne réussissent qu’à exaspére: encore un peu plus l'esprit populaire qui n’aperçoit pas, sous le couvert des hommes détestés, la pauvreté des principes et la banqueroute de la philosophie, Vient alors un jour où, Comme pour la Belgique, la partie saine de la population se ressaisit et ramène, avec les maximes chrétiennes, la stabilité gouvernementaleet la prépondérance économique. Ou bien la décadence s’accroissant, comme dens l’empire grec d'Orient, la nation corrompue, ayant elle-même creusé son tombeau, meurt et s’enfonce dans la nuit éternelle qui recouvre la tombe des nations disparues. vu

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Les exemples sont là trop nombreux pour qu'on puisse nier les causes de si tristes effets. Les Etats-Unis forment une nation propice :

mais le chef de l'Etat est respecté et l'on ne travaille pus le dimanche. L'Allemagne, qui a écha: faudé sa grandeur sur nos défaites, jouit d'un gouvernement sage, religieux et modéré, que les socialistes respectent eux-mêmes. L’Angloterre, quand elle est menacée comme patrie, voit les wighs et les torys, libéraux et conservateurs, des ennemis irréconciliables, se donner la main. Et Guillaume II et Edouard VII, tous les deux schismatiques cependant, vont 1endre au Pape, gardien des principes moraux du monde et prisonnier au Vatican, les honneurs dus à un Souverain.

Je citais tout à l’heure l'exemple de la Belgique qui se mourait il y a vingt ans, et qui maintenant, grûce au respect que les Belges portent à Dieu et à leur roi, grâce au parti catholique, est l'Etat le plus prospère de l'univers.

La France elle-même offre ussez de preuves à étudier. La Restauration, youvernement toltrant et suffisamment religieux, a fait baisser la criminalité infantile de près d’un tiers. Sous le gouvernement du Maréchal de Mac-Mahon, qu élevait publiquement à Dieu la basilique de Montmartre. au nom de la France, elle buissait en sept ans d’un huitième et la troisième République qui laïcisa le Panthéon, vit doubler, en

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vingt-cinq ans, les crimes commis par les mi neurs.

Et si, de l'oubli des devoirs de l’homme et des Droits de Dieu, est résultée la décadence nm: ralc, la perte du respect envers le pouvoir, chez les latins, a entraîné la décadence politique. Un gouvernement, qui n’a pas la confiance et le respect de ceux qu’il régit, est un gouvernement destiné à disparaître. Or, s’il disparait, celui qui le remplacera par esprit de parti, par préférence ou antipathie, défera ce qu'avait fait le prédécesseur. La ligne de conduite n’est plus unique et les fluctuations des jartis entraiîneront la décadence politique.

Témoin la France : Napoléon ler fut l'ennemi de tout le monde : la Restauration est l’alliée de l& Russie ; Louis-Philippe crée l'entente cordiale avec l'Angleterre ; Napoléon III favorise la Prusse, le Piémont et l’Angleterre ; la Troisième République reste d’abord seule : puis le parti progressiste nous donne l'Alliance avec la Russie ; et le parti radical semble aujourd’hui nous entraîner vers l’Angleterre et l'Italie et peut-être vers l’Allemagne. Comment, avec ces changements perpétuels, faire œuvre utile ?

De plus l'instabilité des pouvoirs les entraîne à reculer devant un acte énergique, car ils craindraient que cet acte ne fût le signal de leur chute. Napoléon IIT ne voulait pas déclarer la guerre à la Prusse, la troisième République a reculé à

Fachoda : Louis XIV, lui, n'aurait pas reculé, parce qu'il savait que, vainqueur ou vaincu, la

t France le suivrait et que nul ne serait venu in- £ sulter à sa défaite, ni menacer son pouvoir. Z Donc, pour les gouvernants latins il y a aujourn d'hui deux lignes de conduite: continuer à semer + la haine du pouvoir, l’athéisme, l'immoralité : t et alors c’est la fin plus ou moins précipitée, ii mais c’est la fin. Ou, au contraire, se ressaisir, - s’abaisser devant Dieu, et s'élever ainsi devant | le peuple, et alors c'est le relèvement rapide, e spontané, qui raménéra bien vite à leur vraie a place dans le monde, c'est-à-dire au premier rang, les peuples d'éducation latine.

ï Mais, dira-t-on peut-être : les pays latins peue vent-ils physiquement se relever ? ne sont-ils pas se trop vieux ? C'est une des deux thtories qui pré- { e tendent expliquer notre décadence autrement ë que nous ne le faisons. Elle est absolument fause se. Les peuples latins sont aussi riches que les À autres et le retour aux vieux principes agira sur i eux comme cette eau de Jouvence dont parlent t les Alchimistes du Moyen Age.

S Du reste, les races latines ont plus d’une qua-

lité qui manquent aux autres peuples. Les latins sont braves, entreprenants, actifs, colonisa- . 1 teurs:ils ont la sobriété, l'endurance ; ils ont k ; l’exemple du passé pour eux. Leurs ports sont À aussi bons que ceux des autres nations. Gênes, Ë Barcelone, Marseille commandent la Méditerran-

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