‹ Les rayons du Nord [microforme]Chapitre 50 sur 56 · LA PITIÉ · texte numérisé non relu

LA PITIÉ

A Rocer pes Varennes

Le Glaive avait fermé l’Eden chaste et serein, Sur le globe désert Pesait un ciel d’airain,

Et nos premiers Parents marchaie,

Errants comme bre

A travers le

Sans trêve,

Perdus dan

Côte à côte

Du tison des remords incessamment brûlés, Muets, craintifs, tremblants, furtifs, échevelés. Sous le firmament lourd tout leur était hostile :

La pierre déchirait leurs pieds nus, le reptile, L'insecte, le buisson, !es piquaient de leurs dards ; Dans les antres lions, tigres et léopards,

Qui, la veille, autour d'euxse jouaient sous l'ombrage, Du lointain leur jetaient d'horribles cris de rage. O l'indicible horreur du premier châtiment !

Par moments sur les deux bannis plus âprement S'acharnait Id nature inclémente et jalouse.

Un jour, Adam s'était éloigné de l’Epouse

Morte plus qu’à demi de fatigue et de faim, Pourchercherquelques fruits le long d’unlacprochain - Au pied d’un mont.

Hélas ! la terre était stérile, Vainement notre Aïeul, anxieux et fébrile, Avait interrogé les rameaux, le gazon, Et sondé du regard l’insondable horizon :

Il n'avait rien trouvé sos les grands cieux livider Et comme il revenait vers Eve, les mains vides, Dans la sinistre paix tombant avec le soir, Le déshérité fut pris d’un tel désespoir Qu'il s'arrêta soudain pour finir son supplice, Plongeant un œil farouche au fond d’un précipice, Désirant mourir seu, ne voulant plus revoir La Femme, qui, gisante au creux d'un ravin noir, Epiait de la mort l'épouvantable approche.

Page 1