LES TROIS COULEURS
Je veux les voir flotter tous deux sur notre terre. Mon père avec orgucil et vénération
Se découvrait devant le drapeau d’Albion,
Les trois couleurs faisaient s’agenouiller ma mère.
Et parce que ma mère a su toujours chérir
Ce sublime haïllon troué par la mitraille,
Quel’on m'en applaudisse ou bien quel’on m'’enraille, Je combattrai tous ceux qui voudront le trahir !
Oui, je le défendrai sans trêveet sans relâche, Quand ilne resterait aux bords laurentiens
Que centhommes de cœur pour être ses soutiens Et m'aider à remplir ma noble et sainte tâche.
Pour garder ces couleurs, d’un aussi fier éclat, S'il n’en restait que vingt, je lutterais quand même, S'il n'en restait que dix, je serais le dixième,
S'il n'en restait qu'un seul, je serais celui-là.
Je lutterais debout sur des murs en ruine, Agitant fièrement cet auguste drapeau,
La feuille de l'érable altier à mon chapeau,
Et l'emblème du Cœur Sacré sur ma poitrine.
DIEU ET PATRIE
Je combattrais toujours parmi les plus ardents, Portant le tricolore avec des mains crispées,
Et sil'on me tranchaït les bras à coups d’épées, Jetiendrais ses lambeaux serrés entre mes dents.
Et si l’on me poussait dansl'onde ou dans laflamme, Si l'on rompaït mes os, si l’on crevait mes yeux, On ne me prendrait pas ce haillon glorieux,
{ar je cache ses plis dans les plis de mon âme!
Ls