‹ Les radesChapitre 35 sur 47 · DU CHATEAU DE COMBOUPG AU TOMBEAU DU GRAND BEY · texte numérisé non relu

DU CHATEAU DE COMBOUPG AU TOMBEAU DU GRAND BEY

Et m fus l'Enchanteur, l'Enchanteur, le Poète Des funérailles magnifiques d'Atala ; Ton verbe, inentendu jusqu'alors, consola Tout cœur ému d'amour et toute âme inquiète.

Voyageur de génie, en errant sous les cieux De ce jeune pays libéré l'Amérique, Sans doute tu pensais à ce livre féerique Qui nous ramènerait le Christ victorieux.

Comme un autre Colomb, tu crias aussi : Terre

En e ressuscitant, cet idéal perdu.

Et le Temps respira pour avoir entendu

Le Cri de Foi jailli de ton cœur solitaire.

Tout le siècle d'hier vient de toi ; tu le tiens

Dans ta main droite ainsi qu'un empereur le monde ;

Et s'il est un espoir sur qui leur cœur se fonde,

Les hommes d'aujourd'hui l'ont, parce qu'ils sont tiens.

Une dette éternelle à ton œuvre nous lie : C'est par toi que notre âge à plus de rêve est né. Et tristes, nous aimons notre frère René D'avoir mis dans l'amour tant de mélancolie.

l68 LES RADES

En face de la mer, sur ce rocher qu'élut Ton orgueil de Malouin pour en faire une tombe D'où ta clarté sortît à l'heure où la nuit tombe, Sous la Croix allongé, Chateaubriand, salut !

Fils comme tes aïeux de la terre bretonne. Tu l'as aimée au point de vouloir y dormir ; Une immense fierté doit en elle frémir De ce gage dernier d'amour que tu lui donnes.

Dors en paix, rien de ta gloire n'a succombé;

Ta mémoire survit parmi nous, immortelle;

Et notre souvenir va, pèlerin fidèle,

Du château de Combourg au tombeau du Grand-Bey !

Victor Hugo

yeui dans ma blonde enfance, hélas ! trop éphêvûre, Irais maîtres : un jardin, un vieux maître tt ma mère. Le jardin étatt grand, profond, mystérieux.

Pi;ï; memoria; mei amici Pierre Fons.

SUR le mystérieux jardin des Feuillantines Que, tout le jour, au vol de gaîtés enfantines, Ont traversé les cris joyeux, les rires fous, Voici venir Vesper silencieux et doux.

Mais ne dirait-on pas que s'arrête l'horloge Du temps et qu'à ses lois la nature déroge ?

Par quel enchantement de quel magicien

Se fait-il que rien dans les Feuillantines, rien

Ne s'obscurcit, pas même un commencement d'ombre !

A mesure que l'heure avance, l'on dénombre

Les rameaux et la feuille, et c'est une clarté

Grandissante de plus en plus : un jour d'été I

D'où vient donc que ce soir fuit l'ombre coutumière ?

C'est le front d'un enfant qui fait de la lumière !

Alors un entretien profond S'engage entre l'Enfant Sublime Et la nature qui s'anime, Qui le comprend et lui répond...

— Visions où l'esprit s'abîme ! —

Tandis que descendant des cieux Par l'escalier clair des nuages.

S'assemble, pour lui rendre hommages, La multitude des images Autour du iront prodigieux !

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