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Les Rafélis

J^T^oseph-Barthélemy, fut le fils de Joseph de Rafélis, &AW seigneur de Broves et de Clamagnan, et de Franlyjfl? çoise de Lombard de Gourdon ; son grand-père fut Melchior de Rafélis de Broves, avocat.

Il fut marié vers 1713, à Anne-Marguerite de Glandevès du Gastelet.

« Mariage de Joseph-Barthélémy de Rafélis de Broves et de Saint-Roman, fils de Joseph de Rafélis de Broves de Glamagnan, et de Françoise de Lombard de G ourdou ;

et d'illustre dame Anne-Marguerite de Glandevès, fille de haut et puissant seigneur Jean de Glandevès, baron du Gastelet et autres places, et de haute et puissante dame de Flotte d'Agoult, de Saint-Auban et autres places ». Ce mariage est de 17 13. Les témoins de ce mariage sont : « Monsieur François de Glandevès, baron du Gastelet, grand sénéchal deCastelane, frère de la mariée ; Monsieur Jean-Joseph de Rafélis, capitaine au régiment d'Esgrigny, frère du marié ; noble Jean-Barthélemy de Rafélis de Glamagnan ; dame Louise de Rafélis, dame de Pontevès ; Augustine de Brace ; messire de Castelane, seigneur de Vauvarnay ; Anne de Dcmandols, comtesse de Sainte- Tulle ; Marguerite de Glandevès, gouvernante (sic) de Draguignan ; Anne de Flotte d'Agoult ; Aimée-Pierrette de la Perière, dame de M eaux ; Pierre (1) de Glandevès, chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem ; Joseph de Flotte d'Agoult, prieur de Saint-Auban ; Pierre- André de Glandevès, chevalier de Saint- Jean-de- Jérusalem ; Honoré de Raimondis, lieutenant-général civil et criminel, gouverneur de Draguignan ; François de Ghailan de Mourriès ; Gaspard de Pontevès ; noble de Perrache ; marquis de Villeneuve Bargemont ; Balthasard d'Audebert ; Caille, seigneur de Favas ; Honoré de Flours, seigneur de Meaux : Joseph de Gaillotte, seigneur de la Roque, lieutenant-colonel d'infanterie ; Joseph de Raimondis, seigneur d' Allons ; Pierre de Perrache, seigneur de Yillehaute ; tous pères, mères, oncles, tantes, frères ou cousins des nouveaux mariés (•->). »

Cette seconde alliance avec les Glandevès est une des plus belles que la famille deBrovesait contractée. Les barons du Castelet étaient une branche issue au XIVe siècle, d'Isnard de Glandevès, surnommé le Grand. Lorsqu'il

(1) Ce personnage devint commandeur de Malthe, et lieutenant général des armées navales.

(2) Contrat de mariage qui est actuellement entre les mains de Madame la comtesse de Broves.

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mourut, il ordonna qu'à ses funérailles, il y aurait de chaque côté de son cercueil deux chevaliers montés sur deux chevaux de quinze florins d'or chascuns ; ces chevaliers devaient être vêtus l'un de blanc, et l'autre de noir, et ils devaient porter chascun une bannière, sur lesquelles seraient brodées ses armoiries. Les armes des Glandevès du Gastelet, étaient d'or à trois fasces de gueule ; pour devise ils avaient adopté le sobriquet que le roi René avait donné aux Glandevès : « Fierté de Glandevès ».

Ce mariage fut béni de Dieu; nous voyons, en eftet, que Joseph-Barthélémy et Anne-Marguerite de Glandevès, eurent dix-huit enfants.

Jean-Joseph, né en 1715, devint lieutenant-général des armées navales, et grand'croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis.

Françoise, née en 1716, fut religieuse à Gastelane.

Pierre-Barthélémy , né en 1717, mort en 1722.

Pierre-André, né en 1718, devint vicaire général de Fréjus, et prévôt de l'église collégiale d'Ampus, puis de l'église cathédrale de Toulon.

M arie-Anne-Ludiçine, née en 1 721, ne vécut que trois jours (1).

Jean-Baptiste-Hippolyte, né en 1721, mourut en 1730. (2)

Marie-Magdeleine, née en 1722, épousa Jean de Thoas, de Celles.

