LA TENANCIÈRE
Sirop d'orgeat ?
LE VIVEUR
C'est ça... Et deux verres.
(La tenancière verse le sirop et dispose les verres sur une table. Elle paraît à gauche.
Elle porte son costume de scène j une robe de soie grise, sur laquelle elle a jeté un manteau. Une écharpe sur les cheveux. Son maquillage doit produire Vimpression d'un maquillage de théâtre, vu à la ville,)
LE VIVEUR, allant à Elle, Ça, c'est gentil !
ELLE
Vous trouvez ?
LE VIVEUR
J'avais une peur que vous ne veniez pas ! Asseyez-vous. (Ils s'assoient.) Vous êtes toute rouge, pauvre petite caille !
ELLE
C'est que je ne suis pas démaquillée I
LE VIVEUR
Comme ça doit être malsain, ce maquillage !
d« Les RAiÈd
KLLË
Malsain ?
LE VIVEUR
Pour l'épîderme. Il y a des hommes à quî ça déplairait. (Egrillarde) Moi, c'est tout le contraire... Oui, tout le contraire I (Elle baisse les yeux.) Buvez un peu. C'est du sirop. (Elle boit) Savez-vous ce que j'ai pensé, quand ttouâ nous sommes croisés devant le théâtre ?
ELLE
Non.
LE VIVEUR
Je me suis dit : <c Cristî, la jolie fille 1 » Et vous, qu'est-ce que vous avez pensé P
ELLE
Je me suis dît: « Tiens, voilà le marchand de billets ! »
LE VIVEUR, inquiet.
Marchand de billets ?
ELLE
Je suis très myope.
LE VIVEUft
Au moins, je ne vous déplais pas?
ELLE
Mais pas du tout.
LE VIVEUR
Ces Parisiennes! On ne sait jamais ce qu'elles pensent. Ah ! je les connais, les mâtines I
BLLB
Ah oui ?
LE VIVEUR, transporté.
Ah I Paris ! Paris ! Les théâtres ! Les cafés I L'Hôtel de Vîlle ! Monumental, rHôtél dé Ville !... Et la Porte Maillot ! Et la Madeleine !
ELLE, énigmatiquc.
Et la Bastille !
LE VIVEUR
Et Saint-Germâîtt*deà-Prés !
ELLE, même jeu.
Et Montmartre !
LE VIVEUR, éperdu,
Montmartre! Quel paradis!... J'y allais tous les soirs!... J'y ai connu des tas d'artistes, dans les brasseries!... Ah! ils ne s'embêtent pas, les gaillards ! Bon Dieu ! Quelle vie ! Ici, voyez-vous, le terrible, c'est qu'un homme intelligent ne peut pas trouver l'emploi de ses facultés !... Op finit par se dire : « Mais à quoi bon l'intelligence ? » Il ne m^arrive pas une fois par an de rencontrer une femme avec qui je puisse échanger des idées ! Vous l'êtes, vous, intelligente !
ELLE
Vous croye:^ ?
LE VIVEUR
Ça se voit tout de ^uite. Et puis, vous êtes triste... J'adore ça !
ELLE
Tant mieux.
LE VIVEUR, Venlaçanl,
J'ai toujours rêvé d'être aimé par une femme triste... Vous avez des épaules épatantes !... J'ai horreur des poitrines trop hautes ! (Il la caresse. Elle ferme les y eux y douloureusemenL) Alors, c'est convenu ? Cette nuit, chez moi, après le théâtre ? {Elle fail signe que oui.) Et vous savez, ma mignonne, vous ne le regretterez pas. Oh, je ne m'en fais pas accroire. Je sais bien que je n'ai pas toujours été aimé pour moi-même.. Mais enfin, de tous les fils de famille de la localité, je suis le moins décati, le plus généreux... et je suis surtout celui qui connaît le mieux la femme !
(Pendanl qu'il parle. Lui est entré à gauche, a fait quelques pas indécis^ a traversé la pièce et est sorti au fond. Elle tressaille.)
