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MESURE DE LA CHUTE DE POTENTIEL A LA CATHODE

1^'explication est immédiate. Le champ électrique excité en PN^ s'oppose au mouvement des particules cathodiques et, quand il devient assez fort, celles-ci arrivent en N^ avec une vitesse nulle.

La chute de potentiel PN^ est alors inférieure ou égale à la chute [de sens contraire d'abord subie par les rayons. De même un mobile soumis à la seule action de la pesanteur peut remonter à une hauteur au plus égale à celle de sa chute.

Le champ d'extinction PN' varie beaucoup avec diverses causes, en particulier avec la raréfaction. Cette extinction a pu être facilement observée avec une différence de potentiel de 3o 000 volts. La différence correspondante produite en PN par la bobine, mesurée grossièrement par la longueur d'étincelle équivalente, était inférieure à 5o ooo volts.

Certains des rayons cathodiques subissaient donc dans cette expérience une chute de potentiel supérieure à 3o ooo volts et inférieure à 5o ooo. On peut conclure de là qu'il est facile d'obtenir des rayons ayant subi une chute de 40 000 volts, ou mieux pouvant fournir 40 000 joules par coulomb entraîné.

Si on supprime la machine statique et qu'on relie N àN', ces deux électrodes sont portées au même potentiel. Au moment où on établit cette communication, les rayons issus de N, par exemple, sont dans l'impossibilité d'arriver jusqu'à N^ et la fluorescence de la poudre recouvrant celle-ci cesse immédiatement. M. Perrin fait remarquer à propos de cette expérience que malgré la faible durée d'une décharge de bobine le potentiel de N^ est encore sensiblement égal à celui de N au moment où arrivent les rayons issus de N. S'il en était autrement Textinction ne serait pas complète.

Le temps employé par les rayons pour franchir le trajet NN^ est donc très court comparé à la durée d'une émission. En d'autres termes les masses électriques négatives émises par N pendant une décharge de la bobine seraient distribuées sur un cylindre très long comparé à la distance NN^ si elles ne rencontraient pas d'obstacle. La densité électrique sur un cylindre aussi long peut être très faible, ce qui explique la faible répulsion réciproque de deux rayons voisins. La probabilité pour que deux de ces particules chargées parcourant des trajectoires voisines (ou identiques) soient assez rapprochées pour s'influencer sensiblement, est pratiquement nulle.

ACTIONS ELECTROSTATIQUES

Absence d'action réciproque entre deux rayons cathodiques. —

Nous arrivons à une des questions qui a soulevé le plus de controverses dans le monde des physiciens.

Se proposant de mettre en évidence l'électrisation des rayons cathodiques, M. Grookes avait imaginé Texpérience suivante, décrite dans les mémoires déjà cités de cet auteur.

Un tube CG^A (fîg. 14) porte deux cathodes voisines CC' et une seule anode A. Au-devant des cathodes est un écran en

mica percé de deux fentes placées en face des cathodes, de manière à ne laisser passer, pour chacune d'elles, qu'un faisceau cathodique bien net. Une lame de mica EE^, recouverte d'une poudre fluorescente, permet de suivre les trajectoires des rayons.

Les deux cathodes sont légèrement inclinées de telle sorte que, produits isolément, les deux faisceaux soient concourants.

Si les deux cathodes fonctionnent ensemble, ces faisceaux, au lieu de se croiser, sont parallèles ou même vont s'écartant l'un de l'autre de plus en plus.

D'après les propriétés connues des charges électriques en mouvement trois effets sont possibles dans cette expérience :

1° Si les masses électriques ont une vitesse inférieure à celle de la lumière, l'action électrostatique l'emporte sur Teffet électrodynamique, il y a répulsion, sous la condition que ces masses

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