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L’ARTÈRE DU PLI COURBE

C'est la branche terminale de la sylvienne qui dès sa sortie de la scissure de Sylvius se porte d'avant en arrière, empruntant parfois l'extrémité postérieure du sillon parallèle pour aboutir au pli courbe. Elle atteint la partie la plus reculée du lobe temporal et même la partie antérieure du lobe occipital. Quand la pariétale postérieure est peu développée, il n’est pas rare de voir l’artère du pli courbe suivre un trajet légèrement ascendant et abandonner des rameaux à la partie postérieure du lobe pariétal. De même elle peut, quand la temporale postérieure est insuffisante, assurer l'irrigation de son territoire. D'une façon constante en tous cas, elle fournit à la partie postérieure du territoire de Wernicke.Son importance au point de vue des ramollissements est encore accrue du fait qu’elle tient sous sa dépendance une partie des radiations optiques et que sa lésion entraînera par conséquent une hémianopsie. Il ne faut pas oublier en effet que le territoire dit superficiel de la sylvienne n'est pas seulement cortical, mais encore sous-cortical s'étendant profondément à la substance blanche sous-jacente,et qu'il mérite le nom de territoire cortico-sous-cortical.

Somme toute, de cette description des artères de la face externe du cerveau, il faut retenir un certain nombre de points importants au point de vue anatomo-clinique :

a) L'origine isolée et précoce de la temporale antérieure et les variations de l'importance de son territoire :

b) L'origine presque simultanée des artères ascendantes, la pariétale antérieure étant cependant assez souvent isolée des autres ;

c) La naissance à une distance assez éloignée des autres

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branches, de la temporale postérieure et de la pariétale postérieure formant ainsi avec l'artère du pli courbe une sorte de tronc commun postérieur. Il en résulte qu'une lésion artérielle siégeant sur la sylvienne après l’origine des artères ascendantes entraînera un ramollissement étendu au térritoire de ces trois artères.

Il reste encore à signaler un point important qu'il ne faut pas perdre de vue pour la compréhension des syndromes syl-

Fig. 14. — Représentation schématique du trajet des branches corticales dans les sillons de la face externe de cerveau.

viens. C’est que ces artères, surtout les artères ascendantes, cheminent dans les sillons aux lèvres desquels elles se distribuent (fig. 14 et 15). On ne saurait donc parler d’artères des circonvolutions. Ce serait une erreur qui risquerait de rendre difficile la compréhension de la topographie des ramollissements. Elle a été perpétuée jusqu'ici en raison de la nomenclature défectueuse des branches corticales donnée par Duret et les auteurs qui ont suivi, bien que Duret ait, lui-même,

signalé la situation des artères dans les sillons. Il résulte de la disposition que nous avons décrite que si la lésion est limitée au territoire d’une artère, elle ne portera pas | M. Lévy 3

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sur une seule circonvolution mais sur les parties voisines des deux circonvolutions adjacentes au sillon où elle chemine. La topographie des territoires artériels avec leur grande fixité permet de se représenter quelle sera la topographie des ramollissements du territoire superficiel de la sylvienne (fig. 16). Notons pour terminer l'étendue de ce territoire qui englobe

mm...

Fig. 15. — Coupe d’une artère dans un sillon.

presque la totalité de la face externe du cerveau, sauf une petite zone antérieure et supérieure qui dépend de la cérébrale antérieure et une étroite bande le long du bord inférieur du lobe temporal qui est l’extrême limite, en dehors, du territoire superficiel de la cérébrale postérieure.

Ainsi considéré le territoire dit superficiel de la sylvienne ne tient pas seulement sous sa dépendance la corticalité du cerveau mais encore et profondément toute la substance blanche sous-jacente, c’est-à-dire au niveau du lobe frontal, la région située en avant des noyaux gris centraux, au niveau des

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