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VL LES TEMPS

// occupait le haut du monde dans les âges. V. H.

Au fond du temple sombre où Puvis de Chavannes

D'un pur et suave pinceau A fixé l'Idéal en fresques diaphanes,

Le poète à présent repose. Son tombeau,

— Secrètes volontés divines — Est proche du jardin mystérieux et beau

Où son enfance en fleurs cueillit les églantines ;

Sur le dôme du Panthéon Souffle le vent qui vient des vertes Feuillantines.

Victor Hugo, ton œuvre est inscrite au fronton

De notre siècle qu'elle honore, Formidable labeur et formidable nom !

De ton adolescence, éblouissante aurore,

A ta fin, coucher de soleil, Génie épanoui comme une immense flore ;

Poète, à quelque surhumain berger pareil.

Qui menais paître sur les cimes, Dans un tumultueux et farouche appareil,

Tous les rêves de tous les temps, troupeaux sublimes ;

Que Banville, avec piété, Nomme le Père ; qui liais rythmes et rimes

A ton char ; dont le vers avec sérénité

Dépassait les plus hauts nuages, Loué sois-tu, toujours, en l'immortalité,

Hugo, l'un des sommets du monde dans les âges 1

Mai iQoi.

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Le Pays

Lei marins ont dit aux oiseaux de mer : « i^ous allons bientôt partir pour l'Islande.

Charles Le Goffic.

LE Goffic et Bopartz, poésie et musiq^ue, En vrais Celtes, et pris d'un même enivrement, Ce soir montrent l'Armor à Paris l'acclamant Pour sa grave beauté, fière et mélancolique.

Et la réplique de l'orchestre à la réplique

Du poème répond avec emportement

Oa douceur ; et leurs voix racontent le tourment

De ton Ame, mam-goz, changeante et nostalgique.

L'Islande a disparu. Nous sommes envahis Par la bruyère et les ajoncs. Voici la sente Qui mène au cimetière où dorment les « péris

En mer » ; et tout à l'heure on verra la descente Au port des Paimpolais qui partent... Le Pays, C'est toute la Bretagne invisible et présente !

I 6 Avril iyi4

A Sainte Jeanne d'Arc,

Gardienne de la France

Est-ce qu'il na pas été dit que la France serait perdue par une femme, et ensuite sauvée par une Vierge des Marches de Lorraine ?

(Prophéties de Merlin.)

Jhesu Maria... Foy d'Angleterre, se ainssi que ne le faites, je suis chiej de guerre et, en quelque lieu que jt atteindre, vous gens en France, je les en Jeray aller, veultent ou non veullent ; et se ne veullient obéir, je les ferai toulx mourir et, si ils veullient obéir, je les prendray à mercy.

(Procès, V, 96.)

Plus grande que les ducs, les bâtons et les ccmtes,

La petite bergère, aux clameurs des hérauts.

Lève, superbement dorés par les vitraux,

Ses yeux, soleils d'honneur dans la nuit de nos hontes !

Et le rayonnement de son visage est tel

Que le peuple enivré s'agenouille et Vacclame,

Et croit voir y dans les plis de sa blanche oriflamme,

La P ierge descendue aux marches de l'autel.

Louis TltRCELlN.

A SAINTE JIi:\NNF, I) AF<C, GARDIENNE DF. LA FRANCE I !S I

A Gaston Armelin.

OR, dans le beau pays navré par la soutTrance, Les joyeux ménestrels avaient tu leurs chansons. Et, du mélancolique azur des écussons Se détachaient les lys pris de désespérance, Et les cloches tintaient de suprêmes frissons Pour la grande pitié du royaume de France.

Que ce fût par les grands chemins ou les sentiers, On n'oyait que des cris — un enfer de vacarmes — Les boucliers grinçaient au heurt brusque des armes. Et sacrant, massacrant, criant « Pas de quartiers ! » \'rais loups faisant surgir alarmes sur alarmes, De compagnie allaient ribauds avec routiers.

En ce temps lamentable, aux Marches de Lorraine, Dans la paix du Seigneur et l'amitié des saints. Loin du péché mortel etdes'désirs malsains - Qui contristent la bonne Vierge souveraine, Vivait, pour accomplir de glorieux desseins, Une idéale enfant de vertus toute pleine.

Elle s'appelait Jeanne et gardait les troupeaux, Ou cousait et filait la laine avec sa mère. Jamais un mot méchant, une parole amère. Pieuse, elle craignait le diable ei ses suppôts, Aussi pure qu'un ange et ne songeant qu'à faire La volonté de Dieu partout et sans repos.

En ces heures d'angoisse où la France est meurtrie Par l'Angleterre, au Bois-Chesnu Jeanne pleurait ; Car son âme enfantine était l'écho secret De toutes les douleurs de la chère patrie ; Et son pâle sourire avait comme un regret Quand ses compagnes, la surprenant si marrie, Lui demandaient, avec un petit air discret, Si peut-être à la danse elle consentirait...

Midi sonne, un beau jour d'été. Le ciel s'éclaire

Subitement et, dans l'aveuglante lumière,

Jeanne écoute les voix qui viennent a de par Dieu » !

Apparaît saint Michel, puis sainte Catherine,

Puis sainte Marguerite : ô vision divine !

Jeanne, obéis aux voix qui viennent « de par Dieu » !

A SAINTE JEANNE d'aRC, GARDIENNE DE LA FRANCE lS3

Bergerette, je vais avec ma belle armée.

Et sans délais, Vous bouter tous hors de ma France bien-aimée,

Maudits Anglais !

Les Voix ! Les Voix ! Courage, ô Jeanne la Pucelle !

Assez de pleurs Et pars sur un cheval dont le fer étincelle,

De Vaucouleurs.

Les Voix ! Les Voix ! Poursuis ton œuvre de vengeance

Vers Orléans, Et fais que partout soit détruite cette engeance

De mécréants.

Les Voix ! Les Voix ! Que tous, songeant au beau royaume

Qui va périr Sans Toi, fixent les yeux sur l'acier de ton heaume,

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