SCÈNE III
BRIZEUX
BRizEux, la suivant des yeux.
Ah ! vis au seuil de ta maison, Enferme tes regards dans le même horizon, Garde loin de tout rêve et de toute chimère Ta pureté d'épouse et ta candeur de mère. Car ce bonheur qui va de l'époux à l'enfant Par sa simplicité de tout mal te défend. Demeure ainsi toujours. La part est la meilleure De ceux-là qui jamais ne connaîtront le leurre Du désir torturant et du rêve insensé ; Si j'ai voulu que tu renaisses au passé, Si j'ai tenté d'en rallumer en toi la flamme, C'est que sans y penser je te prêtais mon âme. Pardonne! Suivons donc chacun notre destin : Toi, va les yeux baissés vers un bonheur certain. Pour les tiens seulement gardant ton âme chaste ; Moi, j'entre tristement dans la route néfaste Oij jouet de la foule aux caprices divers, A tous je livrerai mon âme avec mes vers !
Pour les M,iens. I. Mon grand-père