CHAPITRE PREMIER
RAMOLLISSEMENT SYLVIEN TOTAL
La destruction massive de l’ensemble du territoire sylvien, tant superficiel que profond,est d'observation peu fréquente.On conçoit d’ailleurs qu'une telle lésion soit peu compatible avec la vie et qu’elle ne s’observe qu'à l’état de ramollissement blanc.
Envahissant la plus grande partie de l'hémisphère, dessinant très exactement le territoire sylvien cortico-sous-cortical et profond, il ne laisse indemnes que les territoires de la cérébrale antérieure, de la cérébrale postérieure et de la choroïdienne, c'est-à-dire superficiellement les faces inférieure et interne du cerveau ainsi qu'une petite zone antérieure de la face externe, profondément la totalité du thalamus, les deux tiers internes du globus pallidus, l'extrémité antéro-inférieure de noyau caudé et enfin la partie basse de la capsule interne.
Une lésion aussi massive se traduit par des symptômes massifs : le malade présente une très grosse hémiplégie avec hémianesthésie et, lorsque l’examen est possible, il décèle une hémianopsie constante. Enfin une aphasie massive également vient compléter le tableau clinique lorsque la lésion frappe le cerveau gauche (obs. T).
L'état de subcoma qui persiste après l’ictus, la faible survie des malades rend impossible une analyse plus précise des symptômes. Exceptionnellement, la survie se prolonge au delà de dix à quinze jours; dans ce cas d’ailleurs les symptômes restent sensiblement les mêmes, sauf que l’anesthésie rétrocède pour une large part.
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L’oblitération de l'origine même du tronc sylvien qui est la cause d'un tel syndrome ne détermine qu’assez rarement une atteinte du territoire superficiel aussi profonde que celle du territoire central. Dans la règle même, la nécrose, en frappant surtout le territoire proximal, c'est-à-dire profond, laisse relativement indemne le territoire superficiel et ce que l’on observe le plus souvent c’est un ramollissement profond. Mais entre le ramollissement total et le ramollissement profond, il existe naturellement des cas intermédiaires,