Augustin, né en 1724, mourut au bout de quatre mois.

Marguerite-Delphine, née 1725, mourut à l'Age de 23 ans, en 1748.

Antoine- Alexis-Gabriel, né en 1726, ne vécut que trois mois.

(1) Note de mon père.

(2) Note de Monsieur Mireur.

Jacques-Victor, né en 1727, garde du pavillon amiral, fut tue dans un combat naval contre les Anglais, en 1747-

Jean-François, né en 1729, fut maréchal de camp, et député aux Etats-généraux de 1789.

Marie- Jeanne, né en 1730, ne vécut qu'un an (1).

Thérèse, née 1732, ne vécut que deux ans (2).

Marie- Marguerite, née en 1733, épousa César Chauvet d'Allons.

Marthe-Charlotte, née en 1735, décéda en I742«

Claude-Henri-César , né en 1737, devint garde du pavillon amiral, puis enseigne de vaisseau, et fut tué dans un combat naval, en 1757.

Joseph-Barthélémy passa sa vie au village de Brovès ; tous ses enfants, en effet, sont nés à Brovès, et ceux qui moururent en bas âge, oujdans leur jeunesse, furent ensevelis, ainsi que le constate l'état civil de la paroisse, dans l'église paroissiale de Brovès. L'on se représente ces funérailles humbles et modestes, célébrées au milieu de la solitude des montagnes, en présence de paysans dévoués à leur maître, dont l'attitude respectueuse constituait la seule pompe de ces obsèques. Il faut toutefois remarquer que la meilleure aristocratie de Provence assiste aux baptêmes des enfants de Joseph-Barthélémy, et les présente devant les modestes fonts baptismaux, qui existent encore tels qu'ils furent à cette époque : François de Pontevès, chevalier, seigneur de Bargème ; Pierre de Raimondis, capitaine au régiment de la marine ; Marie de Flotte d'Agoult, baronne de Glandevès ; Pierre de Glandevès, chevalier de Saint- Jean-de- Jérusalem ; la marquise de Saint-Jouan ; François-Alexandre de Blacas, oflicicr des galères ; Gabrielle d'Agay ; François de Raimond,

(1) Note de mon père.

(2) Ibid. Ibid.

commandeur de l'ordre de Malthe, sont tour à tour, avec bien d'autres, parrains et marraines, et font le pénible voyage de Draguignan à Brovès, pour être « agréables à Madame de Broves ».

En 1729. Joseph-Barthélémy acquit une portion importante de la terre de Broves. La requête qu'il présenta pour l'hommage, investiture et dénombrement d'une partie de la terre de Brovès, acquise de Monsieur de Pontevès, par Joseph-Barthélémy, existe encore (i).

w Vente d'une partie de la terre de Broves. Messire François de Pontevès, seigneur de Bargème, de Saint- Laurent et conseigneur de Brovès, vend et transporte à messire Joseph-Barthélémy de RafTélis (sic) de Broves et de Saint-Roman, la portion qu'il possède dans la seigneurie de Brovès, l'autre portion appartenant audit sieur de RafTélis. Il lui cède sa moitié de juridiction haute, basse, moyenne, mère, mixte, impère, directe, universelle, droit de rétention féodale, lods, tasques, cas impériaux, droits, devoirs, honneurs, prééminences, vend, désempare le château, et bâtiments, etc., etc., etc. Ledit de Pontevès, s'engage à ne plus prendre le nom de Broves. Vend autre maison, sise au village, pigeonnier, prés et jardins.

Le tout, au prix de 3o.ooo livres, lesquelles seront (( payées « aux risques et périls du sieur de Broves, au « chasteau de Saint-Laurent, où réside le sieur de Ponte- « vès. Ledit de Pontevès, qui avait assigné les revenus de « Madame Je Tournon, sa mère, sur la terre de Broves, « s'engage à les assigner sur une autre terre (2) ».

La même année 1729, nous voyons « noble Barthélémy- Joseph de RafTélis de Broves et de Saint-Romain (sic) être parrain, au baptême de Françoise de Rafélis, fille de Jean-François, seigneur de ïourtour, et de Marie-Marthe du Puget (3).

(1) Entreles mains de la comtesse de Broves, à Marseille.

(2) Cartulaire do Tour tour.

