LES TROIS COULEURS
Serait-ce pour avoir construit un sanctuaire
A la gloire de Celle en qui Dieu s’incarna,
Sur une grotte, au pied d'un mont, nouveau Sina, Où, depuis trente ans, vient prier toute la terre ?
Serait-ce pour avoir, le front ceint d’un bandeau De rayons allumés par la valeur guerrière, Envoyé Pimodan et de Lamoricière
Aux bourgs de Mentana, de Castelfidardo ?
Mais vous avez rêvé de Supprimer l'aurore...
Nul ne peut expliquer semblable trahison.
Non, hardis novateurs, vous n’avez pas raison De déserter ainsile drapeau tricolore.
Le drapeau tricolore ! A peine a-til cent ans,
Et jamais labarum, en tête d’une armée,
Déchiré par le plomb, noirci par la fumée, Nevitauxchamps d’honneurhauts faits plus éclatants.
compatriotes doivent garder, à côté du drapeau britanni, ue, les Couleurs de l'ancienne mère Patrie, tout comme les Irlandais ont Conservé, durant des siècles,celles de la verte Erin, —surtout depuis l'entente anglo-française Avec l'abbé Lemire, qui combattit, à un congrès de prêtres français réunis à Bourges, en 1902, l'idée
DIEU ET PATRIE
Non, non, jamais couleurs, dans lesgrands chocs épiques, Ne gonflèrent au ventdes plis plus orgueilleux
Que n’en fit ondoyer ce drapeau glorieux
Des neiges de Russie aux sables des tropiques !
Il a, durant quinze ans, plané sur des combats Comme n'en avait point enregistré l'Histoire.
Et ce jeune étendard, l'amant de la victoire,
Vous pourriez aujourd’hui le remplacer ? Non pas !
Rien ne peut remplacer son ombre si féconde.
Et Lamartine, un jour, a dit à des criards :
—Le drapeau rouge a fait le tour du Champ de Mars, Le drapeau tricolore a fait le tour du monde ! —
Ilfit le tour du monde, et ses plis immortels, Que tout vrai Canadien respecte, honore et baise, S'enlacent avec ceux de la bannière anglaise : On ne peut désunir ces rivaux fraternels.
de fixer l’image du Sacré-Cœur sur les trois couleurs, il dit: «Je ne connais qu’un drapeau catholique, c'est le signe de la croix, que nous rappelle le grand mystère de notre Rédemption. » (Note de l'éditeur).