‹ Les rayons du Nord [microforme]Chapitre 10 sur 56 · A LA MESSE DE MINOIT · texte numérisé non relu

A LA MESSE DE MINOIT

A Louis-J. MERCIER

Ecoutons ! écoutons !:.. l'airain vibre...—A l'exemple Des pasteurs qui laissaient leurs troupeaux pour venir Adorer un Sauveur incarnant l'Avenir,

Désertons nos foyers et marchons vers le temple.

Bercés du rythme lent ue quelque vieux noël, Devant l'autel auguste, où flambent mille cierges, Prions, hommes, enfants, prions, mères et vierges, Tous ensemble disons, à genoux, l'œil au ciel :

34 DIEU ET PATRIE

— Comme vous êtes né, Jésus, dans une étable, Près d'un âne et d’un bœuf engourdis par l'hiver, Comme l'accueil obscur des souffrants vous est cher, Descendez vous asseoir demain à notre table.

Mais pour vous recevoir, hélas ! nous n'avons pas L'humilité des vieux pâtres de l'Evangile ;

Et, tel de Bethléem le pitoyable asile,

Nos toits sont tout glacés et tout blancs de frimas.

Nous ne pouvons, non plus, vous offrir, à cette heure, Dans des coffrets d'émail, l’encens, la myrrhe et l’or Qu'’à vos pieds déposa le roi mage Melchior ; Et notre pauvreté tremble, soupire et pleure.

Nos vils penchants aussi nous font un triste lot. D'impurs désirs la boue en nous séjourne et sèche, Etnoscœurs sontplus durs et plusfroids que la crèche D'où monta dans la nuit votre premier sanglot.

Oui, notre âme a traîné son aile dans les fanges,

Oui, notre âme est transie au vent de la douleur :

Il n'y reste pas même un peu de la chaleur

De l'âne qui soufflait par moments sur vos langes.

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