(3) Eiat civil de Draguignan, 1729, 9 février. Folio 195.

En 1707, Joseph-Barthélémy assiste, en qualité de témoin, à l'acte public par lequel « Angélique de Pontevès, fille à feu messire Antoine-François de Pontevès, marquis cludit lieu de Pontevès, et de dame Marguerite d'Andréa, marquis dudit Pontevès, ayant quitté le monde, et s'étant remise en la compagnie des Reverandes (sic) religieuses de Sainte-Ursule, du couvent de cette ville, ayant fait son noviciat, prie et requiert la révérende dame supérieure, et les autres dames dudit couvent, de la vouloir recevoir en leur compagnie, pour sœur et religieuse du chœur, pour vivre et mourir dans ledit couvent et monastère....

« A cette cause, par devant nous, notaire royal, apostolique de cette ville soussigné, et témoins bas-nommés, furent présentes : dame Catherine de Robert d'Escragnolle, supérieure ; sœurs Elisabeth de Romégas, assistante ; Marie Gabrielle de Villeneuve Tourrette, zélatrice ; Elisabeth de Raphaélis de Brovès, économe ; Jeanne de Bernardy et Glaire de Poitavin deMallemoisson, conseillères; lesquelles, de leur plein gré, et capitulairement assemblées, ont reçu ladite demoiselle de Pontevès, pour sœur religieuse professe de chœur.

« La dame d'Andréa donne à sa fille « pour dotation spirituelle », mille neuf cents livres, et trois cents livres de bardes, et une pension viagère de vingt-quatre livres par an.

« La demoiselle de Pontevès fait cession des biens qui lui peuvent revenir, à messire Elzéar de Pontevès, marquis de Pontevès, son frère.

u Fait et publié à Draguignan, dans le parloir dudit monastère, en présence de maître Barthélémy Goirand, avocat, et de noble Joseph-Barthélémy de Raphaélis, seigneur de Brovès et de Saint-Roman, témoins requis, et signés avec les parties.

« Signé : la marquise de Pontevès, le marquis de Pontevès, de Brovès, Goirand, et Rey notaire (1). »

(1) Etude de M* Second Rey, 1707 à 1741, folio 80.

LES RAFÉLIS II

Sœur Angélique était la nièce de Jeanne de Pontevès, première femme de Joseph de Rafélis de Broves, seigneur de Clamagnan ; elle était donc par alliance la cousine germaine de Joseph-Barthélémy.

Noble Joseph-Barthélémy, fut du nombre de ces gentilshommes qui vivaient et mouraient dans leurs terres ; honnêtes gens ; grands chasseurs ; surveillant eux-mêmes leurs fermiers et leurs cultures, exerçant leurs prérogatives de haute et basse justice, et ne consentant à habiter leur maison de ville qu'un mois ou deux pendant l'année, afin de cultiver leurs relations sociales, et de respirer tant soit peu l'atmosphère mondaine, tout juste assez pour prendre ou pour conserver ce qu'on appelait alors le bel air. Joseph-Barthélémy retenu à Brovès par ses goûts particuliers, ou par ceux de Marguerite de Glande vès, sa femme, ou par le besoin d'économie que lui imposait sa nombreuse et toujours croissante famille, ne laissait pas que d'aimer la bonne compagnie ; aux montagnes de Brovès, il savait donner de l'attrait ; et celui-ci, joint aux charmes de l'amitié, amenait à Brovès de nombreuses caravanes d'amis et de parents. Il semble que les naissances presque annuelles des enfants, que Dieu ne cessait de lui d onner, lui fournissait une continuelle occasion de posséder dans son château tout ce qu'il y avait de mieux dans cette partie de la Provence.