Qui est cet individu ?
ELLE
C'est quelqu'un... quelqu'un de la troupe... (Elle se retourne et s^ aperçoit que Lui les observe y se dissimulant. Au viveur:) Il faut que je rentre dans ma loge.
LE VIVEUR, lui tenant les mains.
Déjà ?
ELLE
Oui, tout de suite.
LE VIVEUR, la relenanL Vous avez le temps... L'acte vient de commencer.
ELLE
Je dois changer de costume.
LE VIVEUR, même jeu.
Rien qu'une minute encore, ma chérie ! J'ai tant de choses à vous dire !
ELLE, d^un Ion très nalurel.
Ayez-vous peur des coups de revolver ?
LE VIVEUR, ahuri.
Hein?
ELLE
Je vous demande si vous avez peur des coups de revolver.
LE VIVEUR
Quoi ? Quel revolver ?
ELLE
Si vous ne me lâchez pas, il est possible que l'homme qui est là tire des coups de revolver.
(Le viveur la lâche brusquement avec un Ha !
de saisissement. Puis, il se reprend et éclate de rire. Elle traverse vivement et sort à gauche.)
LE VIVEUR, la suit en riant.
Ah I Sacrée petite blagueuse ! Elles sont épatantes, ces Parisiennes! Seulement, tu sais, avec
moi, ça ne prendra pas 1.,. Je connais la femme, moi!.,. Je conaais la femme I...
(Il sort à gauche, riant et parlant toujours. Lui descend lentement du fondj la démarche incertaine. Il tourne autour de la table oii Elle était. Il s^assied sur la chaise qu'elle avait et Joue machinalement avec sa cuiller.)
LA TENANCIÈRB
Qu'est-ce que je verse à monsieur ? Un petit Calvados ?
RIDEAU
Une chambre d'hôlel. Obscurilé complète. Elle, est couchée. On entend un bruit de clef à la porte.
ELLE, se retournant.
C'est toi, mon chéri ? (Il entre, portant un bougeoir. Lueur vacillante.) Impossible de fermer Pœil ! J'ai entendu sonner minuit .et demie une heure moins le quart, une heure. Je n'en peux plus de fatigue. (Il s* arrête au milieu de la chambre, son bougeoir à la main et la regarde^ Fair hébété.) J'avais peur, toute seule... Cette vieille bâtisse est pleine de bruits... Sans doute le vent de la mer dans les greniers... Et puis^ il y a des ^ouri»,.. (Elle touche là cloison.) Le papier est •collé sur toile... On les entend courir tout près, làderrière... Je suis contente que tu sois rentré. (Brusquement, il laisse tomber le bougeoir qui s'éteint. Il reste immobile.) Qu'est-ce que tu as, mon chéri ? Attends, j'ai des allumettes. (Elle se lève») Où est le bougeoir ? Tu ne l'as pas ramassé? (On entend qu'elle heurte du pied le bougeoir. Elle le ramasse, l'allume et le pose sur la table,) Mais qu'est*ce que tu as ? Pourquoi ne dis-tu
rien ? (II a un rire gêné. Elle s'approche de Lui.) D'où viens-tu si tard ? ( Toul à coup, Elle comprend qu'il a bu. Avec compassion : ) Ah I tu sens encore l'eau-de-vîe, mon chéri !
LUI, ivre
Pas l'eau-de-vie... whisky soda ! Whisky soda... J'étais au bar américain... Ce sont des Anglais qui me l'ont offert... Ils m'ont raconté leurs vies... Voilà... voilà des vies!... En Russie, au Japon, aux Indes, toujours en route ! Et ils en font, de l'argent !
ELLE
Assieds-toi. Je vais te déshabiller.
(Elle le conduit à une chaise où il se laisse tomber en bavardant.)
