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I.S4 ^-^-^ PADF.S

Les Voix ! Les Voix ! A Reims il faut aller sans crainte,

Car c'est à Toi D'y mener le gentil Dauphin que l'huile sainte

Va sacrer Roi.

Les Voix ! Les Voix ! La France est belle aux jours de fête !

Vive le Roi !

Et tu peux, maintenant, Jeanne, ton œuvre faite.

Pleurer sur Toi !

Des lys ! Jetez des lys ! Que les routes soient blanches Sous cette aube de gloire oij s'ouvrent !es destins ! Des lys ! Jetez des lys ! Voici, dans les lointains, Triomphale, passer la Vierge des Revanches !

C'est la fille du ciel et la sœur des héros. Elle ressemble aux visions surnaturelles Qui surgissent parmi les meneaux des tourelles Quand la pourpre du soir enflamme les vitraux.

A SAINTE JEANNK d'aRC, GARDIENNE DE LA FRANCE l85

Quel éblouissement fabuleux d'épopée !

Le glaive au poing, comme un Archange merveilleux

Elle conduit à la victoire des Aïeux

Tous les vaincus d'hier que guide son épée !

Mes voix ! Mes Voix ! Que la défaite des Anglais ' Nous lave pour toujours de la honte où nous sommes Artisans et bourgeois, vilains et gentilshommes, Chargeons I Sus, sus, à la rescousse, tuons-les !

Comme prise par des rafales inconnues, Jeanne se redressait miraculeusement Sous le regard de Di^u l'aimant et l'animant. La conseillant en de célestes entrevues.

O Jhesu-Maria ! Quand il flottait au vent, Cet étendard avec ces noms divins, devise Qui la faisait mener à bien son entreprise, Tous devant s'inclinaient, de même qu-e devant

Son fanion où sied la \'ierge, et sa bannière Où figure « le Roy du Ciel en majesté », Près de saint Gabriel et Saint Michel, clarté Dont s'auréolera la victoire dernière.

l86 LES RADES

Pourquoi le ciel est-il- rouge, couleur de sang ? De la fumée avec des lueurs d'incendie... Voyez ! Voyez ! une sanglante tragédie Se déroule sous le soleil s'obcurcissant...

Il est midi. L'heure des Voix ! La populace S'assemble en foule sur la place

Où sonne douze coups le clocher du beffroi.

De ces maudits Anglais, marchant en désarroi, Chacun se pousse et se harcèle

Vers le bûcher sinistre évocateur d'effroi

Oij l'on verra brûler l'hérétique Pucelle.

Il est midi. L'heure des Voix ! L'heure des Voix

Meurs tranquillement, Jeanne de Lorraine, Bénis tes bourreaux, domine la haine.

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