Le château ou maison noble de Broves, existait avant que Joseph-Barthélémy ne l'eût acquis des marquis de Pontevès. Il est probable (pie les marquis de Ponte \ es avaient bâti cette maison pour quelqn'un de leurs cadets ; il est possible que, pendant les guerres des Rasais, celle maison noble ait été saccagée, et qu'elle ait été ensuite rétablie, sans recevoir toutefois les compléments féodaux, tours ou tourelles, que les anciens seigneurs ajoutaient d'habitude à leurs demeures. Il est certain cependant que Joscph-Barthélemy a réparé et restauré cette maison, ci que c'est lui qui lui donna le caractère et la disposition qu'elle conserve encore. Nous en avons admiré l'admira-

ble symétrie, la savante et commode distribution, le grand air de noblesse et d'élégance. L'organisation intérieure et extérieure de cette demeure bourgeoise, témoigne que celui qui en fut l'auteur, fut un homme dégoût. En parcourant les nombreuses chambres de cette maison, je cherchais à me rendre compte de l'usage auquel chacune avait dû être consacrée, je retrouvais ou m'imaginais retrouver celle de madame de Glandevès, celle du précepteur, celle des nombreux enfants, et celles dans lesquelles on logeait les visiteurs, les parents et les amis. L'un des quatre angles de la maison se trouve être construit en simple maçonnerie, tandis que les trois autres sont faits en belle pierre de taille ; d'où l'on peut déduire la conjecture que, dans le principe, il y eut là une tour, ou que l'on eut le projet d'en construire une à cette place.

Il existe un registre ayant appartenu à Joseph-Barthélémy, et dans lequel il avait l'habitude de consigner les payements à lui faits pour ses droits de lods, et « ses droits d'ômage (sic) ». Le registre commencé le 27 juin 1688 est écrit de la main de Joseph-Barthélémy jusqu'au 17 novembre iy53 ; il porte en marge ces mots : « Le droit de lod m'est dû depuis le 27 octobre 1729, jour de l'acte passé avec M. de Bargème, pour sa portion de la terre de Brovès. » Par ce registre nous voyons que les de Broves avaient pour voisins les Bargème, les Ghateaudouble, les barons de Claviers. « Emmanuel de Beaudrier de Ghateaudouble paya trente livres, le 3o août 1748, pour droit de lod, d'un pré situé dans la plaine de Labis, qu'il a acquis de messire Jacques Fabre, prêtre, pour le prix de trente livres. »

« Le i5 octobre 1761, Joseph-Henri Isnard paya droit de lod, pour un bouc remis à M. Second. »

La commanderie de Comps, de l'ordre de Saint-Jean-de- Jérusalem, était voisine de Broves, et payait des droits de lods au seigneur de Broves (1).

(1) Acte de paiement du 29 août 1738.

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Sur le verso de la couverture en parchemin de ce registre, l'on trouve ces notes singulières :

« Le rayoou me doit trois livres moins un sol pour prix de quarante-trois livres de plomb. » L'on avait bien raison de dire que Joseph-Barthélémy a dû user largement de ses droits de chasse ; la présente note, en effet, indiquerait, ce me semble, qu'il avait soin d'être abondamment pourvu de poudre et de plomb, et qu'il en avait à revendre. — Autre note intime écrite sur le verso du livre : « Je dois au rayoou une livre de plomb, une livre de pignons et de corinte, (fruit du pin pignon et raisin sec), trois livres de sucre, sept sols de canelle, quatre livres de coton, trois livres de savon, seize sols de muscade, poivre et gérofle. »

Dans une autre note écrite sur une feuille volante, il est dit : « Il faut envoyer du cafl'é à mon père. » De tout cela il semble probable que Joseph-Barthélémy avait des goûts modestes et délicats, et qu'il fut un homme d'intérieur, ne dédaignant pas de s'occuper des plus humbles détails de ménage.

A la date du 4 décembre 1733, il est dit : « La communauté de Broves me doit un demi-lods de dix ans en dix ans, pour l'achapt (sic) qu'elle a fait de la maison claustrale, et unie (et qu'elle a unie) à la vicairie, par acte du 6 octobre 1678, chez Parcimont, notaire à Gomps, pour la some (sic) de cinq cents livres. »

Qu'était-ce que le droit de lods ? Lorsqu'un bourgeois ou paysan, ou personne quelconque, faisait l'acquisition d'une maison, d'une fénière, d'une écurie, d'une terre, d'un pré, d'un bouc, ou bien lorsqu'une personne échangeait un de ces objets contre d'autres objets de même nature, ils payaient un droit au seigneur, ce droit s'appelait droit de lods ; le seigneur en recevant ce droit donnait acquit de la somme versée, et décernait de plus l'investiture desdits objets au nouveau propriétaire. Quelquefois le seigneur faisait grâce de tout ou partie de ce droit de lods, lorsque, par exemple, l'acquéreur consentait

