A MA CHÈRE FEMME
Les Rades : le Départ, le Retour. Heur, Malheur. C'est l'inconnu, la nuit; le pire ou le meilleur Guette celui gui part, va débarquer, ou meurt.
Les Rades : le Départ, le Retour. Beau voyage Autour du monde offrant son multiple visage ; Le périple s'achève au port par un naufrage...
Met à la voile un brick par gros temps de noroît. Le calme est survenu lorsque, dans un détroit. Une lajne de fond V accable : il coule droit.
Il allait pêcher la jnorue à Terre-Neuve, A la grâce de Dieu ! Plus d'une sera veuve En Bretagne, pays des femmes dans l'épreuve.'
Des sycomores, des cyprès. Un souriant
Paysage touffu, profond, luxuriant ;
Un ciel rose et païen, et c'est tout l'Orient l
Entre la mer, l'azur, double miroir, asile Qui s'ouvre au voyageur radieux, une ville, Enchantement des yeux et du cœur, se profile.
Mon â7ne a navigué.partout : ici, là-bas,
Côtoyé la banquise et frôlé le trépas,
Se cherchant elle-même et ne se trouvant pas.
Mon âme s'est trouvée et, dans la rade sûre, A jeté l'ancre pour toujours ; désormais pure. Apaisée, à l'abri de l'ancienne aventure.
Confiante, appelant le bonheur éternel, Ne voyant que le but unique, essentiel, Elle espère la rade ultime, dans le Ciel I
Février 1914.