DÉFINITION ET PATHOGÉNIE
La colopathie muco-membraneuse, généralement connue sous le nom d’entérocolite muco-membraneuse, est une affection caratérisée par trois symptômes cardinaux :
a) conslipation habituelle, avec ou sans déhâcles diarrhéiques (celles-ci survenant en général au moment des crises douloureuses) ;
b) crises douloureuses quotidiennes ou tout au roins fréquentes, parfois à type paroxystique;
c) expulsion par l’anus, le plus souvent avec les matières, de mucus plus ou moins concrété, pouvant prendre l’aspect de fausses membranes.
Sur la pathogénie de cette affection, de nombreuses théories ont été émises : 1° l’infection; 2° la névrose; 3° la psychonévrose; 4° la diathèse neuro-arthritique; 5° l’hypothyroïdie; 6° un trouble du système neuro-végétatif; 7° la stase intestinale.
En réalité, chacune de ces théories contient une part de vérité ; aucune ne répond à tous les cas d’entérocolite muco-membraneuse.
La plupart des auteurs s'accordent à reconnaître dans le tableau clinique de l’entérocolite muco-membraneuse, nombre de symptômes d’ordre hépatique et à attribuer au foie un rôle dans la genèse de cette affection. Frantz Glénard en a même formulé une théorie hépatique. Pour lui, l’entérocolite muco-membraneuse appartient à la grande famille de l’hépatisme. Cette entité morbide est caractérisée par un trouble fonctionnel du foie, à lente évolution, à poussées successives séparées par des intervalles plus ou moins longs d’état silencieux, et caractérisé par une insu/ffisance fonctionnelle, héréditaire ou acquise, de la cellule hépatique. L’hépatisme constitue un terrain propre .à l’éclosion de maladies dites arthritiques ou de la nutrition, de même qu’un certain nombre de névropathies, de dyspepsies et de maladies propres du foie.
L'on conçoit aisément l’opinion de Glénard quand on envisage le rôle important du foie et de la sécrétion biliaire dans les phénomènes digestifs.