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LA VOIX DU CŒUR

À Juues-S. Lesace

Errant dans Ja campagne, au temps de Ja moisson, Un jour, je m’arrétai devant une maison De pauvres Paysans.

Deux enfants blonds et roses Jouaient tout près du seuil. Les portes étaient closes, Et rien ne remuait dans le logis obscur.

Les parents devaient être aux Champs, dans le blé mûr. Et les enfants, Voyant un étranger, s'enfuirent.

Un mot les rappela. Bientôt ils me sourirent. Alors je m’approchai du plus jeune des deux, Et je lui demandai, caressant ses cheveux :

— Veux-tu venir avec moi te promener, chère P?

— Oh ! oui, je veux.

— Non!non!clamale petit frère.

— Pourquoi . aïmes-tu pas qu'elle me suive ? Dis. — Je crains qu’en mequittant elle aille... au Paradis. Je préfère la voir près de moi, sur laterre.

— Mais tu ne crains donc pas pour elle la misère ?

— Je crains de ne pouvoir plus l’embrasser jamais.

+ — Tous les jourselle aura quelques nouveaux jouets, Et se régalera de mille friandises.

— Elle mange chez nous des prunes, des cerises. Elle s'amuse avec les fleurs, les papillons.

— Au lieu de ses vilains habits, de ses haïillons,

LA VOIX DU CŒUR 239 Qui donnent la nausé On1

— Le dimanche Notre Maman lui met sa belle rnbe blanche.

— Tout ce qu'elle voudra, je le Jui donnerai, Elle s’endormira dans un berceau doré...

— Non! nen!non! Tout cela Pour moi ne compte guère

— Mais que veux-tu de Plus pour ta sœur P Dis.

—Sa mère.

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