LUI
Il faisait bon, dans ce bar... Les chaises, les tables, tout est en bambou... et il y a deux mulâtres qui servent... Avec les histoires de ces Anglais, je me croyais aux colonies... ou sur un paquebot.. Tu sais... le paquebot des Indes, qu'on a vu tantôt ? J'ai froid, ici.
• ELLE
J'ai demandé au garçon de faire du feu... Il a refusé. Il a dit que la cheminée ne tirait pas, que la chambre serait pleine de fumée... Ce n'est peutêtre pas vrai...
(Elle lui prend son chapeau, dénoue sa cravate, enlève son col. Elle s'agenouille de-
vanl lai et commence à délacer ses bolli'nes. Peu à peu, les larmes la gagnent Elle appuie sa tête sur ses genoux et pleure.)
Tu avais donc tant de chagrin... tant de chagrin que ça ?
RIDEAU
Une salle d*altente dans une gare^ la nuîL A droite el à gauche, banqueltes noires-. Au milieu, une lable. Un bec de gaz invisible éclaire vaguementy d'en haut. Sur la banquette de droite, on distingue une forme assoupie, l'ingénue. Sur celle de gauche, la duègne somnole^ ayant à ses côtés le panier de son chien. Saint-Gallet estaccoudé à la table, face au public. Il bâille. Des valises, des cartons sont épars.
LARNAUDY, cntrc par le /'"' plan gauche, de mauvaise humeur.
Le buffet est fermé !
SAINT-GALLET, bâillant.
A quelle heure ouvre-t-îl ?
LARNAUDY
A six heures.
SAINT-GALLET
Et le traîn part ?
LARNAUDY
A cinquante-huit. Pas moyen de bouffer.
(Il s'assied à gauche, grommelant.)
SAINT-GALtBT, bâUlaill.
Je m'en moque, j'aî des sandwiches. (Il prononce ** sandouiches ".J
Eh bien, mange-les, maïs n'en parle pas.
SAINT-GALLET
Je n'ai pas faim,
LARNAUDY
Alors, offre-m'en.
SAINT-*GALJL.6T
Non, mon vieux, je me connais ; j'aurai faim dès qu'on roulera.
hA ]>ui6NB, se penchant au-dessus du panier.
Ça y est, vous l'avez réveillée 1 (Parlant à sa chienne,) Oui, ma fille, oui... Ils nous ont réveillée, les vilains hommes... Nous qui dormions si bien !... Est-ce pas, ma fille... qu'on dormait bien dans cette petite gagareP... Na, on va se rendormir. Dodo, mon petit chienchien, dodo...
LARNAUDY
Vous feriez mieux de lui donner un peu de chocolat.
LA DUÈGNE
Pourquoi, du chocolat?
LARNAUDY, vague.
Du chocolat...
MONTREDON, entrant à gauche.
Le buflFet est fermé ! \
Nous le savions, monsieur.
L^iNGÉNUE, saute brusquement sur ses pieds.
C'est la dernière fois qu'on me fait partir à ces heures-là 1 C'est trop stupide, à la fin, d'éreinter les artistes pour rien, pour le plaisir! On sort de scène à minuit ! Le temps d'emballer ses robes, il est une heure. On rentre à l'hôtel à la demie. Il est deux heures quand on a bouclé sa valise et tu nous fais partir à cinq! Pas moyen de se pagnoter... Il faut pioncer dans une salle d'attente I Et on ne peut même pas, avec ces salauds qui vont et viennent tout le temps ! Ah ! non, j'en ai assez ! Si ça continue, je lâche la tournée.
MONTREDON, se Hioquant d'elle.
Mademoiselle a des doléances ? Eh bien, que mademoiselle les exprime à l'administrateur. Moi, je fais exécuter l'horaire.
l'ingénue
Tu nous fais prendre des trains impossibles^ exprès pour nous embêter. Il y en avait un autre, à dix heures du matin. Pourquoi ne l'a-t-on pas pris ?
