‹ Les radesChapitre 13 sur 47 · LA VOIX · texte numérisé non relu

LA VOIX

Madame, vous chantiez, impérieuse, ardente, Et je pleurais ! Frissons, murmures, à la fois Cris et flammes, l'enfer, le paradis de Dante, Toutes les voix n'en faisant qu'une : votre Voix!

Ah ! comme vous savez sur l'aile de la note

Faire monter le mot sonore éperdûment,

Et, quand Schubert gémit, ou quand Schumann sanglote,

Crucifier nos cœurs d'un sublime tourment !

Quel élan, quelle fougue et quel feu sombre ! Comme • Vous donnez de la vie aux sons et comme on sent Toute la joie et toute la douleur de l'homme Rire et pleurer dans votre inoubliable accent !

Et le musicien, Madame, et le poète Vous disent, à genoux, merci d'être pour eux La Voix, l'envol du verbe ému, ce qui complète L'œuvre où s'est attardé leur effort douloureux ;

Car ainsi qu'un vaisseau cinglant à pleines voiles Vers le port qui s'abrite au creux des horizons, Votre Voix, vers le havre espéré des Etoiles Nolise l'Idéal sur l'océan des Sons !

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