II. — Ramollissement pariéto-pli courbe
11 est dû à l'atteinte de l'artère pariétale postérieure et de l'artère du pli courbe. La lésion frappe donc le territoire pariétal postérieur et déborde sur la région du pli courbe (fig. 4t). Lorsque l'artère du sillon interpariétal naît isolément sur le tronc sylvien, elle peut participer quelquefois au processus.
L’atteinte de la région du pli courbe détermine dans la profondeur une lésion des radiations optiques qui engendre l’hémianopsie.
Quand la lésion porte sur le cerveau droit, l'hémianopsie est le seul symptôme. Mais quand elle porte sur le cerveau gauche, le syndrome devient plus complexe. Il est constitué par les éléments suivants (Foix) (1) : :
a) Apraxie idéo-motrice bilatérale ;
b) Aphasie de Wernicke modérée ;
c) Hémianopsie.
Nous en avons observé un cas typique dont nous rapportons plus loin l'observation complète (obs. XXVI). Elle concerne un malade de 43 ans qui depuis cinq ou six ans présentait des troubles de la parole. Ceux-ci, à l'examen apparurent modérés et de type Wernicke, caractérisés par quelques hésitations dans la dénomination des objets, sans grosses erreurs, sans intoxication par le mot ni paraphasie. La compréhension des ordres était bonne, il existait une alexie peu intense mais nette
1. Ch. Foix, Contribution à l'étude de l’apraxie idéo-motrice (Rev. neur., février 1916). :
et des troubles du caleul mental. Enfin, l’agraphie était complète, s'opposant ainsi à la modération des autres troubles aphasiques. Elle s’expliquait parla part considérable del’apraxie idéo-motrice dans ces troubles de l'écriture. Ce qui dominait en
Fig. 41. — Ramollissement pariéto-pli, courbe ayant déterminé une grosse apraxie idéo-motrice avec hémianopsie (Obs. XX VI).
effet chez ce malade, c'était l'apraxie idéo-motrice. Elle apparaissait dans les tests les plus simples, le malade était incapable de faire un pied de nez, le salut militaire et a fortiori d'exécuter des gestes plus compliqués. Il était tout aussi maladroit quand on lui avait montré la façon de les exécuter.
L'apraxie idéatoire faisait au contraire défaut.
Une hémianopsie droite enfin, complétait le tableau clinique.
L'apraxie idéo-motrice est, on le voit, un symptôme essentiel dans ce ramollissement pariéto-pli courbe. Elle indique comme
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l'apraxie idéatoire dans Le cas précédent, des lésions profondes, mais les phénomènes de l'une et de l'autre doivent être bien différenciés. Dans l’apraxie idéatoire il s’agit d’un troubleavant tout intellectuel caractérisé par la perte du souvenir des parties élémentaires d’un acte (test de la bougie). Dans l’apraxie idéo-motrice, il s’agit, au moins théoriquement, d'un trouble moteur d'ordre spécial qui se traduit par une maladresse infiniment curieuse dans l'exécution des mouvements ou des gestes commandés. à
Pour M. Foix l’apraxie idéo-motrice est un syndrome complexe qui comporte plusieurs éléments :
a) Un trouble gnosique, portant sur la représentation spatiale ;
b) Un trouble mnésique portant sur la notion de la représentation spatiale et sur la notion de l’acte même à accomplir ;
c) Un trouble praxique proprement dit portant sur l’exécution de cet acte.
Ces trois éléments dans lesquels il est facile de reconnaître les éléments constitutifs de l’aphasie de Wernicke sont associés de façon constante dans les syndromes apraxiques bien qu'ils puissent varier dans leur intensité réciproque.
L’apraxie idéo-motrice telle qu'on la retrouve ici est une apraxie relativement intense et aussi relativement durable bien qu’elle marque souvent, comme l’ont montré Von Monakow et Brun, une tendance à la régression. Dans certains cas, elle peut être définitive, maisiln’est pas rare alors d'observer deslésions bilatérales, ainsi que le démontre l'association d'une hémianopsie double {Foix, Chavany et Mme Schiff-Werthermer) (1).
L'association de l’apraxie idéo-motrice, de l’aphasie de Wernicke et de l’hémianopsie traduit le ramollissement pariéto-plicourbe typique ; l'intensité de l’apraxie doit faire soupçonner des lésions profondes du lobe pariétal postérieur.
Mais dans certains cas la lésion déborde en avant par suite de l'atteinte de l’artère du sillon interpariétal, le ramollisse-
1. Foix, Chavany et Mme Schiff-Werthermer, Apraxie idéo-motrice intense et persistante el hémianopsie double. Soc. d’Ophtalmologie, 31 mai 1926.
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ment empiète du moins sous-corticalement sur P. A. et le tableau clinique s'en trouve modifié.
On voit en effet apparaitre des troubles sensitifs et plus exceptionnellement des phénomènes hémiparétiques, le trouble de la sensibilité prédomine comme Verger puis Déjerine l'ont montré sur le sens stéréognostique et Le sens des attitudes, mais ils peuvent présenter des caractères un peu spéciaux. C’est ainsi que MM. Pierre Marie, Bouttier et Percival Bailey (x) ont observé parfois chez de tels malades un trouble de la représentation spatiale d'où résultaient des erreurs de localisation ou suivant leur expression « la planotopokinésie ». D'autres fois, les troubles de la sensibilité tout en ayant les caractères classiques sont, fait particulier, bilatéraux. M. Foix (2) qui en a rapporté quelques observations, invoque, pour expliquer cette bilatéralité, malgré l'existence d'une lésion cérébrale stricte- . ment unilatérale, l'intensité des phénomènes gnosiques et désigne de tels troubles sous le nom d'anesthéso-agnosie. Associés à des troubles d’apraxie idéo-motrice très nette, ils sont symptômatiques des lésions profondes du lobe pariétal.
IIT. — Variétés pures.
Ces deux variétés de ramollissements partiels du territoire postérieur sont les plus fréquentes. Il est rare d'observer, comme nous l'avons déjà dit, des variétés temporale postérieure ou pariétale postérieure, ou pli courbe, absolument pures.
10 La variété pariétale postérieure, dont nous ne pouvons donner d'observation anatomo-clinique, semblerait devoir se traduire par des phénomènes d’apraxie idéo-motrice, associés parfois à quelques troubles sensitifs. L'intégrité de la région du pli courbe dans de tels cas expliquerait l'absence d'hémianopsie.
1. Pierre Marie, Bouttier et Percival Bailey, La Planofopokinésie (Rev. neur., Mai 1922). Pre
2. Ch. Foix, Sur une variété de troubles bilatéraux de la sensibilité par lésion unilatérale du cerveau (Rev. neur., 1922).