MONTREDON
Parce qu'il n'arrive à Roubaix qu'à sept heures du soir.
l'ingénue Pour jouer à neuf, c'est assez tôt, il me semble I
Mademoiselle oublie que j'ai ma répétition de décors !
l'ingénue
Je m'en fous, de ta répétition de décors !
MONTREDON
Mademoiselle préfère recevoir un plafond sur la gueule au milieu de la représentation ?
l'ingénue
Je préfère ne pas crever ! Ah, oui, je vais me plaindre à l'administrateur. Et dès ce soir encore, tu peux y compter !
MONTREDON
Bon. Moi, je lui dirai que mademoiselle est arrivée, hier, au théâtre avec une heure de retard et qu'elle a raté son entrée.
l'ingénue Je m'étais endormie.
MONTREDON
Avec ^uî?
l'ingénue
Ah! toujours pas avec toi, espèce de cochon 1
LARNAUDY
Mange, ma petite fille... Ça te calmera les nerfs... Mange un peu de chocolat.
l'ingénue, pleurant d'eniêiemeni.
Je n'ai pas faîm«.. j'ai sôminôill Ça devrait être défendu par la loi, de priver une femme de sommeil!
LA DUÈGNE
Elle a raison!... Depuis trois jours, on dort en chemin de fer, dans les gares... Cane peut pas continuer... Ma chienne est surmenée.
MONTREDON, tcvant les bras.
Ah ! si le cabot commence à fatiguer !
LA DUÈGNE
Cette petite bête a besoin de repos, aussi bien qu'un grand corps comme vous, monsieur Montredon 1 Et davantage, peut-être I
LARNAUDY, OVCC COnVlClioTl,
Moi, je peux me passer de sommeil, mais, à une condition, c'est de manger solidement.
SAiNT-GALLET, lamentable, la têie dans ses mains.
L'embêtant, c'est que ma mémoire fout le camp... Encore trois semaines de cette vie-là et je ne réponds plus de moi.
MONTREDON
Ce sera gai ! Tu restes déjà en carafe six fois par représentation.
SAINT-GALLBT
Non, mon vieux, je ne reste pas en carafe ; j'embrouille mes rôles, c'est différent. Quand on jou^
depuis vingt ans, et toujours des curés, il vous revient du vieux texte. Ça ne s'appelle pas rester en carafe.
monthedon
Le résultât est le même.
ELLE, enire par la gauche, porianl un carlon à chapeauXj suivie de Lui, enveloppé d^un cachenez, une valise à la main.
Vous savez que le buffet est fermé?
LARNAUDY, se Icvanl brusquement.
Pad possible I
MONTREDON, la main sur le cœur.
Vous m'en donnez, un choc !
ELLE, s'asseyanl.
Je n'en peux plus, Montredonl... Je ne sais pas si je pourrai jouer ce soir.
LUI
Elle n'a pas fermé l'œil depuis deux jours, c'est terrible! (Il tousse.)
ELLE
Voyez au moins si on peut avoir un peu de lait chaud, du café, n'importe quoi.
MONTREDON
Puisque le buffet est fermé !
ELLE
Tâchez de le faire ouvrir !
MONTREDON
Bon, je veux bien essayer. (Il sort à gauche.)
LARNAUDY, à Lui\
Et cette laryngite, mon cher maître?
LUI, loussanL Ça ne va pas fort !
LARNAUDY
Je connais un remède que Guitry m'a indiqué.
Nous voyagions en Russie, quand un soir, à Moscou, le Grand-Duc Constantin, qui m'honorait de son amitié...
SAINT-GALLET
Ah ! non, mon vieux, pas l'histoire du Grand- Duc! Je t'en prie!
LARNAUDY
Mais monsieur ne la connaît pas... ( Monlredon rentre à gauche.)
ELLE
Eh bien?
MONTREDON
Rien à faire pour le moment. Mais on aura largement le temps de bouflFer tout à l'heure.
LARNAUDY
Comment cela?
