L. L'hémiplégie est problématique
1° Troubles moteurs. — Aux membres inférieurs : la motilité volontaire, la force segmentaire, les réflexes sont normaux. il ny a pas de signes de Babinski.
Aux membres supérieurs : l’attilude n’est nullement celle de l’hémiplégique ; tous les mouvements sont possibles,
La face est peut-être légèrement déviée.
2 Sensibilité, — Il n'existe pas de troubles de la sensibilité ni au tact, ni à la douleur, ni à la chaleur, pas de troubles du sens stéréognostique, ni de la notion de position ; si le malade fait quelques erreurs à ce sujet, c’est seulement lorsqu'il est fatigué par un examen prolongé et même alors les réponses sont le plus souvent correctes.
3: Troubles cérébelleux. — La coordination n’est pas troublée, il
semble en être de même de la diadococinésie : les marionnettes sont mal exécutées à droite, mais le trouble paraît être dû à l’apraxie très évidente.
Nerfs craniens. — I] n'y a pas de paralysie des nerfs craniens.
Les pupilles sont égales.
Les réflexes pupillaires sont normaux,
Rien à la langue ni au voile.
En somme, intégrité absolue de la face et du membre inférieur ; troubles parétiques et de la notion de position très douteux du membre supérieur droit.
Le côté gauche est normal.
IL. L’apraxie idéo-motrice est évidente.Elle apparaît dans les tests les plus simples. Le malade est incapable de mettre la main sur la tête, de faire un pied de nez, le salut militaire, a fortiori d'exécuter des gestes plus compliqués, tels que le double anneau. Quand on lui a montré la façon d'exécuter ces gestes, il n’est pas plus adroit à les reproduire, tout au contraire, les troubles deviennent encore plus nets.
L'étude de l'écriture et du dessin mettent en lumière des troubles du même ordre, tant dans la manière que dans les résultats.
On voit 2insi très nettement, la part considérable de l’apraxie dans l’agraphie qui est à peu près complète et hors de proportion avec les troubles aphasiques.
Il n’y a pas d’apraxie idéatoire : les tests classiques « allumer une bougie » sont correctement exécutés ; le malade n’a d’ailleurs pas le regard perdu et illuminé des apraxiques idéatoires.
IT. L’aphasie est dutype Wernicke ; mais elle est modérée.
1° Parole. L’articulation des mots est correcte dans la parole spontanée. Il apparaît bien une certaine dysarthrie à la répétition des mots d’épreuve, mais on se rend compte aisément qu'il s’agit d'un trouble conceptionnel dans lequel l'élément amnésique est prépondérant, et non d’un trouble anarthrique proprement dit.
29 La dénomination des objets est bonne : il y a fort peu d’oubli de vocabulaire, les réponses sont le plus souvent exactes, comme le montre l’interrogatoire suivant :
On lui montre successivement :
Un œuf : réponse, un œuf.
Un verre : réponse, un verre.
Bol : réponse, un bol.
Tenailles : réponse, des ,tenesses, des tenailles quoi.
Fourchettes : réponse, fourchettes.
Cuiller : réponse, cuiller.
Épingle : réponse, épingle.
Allumettes, bougie, cravate, bouton : les réponses sont exactes, mais le malade n’est pas sûr de lui.
Il n'y a pas d'intoxication par le mot, ni de paraphasie.
3° La compréhension de la parole est bonne: le malade comprend et exécute les ordres simples : « Ouvrezla bouche, tirez la langue, fermez les yeux. »
S'il se trompe quand on lui dit de mettre l'index droit sur le menton, sur l'oreille, c’est du fait de son apraxie, l’ordre est en effet compris. Cependant, ilest incapable de faire l'épreuve des trois papiers et se comporte dans ce cas tout à fait comme un aphasique.
4° La lecture, au premier abord, ne paraît pas troublée : le malade lit les phrases souvent longues qu’on lui propose, qu'elles soient manuscrites ou imprimées. Cependant,quand on insiste, on finit par mettre en évidence une alexie modérée mais certaine (à noter que la vue est bonne) : les lettres isolées sont généralement reconnues, cependant le malade commet quelques erreurs: prend un P pour un V, un M pour un F. Dans la lecture des phrases, d’abord assez correcte, le malade finit par se tromper, par déformer les mots ou les membres de phrase, et l’on voit apparaître de temps en temps un peu d'intoxication par le mot.
Les chiffres sont généralement reconnus, mais les erreurs ne sont pas rares. Le malade se trompe également dans la lecture de l'heure.
