‹ Les rapports du foie et de la colopathie muco-membraneuseChapitre 7 sur 28 · ROLE DU FOIE · texte numérisé non relu

ROLE DU FOIE

Parmi les multiples fonctions -du: foie, l’une est d'agir par la bile sur certains aliments, l’autre de participer à la nutrition en achevant l'élaboration des matériaux utiles destinés à l’assimilation, et de transformer les substances inutiles ou nuisibles provenant de la désassimilation.

La bile n’a guère d’action sur les aliments, mais elle sert à neutraliser les acides provenant de l’estomac ou qui sont produits par le dédoublement des graisses neutres ; elle renforce l’action de certains ferments, comme la lipase intestinale ; elle favorise la transformation et surtout l'absorption des graisses; elle s’oppose à l’action coagulante de la mucinase et empêche la précipitation et la concrétion du mucus produit dans les parties supérieures de l’intestin ; elle entrave les putréfactions intestinales et, si elle ne possède pas de pouvoir antiseptique, exception faite de quelques microbes, comme le pneumocoque qu’elle est capable de détruire, elle modifie le fonctionnement des bactéries putréfactives et neutralise les poisons que celles-ci peuvent élaborer.

Les sécrétions déversées dans la cavité gastro-intestinale ont pour effet de rendre diffusibles les aliments ingérés ; les grosses molécules colloïdales sont disloquées et transformées en molécules plus petites qui s’infiltrent dans les parois intestinales pour gagner les chylifères et les radicules de la veine-porte.

Si les aliments conservaient la propriété de diffu-

sion qu'ils viennent d’acquérir, ils s’élimineraient à mesure qu'ils pénètrent dans l’économie et, toute réserve étant impossible, l'individu serait incapable de supporter le moindre jeûne. Mais ici le foie intervient pour arrêter les substances diffusibles, leur faire perdre le caractère qu’elles avaient acquis, et les ramener à l’état de substances stables ou tout au moins à l’état de grosses molécules.

D’autre part, le foie arrête le glucose que, dans Ia période digestive, la veine-porte contient en excès, le déshydrate, et, par polymérisation, le transforme en glycogène. Puis, quand le sucre du sang diminue, le foie transforme, par hydratation et dislocation, le glycogène en glycose et livre ce corps diffusible au sang qu’il emporte vers les cellules.

Le foie agit également sur les matières grasses. S'il est vrai que les poumons exercent une action primordiale sur les graisses (H. Roger et L. Binet, Traité de Physiologie), la glande hépatique est aussi capable d'arrêter les quelques gouttelettes de graisse émulsionnées que contient le sang de la veine-porte pendant les périodes digestives. Il arrête aussi les savons, et ceci est d'autant plus important que les savons sont toxiques.

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