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à soumettre l'immeuble acquis à quelque obligation féodale, à laquelle il n'était jusques là pas soumis. « J'ai tenu quitte de droit de lods, Suzanne Gaitte, veuve de Jean Gaitte, en considération de ce qu'elle a assujeti sa maison à la tasque (1). »

Joseph-Barthélémy était un homme méthodique, et habitué à se rendre compte des raisons de ses actes. Il tenait avec soin registre de ses actions et de ses intentions principales ; il avait, nous le savons de lui-même, un livre de raison. Ce livre de raison et celui de Joseph de Glamagnan, son père, se sont perdus pendant la révolution. « Jean Lyons, dit Perchier, m'a payé les lods pour les deux terres qu'il a acquises au quartier de la Lubis, de Jeanne Fabresse ; il n'a ny acquit, ni investiture. Les mêmes terres, ayant été acquises ensuite, par Jacques Fabre et Milaure, je les ai retenues, aux conditions marquées, dans mon livre de raison, à la page 52. »

Joseph-Barthélémy était scrupuleux observateur des principes de la justice distributive, il réfléchissait longuement sur les déterminations qu'il avait à prendre dans ses démêlés avec les paysans ; et lorsqu'il avait pris une décision, on sent qu'elle devait être définitive et irrévocable. Voici de ce fait un exemple curieux : « Antoine Lautier de Brovès m'a payé le lods me concernant, de l'acquisition, par lui faite d'un préd, appartenant (sic) à Antoine Colas, dudit lieu ; de laquelle acquisition, je lui ai donné quittance et investiture, aux paches accoutumées, le 21 octobre i693, notaire, Parcimont, de Comps. Et le 2 novembre suivant, luy ai faict remettre, par M. le vicaire, huit livres, parce que je les luy devais ancore (sic), ou j'ai creu les luy devoir, pour ample satisfaction ; car en i689 et i69o, qu'il me quita de la seconde paye de la vente de la maison, je luy dis que je ne luy devais plus qu'un écu, et luy ayant dit de me quiter (sic) des int (sic), ayant excusé l'escu du principal, avec les droits qu'il me devait,

(1) Registre des droits féodaux de la terre de Broves.

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il me les quita en i69i. Ce 24 octobre, je me souvins que ladite paye de la vante (sic) était de cinq livres. Ce pourquoi je lui debvais par insi (sic), ancore deux livres, avec int (sic), depuis Saint-Michel 1676, qu'était seize années et un mois, montant le susdit intérêt à trente-deux sols, deux deniers, lesquels joints aux deux livres principal, faisaient trois livres douze sols deux deniers, et je luy quita trois livres, cinqMeniers, qu'il me debvait ; de sorte que je demeura (sic)}, son débiteur de sept livres, deux deniers ; les intérêts desquels, jusquesau présent jour, que je lui ai donné les huit livres, qu'est le 25 novembre 1^93, pour deux années et quelques jours, (mots effacés), un mois, montent dix deniers. C'est pourquoy les ayant joints aux sept livres deux deniers, cela fait les huit livres, que je luy ay fait donner par M. le vicaire ; moyennant quoy il « ne faut plus absolument penser à cela à l'advenir, et faut « l'oblier entièrement ; car assurément il est bien satisfait ; « et depuis la mort de feu mon père, je luy ay faict tou- « jours beaucoup plus de grâces que je n'en ai receu de « luy, pour raison de droits de lods, que nous nous « devieons, et fault n'y plus panser (sic) tant à l'égard de (( cette vante de la maison, que pour tout ce qui concerne « ledit Lauthier. J'y ai repansé et suis du santiment d'o- « blier entièrement tout cela (1). » Cette dernière phrase est écrite, avec une encre plus noire que celle avec laquelle a été écrit tout ce qui la précède, et cela indique clairement que Joseph-Barthélémy, après avoir écrit, a fait de nouvelles réflexions, lesquelles confirmant les premières, il a cru devoir, une fois de plus, écrire à nouveau sa décision, pour marquer qu'ayant repansé à ce qu'il avait précédemment écrit, il croyait devoir confirmer ses premières écritures : « J'y ai repansé, et je suis du santiment d'oblier « entièrement tout cela. »

« Le sieur Barthélémy Fabre, ayant acquis un jardin de Joseph Fabre, je luy ai fait acquis du lods me concer-

(1) Registre manuscrit en ma possession.

