MALADIES SIMULANT LA TUBERCULOSE
Les nouveaux procédés d’examen dont nous venons de voir l’utilité pour le diagnostic précoce de la tuberculose latente ou douteuse, pour l’exacte appréciation des lésions et le pronostic de la tuberculose certaine, rendent encore des services dans les maladies qui, sous le masque de la phtisie, trompent le médecin et lui font à tort soupçonner ou même admettre l’existence de lésions tuberculeuses des poumons.
Les rayons de Rontgen permettent, dans ces cas, d’écarter le diagnostic de tuberculose, soit en montrant l’image des poumons suspects parfaitement claire sur l’écran, du sommet à la base, et spécialement au sommet, plus brillante même qu’à l’état normal, soit en révélant des lésions profondes et ignorées, capables, mieux que les tubercules supposés, d’expliquer les symptômes de consomption.
Comme exemples de la première catégorie de faits, nous citerons chez l’adulte ces catarrhes chroniques avec dilatation des bronches où l’expectoration purule^te, les hémoptysies, l’amaigrissement et la perte des forces simulent la phtisie commune ; chez l’enfant, ces bronchites suhaigues consécutives à la rougeole et surtout à la coqueluche, où une abondante • séccétion de crachats nummulaires se joint à la fièvre hectique, à
MALADIES SIMULANT LA TUBERCULOSE. 83 l’émaciation rapide pour entraîner, presque sans réserves, le diagnostic de tuberculose. Nous citerons aussi ces cas de neurasthénie profonde, d’anémie et de’dyspepsie graves où les troubles de la nutrition prédominent et font admettre à tort l’existence d’une tuberculose latente.
Chez tous les malades de cette sorte, si l’examen radioscopique montre une bonne clarté de l’image des poumons dans leur entière étendue, surtout aux deux sommets, s’il ne décèle aucune ombre révélatrice des ganglions trachéo-bronchiques hypertrophiés, s’il fait voir le contour du diaphragme intact et ses mouvements normaux des deux côtés, il y a, sinon des preuves certaines, au moins de bonnes raisons pour laisser de côté le diagnostic de tuberculose.
Pour écarter complètement le soupçon de cefte maladie, il y a des raisons meilleures quand l’examen radioscopique fait constater les signes de l’emphysème pulmonaire généralisé, c’està-dire une clarté de toute l’image pulmonaire plus brillante qu’à l’état normal, une étendue plus grande de cette image, ènfin le diaphragme s’abaissant à la fin de l’inspiration au-dessous de ses limites habituelles, mais remontant moins haut que de coutume pendant l’expiration, en somme ayant perdu supérieurement de l’amplitude de ses excursions.
Comme exemples de faits d’un autre ordre^ nous citerons les collections purulentes interlo-
baires inaccessibles aux modes usuels d examen et simulant la tuberculose. Nous rappellerons, dans les termes où nous l’avons brièvement rapportée à la Société médicale des hôpitaux, l’observation de cet « enfant de cinq ans, présentant tous les symptômes d’une affection consomptive des poumons, abondante expectoration purulente, fièvre hectique, amaigrissement, doigts hippocratiques, et qui, véritable phtisique dans le sens étymologique du mot, était depuis huit mois traité par plusieurs médecins comme un tuberculeux vulgaire. Chez cet enfant, l’examen radioscopique a contribué avec d’autres signes à rectifier le diagnostic, à montrer l’intégrité du poumon et à faire reconnaître l’existence d’une pleurésie interlobaire suppurée (d’origine pneumococcique) en communication avec les bronches ; une intervention chirurgicale, malheureusement trop tardive, amis hors de doute l’existence de cetle collection purulente «. 'Nous ajouterons que, chez cet enfant, l’image du poumon gauche était entièrement claire du sommet à la base; celle du poumon droit, parfaitement claire au sommet, présentait entre cette zone supérieure très brillante et la base moins brillante mais encore ciaire, une zone intermédiaire tout à fait sombre, nettement limitée en haut par une ligne oblique qui correspondait assez exactement au siège et à la direction de la grande scissure interlobaire ; cette zone sombre était moins bien limitée a sa