Le train a une heure vingt de retard. (Mur-
mures de désapprobaiion.) Quoi? Vous n'êtes pas contents? Vous vouliez dormir, dormez 1
^.'ingénue Crotte! Crotte I Crotte!
MONTREDON
Qu'est-ce quMl lui prend, à celle-là?
l'ingénub, furieuse.
Il me prend que je ne reste pas ici pendant deux heures encore... Je rentre à l'hôtel et je me fous au pieul... Si je rate le train, tant pis, vous prendrez le suivant. C'est trop fort!... Nous pouvions passer la moitié de la nuit dans nos draps et Monsieur nous fait poireauter des heures ici!... Tu ije pouvais pas le savoir, qu'il avait du retard, ce train? (Elle sort.)
h A DVÈGNE, inquiète.
U foudrait lui donner son billet.,,
MONTREDON, qui en a vu bien d'autres.
Vou9 frappez pas, madame Gueuro?! Elle sera là da»3 un quart d'heurç,.. Elle est allée finir h garçon d'étage.
RWMU
Une chambre d'hôtel^ en Flandre. Elle, esl couchée. Lui, est assis dans un grand fauieuily près d^une table oii sont posés une bouteille et un verre. On entend un carillon.
ELLE, énervée.
Quel ennui d'être à côté du beffroi! Ce carillon, tous les quarts d'heure, c'est insupportable I
LUI, la tête penchée en arrière ^ rêvassant.
Non... c'est joli... c'est caressant... c'est comme une idée qui cherche à vous séduire... c'est l'idée de Dieu qui vous dit : « Je suis là, au-dessus de vous, attendant.. Tâchez donc de venir jusqu'à moi »... Évidemment, il faudrait. Ce serait la paix... l'acceptation...
ELLE
Ne t'endors pas là, mon chéri... Viens te coucher.
LUI, la regardant.
Pas la peine... je ne dormirais pas.
ELLE
Pourquoi ï
LUI
Je sens que je ne dormirais pas. (Elle soupire profondémenl el se lève.)
ELLE
Il faut tout de même essayer... Il est deux heures et demie...
LUI
Inutile.
ELLE
Nous partons à huit heures.
LUI
Recouche-toi. Ne t'occupe pas de moi.
ELLE, passant un peignoir.
Ça ne peut pas continuer.
LUI
Quoi?
f ELLE
Tu ne peux pas continuer à te tourmenter ainsi.
LUI
Je n'y peux rien.
ELLE
Autrefois... tu ne souffrais pas... Et maintenant que tu n'as plus de raisons de souffrir... c'est maintenant que tu souffres.
C'est ainsi. *
ELLE
N'avais-tu pas tout accepté?
LUI
Alors toi, tu as tout surmonté?...
ELLE
Je ne me laisse pas, comme toi, dévorer par le jpassé.
LUI
Les femmes ne peuvent regarder ni huit jours en avant, ni huit jours en arrière.
ELLE
jiToi, tu ne vis que de souvenirs^.. Et quels souvenirs! Les plus tristes, les plus honteux! C'est comme une eau noire où tu le plonges sans cesse. Impossible que tu ne deviennes pas malade ou fou... Aie la volonté d'oublier.
LUI
Il n'y a qu'un moyen d'oublier... et c'est malheu- \ creusement un moyen imparfait... Dès que je suis \ dégrisé... tout revit... tout recommence-...
ELLE
Quand je te sens aussi profondément malheureux... je m'en veux presque de ne pas souflFrîr autant que toi.
C'est tout à fait maladif dé se ronger ainsi, je le ^, / sais bien... Mais il ne suffit pas devoir son mal/l pour le guérir... (Il se lève.) Allons, tu as raison, il faut faire semblant de dormir. (Il enlève son veston.) On gèle, ici. Ça sent la suie froide, le moisi. C'est un vrai bouge !
ELLE
Et Larnaudy qui nous recommandait cet hôtel !