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nant, le luy ayant quitté gratuitement, le 25 septembre i699 ; il faut encore luy faire grâce, à la première occasion, pour la raison que j'en ai, qui est pour reconnaistre ses services, avant que nous fussions mal ; luy ayant fait payer lesdits lods, quoique j'eusse l'intention de les lui quiter par reconnaissance, et, au surplus, ne suis tenu à rien autre (i). »

Le livre de Joseph-Barthélémy peut donner une vague idée de ce qu'était à cette époque le village de Broves. Il y avait pour lors, comme habitants principaux, un vicaire perpétuel, une famille Fabre, assez aisée pour avoir pu fournir un prôtre à l'église, une autre famille, les Lauthier, gens dont nous avons déjà parlé, et qui furent de tous temps les ennemis de nos parents ; il y avait dans le pays un maréchal-ferrant, et il était en compte-courant « pour les ferrures des chevaux et des mulets de la maison . )) Il y avait encore un chirurgien ; les actes publics se passaient, soit chez le notaire, qui résidait à Gomps, soit chez celui, qui était à Bargemon. Il y avait à Brovès des tisserands, des journaliers, et quelques petits propriétaires. Nous trouvons le nom des trois chemins ou rues, que l'on voit encore au village de Broves, l'un s'appelait rue de la Fontaine, l'autre rue du Four, et l'autre rue du Duc (?). Les gens du pays avaient presque tous, à côté de leur nom, un sobriquet. Voici les principaux : « Boniface Maifred, dit Bourbon ; Jacques Fabre, dit Milord ; Balthasar Fabre, dit lou Rougé ; Espérite Magnard, dit le Brun ; Pierre Fabre, dit Callos ; Jean Lezous, dit Pécaire ; Pierre le Bouvier, dit Sans-Souci ; Joseph Léonard, dit le Crevé ; Jacques Imbert, dit Bourbon ; Honoré Honorât, dit Catinat ; Joseph Laugier, dit la Grandeur ; Honoré Laugier, dit Ménagié ; François Gaitte, dit Bourbouillade ; Jean Gaitte, dit lou Mestré ; Honoré Gâitte, dit lou Merle ; François Fabre, dit lou Senec ; Honoré

(1) Ibidem.

Paturel, dit Coutel ; Pierre Fabre, dit Gaillard ; Antoine Maria, dit Fidelon.

Joseph-Barthélémy vécut soixante-treize ans, et mourut le 27 février 1758. « L'an 1^58 et le 27 février, dans la nef de l'église paroissiale de Broves, a été enterré noble Joseph- Barthélémy de Rafélis, seigneur de ce lieu, et de Saint- Roman, âgé d'environ soixante-treize ans, après avoir reçu les sacrements de pénitence, d'eucharistie, et d'extrêmeonction, dans le cours de sa dernière maladie, qui est décédé le 26, à quatre heures du matin (1). »

« L'an 1768, et le 5 novembre, Madame Anne-Marguerite de Glandevès, veuve de feu messire Joseph-Barthélémy de Rafélis, morte hier, à deux heures du matin, âgée de soixante-dix ans environ, a été enterrée dans la nef de cette église (1). »

Par le testament de Joseph de GLamagnan, père de Joseph-Barthélémy, nous savons que Joseph-Barthélémy était le fils aîné de Joseph, et de la dame de Lombard de Gordon ; nous savons encore qu'il eut pour frère un Jean- Joseph de Saint-Roman, capitaine au régiment de la vieille marine ; un autre frère, appelé Jean-Baptiste de Clamagnan ; une sœur, Magdeleine, en religion, sœur Saint-Louis, Ursuline à Draguignan ; une autre sœur, Isabeau, en religion sœur Sainte-Croix, supérieure des Ursulines à Draguignan (1). »

(1) Etat civil de Broves, 1758-1783.

(1) Ibid.

(1) Le testament de Joseph de Rafélis, Broves el Clamagnan existe dans les papiers ([ni sont entre les mains de Madame la comtesse de Broves. Je l'ai vu autrefois.

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