‹ Les rayons du Nord [microforme]Chapitre 19 sur 56 · À LOUIS HERBETTE · texte numérisé non relu

À LOUIS HERBETTE

Et ce que Michel-Ange à Conçu de plus grand,

Tout ce qu'Eschyle a mis d'angoissant dans le drame, Tout ce que Beethoven a créé d'enivrant,

Tout le charme dont Dieu voulut doter la femme,

Tout ce qui Peut ravir les cœurs et les esprits, Tout ce qui vous Séduit et tout ce qui vous flatte, Oui, tout cela, je l'ai savouré dans Paris,

Et j'ai trouvé chez vous le foyer de Socrate,

J'ai trouvé la Sagesse et la bonté d’un dieu

Sous votre toit serein, où tout regret s'apaise, Et dans votre grand verbe altier et plein de feu J'ai senti tressaillir Ja vieille âme française.

J'ai senti tressaillir Je plus pur dévoûment

Sous vos vastes lambris hospitaliers et calmes... Vous aimez les accents du barde, et constamment Vous demandez Pour lui des lauriers et des palmes.

Vous portez un drapeau que suivent tous les cœurs. Vers l'idéal un souffle impétueux vous mène,

Et Paris voit en vous un des fiers éclaireurs

Qui vont guidant toujours la grande armée humaine.

Heureux de protéger et prompt à s’courir,

Vous voulez que chacun foule à ses pieds des roses, Et, grâce à vous, ami, j'ai vu pour moi s'ouvrir

Bien des bras inconnus et bien des portes closes.

Grâce à vous, qui m'avez, un jour, pris par la main, J'ai gravi des sommets que la gloire environne,

Des rivaux ont jeté des fleurs sur mon chemin,

Le vieux Paris a ceint mon front d’une couronne.

Désormais vos amis de France sont les miens.

J'ai pour eux un amour ardent, sincère et stable,

Et, malgré mon retour aux bords laurentiens,

Je vois toujours leur groupe autour de votre table.

Oui, je verrai toujours votre logis sicher…

Et maintenant du fond d’une âpre solitude

Je vous tends par-dessus les grands flots de la mer Mes deux bras frémissants qu’émeut la gratitude.

A LOUIS TIERCELIMD

Qui m'envoie « La Bretagne qui chante »

LS

Le chant, triste ou joyeux, de l'Océan immense Qui caresse ou qui bat les falaises d'Armor, Sous la brume traîtresse ou sous l'étoile d’or, Héritier de Brizeux, a bercé votre enfance.

Ce chant, qui meurt sans fin et sans fin recommence, — Que la rafale ploie ou rouvre son essor, —

O barde, tous les jours vous l’écoutez encor

Dans les lames en joie ou les flots en démence.

Oui, vous vous en grisez encore à Paramé, Engonflant vos poumons du grand souffle embaumé Qui passe sur la lande et l'onde qui moutonne.

Et voilà ce qui fait qu’en lisant vos beaux vers Je crois y respirer les aromes amers Des pins et des ajoncs de la côte bretonne.

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