I0'2 LA FORMATION DES RAYONS CATHODIQUES
En effet, une électrode quelconque du tube peut charger positivement un électroscope un quart d heure après que le courant a cessé de passer, surtout si on chauffe les parois, en un point d'ailleurs cjuelconque.
On ne saurait donc admettre sans réserve les résultats indi- <|uant une électrisation des Kanalstrahlen, résultats obtenus par exemple en disposant simplement, derrière une cathode perforée, un plateau métallique relié à un électroscope, mais non protégé électriquement. Il semble donc que l'électrisation des Kanalstrahlen, si elle est réelle, est encore à démontrer.
Les phénomènes de Crookes apparaissent ainsi couime le résultat d'une circulation gazeuse régulière intéressant tout l'espace obscur (^). Le passage du courant électrique se faisant par rintermédiaire de l'afflux cathodique, c'est de la section de cet afflux, et par suite de la section d'émission cathodique, que dépend la résistance du tube. Mais il ne saurait être aucunement question d'un degré de vide convenant au phénomène de Geissler, et d'un autre permettant la production des rayons cathodiques. On sait que M. Rœntgen a obtenu des rayons X, donc des rayons cathodiques, à une pression de 3 millimètres, plus de cent fois supérieure à celle qu'on réalise d'ordinaire dans les tubes de Crookes.
D'autre part on peut réaliser aisément un tube à décharges donnant, à la même pi^ession, soit le phénomène de Geis&ler, soit celui de Hittorf, c'e&t-à-dire ne laissant pas&er la décharge électrique que dans un seul sens. 11 suffit que la cathode soit placée dans un tube étroit, l'anode, étant au contraire dans une ampoule très vaste et présentant un grand développement. L'appareil étant relié aux pôles d'une bobine de Ruhmkorif, le courant direct ne passe pas dans le tube, et donne extérieurement des étincelles de 20 centimètres ; le courant inverse, pour lequel la grande électrode est cathode, passe &ajis difficulté et produit l'illumination générale du gaz résiduel, c'est-
observations de M. B. Sandriicci sur rémission de rayons cathodiques après que l'action excitatrice du tube a cessé (// Nuovo Cimento^ t. VI, p. 322, 1897),
(i) La circulation de la matière dans les tubes à vide a été l'objet de diverses expériences de la part de Crookes, puis de A.-C. Swinton {Phil. mag., 5« &., t. LXVI (1898), p. 387 et 39-3).