59 L'’agraphie est complète.
6° La mémoire est diminuée : il a pu raconter son histoire, mais il est maçon et n’a pu expliquer la façon de faire du mortier. Le calcul mental est troublé, mais il est à noter que le malade a une instruction sommaire. On lui pose des questions simples :
2 + 2 = 4 après mûre réflexion.
4 + 436 + 6 — résultats exacts immédiatement.
3 X 2-12 non 14:
Ilne sait pas faire de soustraction.
Les autres facultés intellectuelles paraissent peu touchées.
IV. L'hémianopsie est latérale homonyme droite. Fond d'œil normal. Réflexes pupillaires conservés.
L'examen des autres appareils révèle un soufile d’aortite sans signes périphériques d’insuflisance aortique, avec T. A. aû Vaquez de 20-15. Le B. W. est positif.
L'ensemble de ces troubles fait porter le diagnostic de lésions du lobe pariétal postérieur en raison de l’apraxie idéo-motrice prédominante.
Deuxième examen le 16 avril 1926. — 1. L’apraxie idéo-motrice est toujours très marquée: les gestes simples sont toujours difliciles à exécuter; cependant le malade arrive à placer son pouce sur l'oreille, le doigt sur le nez. {l fait très mal le salut militaire ou un pied de nez.
L'écriture est impossible.
Il w’y a pas d’apraxie idéatoire : l’acte de faire une cigarette après quelques hésitations vite corrigées est bien exécuté. 11 mange seul et correctement.
IT. L’aphasie est restée ce qu’elle était antérieurement.
La parole spontanée est correcte, mais la dysarthrie apparaît aux mots d'épreuve. Le malade recherche fréquemment ses mots; révélant ainsi l'importance de l'élément amnésique.
La dénomination des objets est en général bonne. Les erreurs sont rares.
La compréhension de la parole est bonne, sauf pour les ordres compliqués, mais l'élément apraxique joue sans doute un grand rôle.
La lecture est très troublée: si le malade lit correctement une ligne, il reste incapable de lire la suivante. Il ne reconnaît même plus les lettres . « C’est trop fort pour moi », dit-il.
La mémoire est très diminuée, le calcul mental est aussi mauvais que précédemment.
On ne retrouve pas plus de signes d’'hémiplégie qu'antérieurement.
Le malade est mort le 3 mai d’une affection intercurrente.
Examen du cerveau. — Hémiplégie gauche. Ramollissement de la région pariéto-pli courbe.
Les coupes du cerveau n’ont pas encore été pratiquées.
OBSERVATION XXVII (Personnelle)
Petite hémiplégie droite. — Aphasie à prédominance de Wernicke. — Trois foyers de ramollissement, un profond ancien, un du centre oval, le troisième petit au pli courbe.
Mme Mis...
Le début des troubles paraît avoir élé brusque, sans perte de connaissance, un mois avant l'examen.
1° L’hémiplégie droite est légère.
La force musculaire est diminuée plus au membre supérieur qu'au membre inférieur.
Il n’y a pas de contracture.
Les réflexes tendineux sont un peu vifs.
Le signe de Babinski est ébauché à droite (la flexion à gauche est nette).
Pas de clonus.
La face est très peu touchée, cependant la mimique est moins active à droite.
11n'y a pas de troubles de coordination ; quand le malade fait les marionnettes de la main gauche, on note un peu de syncinésie d'imitation.
20 L’aphasie.
La dysarthrie est peu marquée : la répétition des tests habituels est visiblement correcte...
L’oubli du vocabulaire est net: la malade se trompe souvent dans la dénomination des objets et présente de l’intoxication par le mot. La lecture est impossible ; elle ne déchiffre pas les mots, mais reconnaît quelques lettres isolées.
L'écriture est impossible.
Le trouble de la compréhension des ordres est des plus nets, seuls les ordres les plus simples sont exécutés,
Sur ce fond d’aphasie à type de Wernicke se greffe un état d'obnubilation assez marqué. :
La malade présente une fatigue intellectuelle très marquée; elle semble, par moments, délirante.
Il semble exister une hémianopsie, dont la recherche est rendue difficile par cet état.
11 semble qu'il n’y ait pas d’apraxie.
Examen du cerveau gauche. — Petit ramollissement ancien frappant la tête du noyau caudé et la capsule interne antérieure et un ramollissement plus récent du centre ovale responsable vraisemblablement de l'hémiplégie. Enfin, un foyer plus petit dans la région de Vernicke, plutôt pli courbe.
En eutre, nécrose sous-épendymaire de la paroi externe du ventricule latéral au contact des radiations optiques.