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MOINEAUX

Les moineaux, importés d'Angleterre vers 1870, sont devenus pour les cultivateurs et les citadins un véritable fléau, et leurs têtes devraient

mises à prix.

La Presse du 18 mars 1908,

Les moineaux sont de vrais gredins Qu'il faut obstinément combattre.

Ils pillent vergers et jardins,

Et font partout le diable à quatre.

Ces oiseaux sont mauvais coucheurs, Et, cherchant toujours des querelles, Ils se sont faits les dénicheurs

De nos charmantes hirondelles.

Au calme des grands bois rugueux Ils préfèrent le bruit des villes,

Et, la moitié du temps, ces gueux Sont en pleines guerres civiles.

On ne les voit jamais aux champs Chasser les dangereux insectes :

Ils satisfont mieux leurs penchants Dans quelques rigoles infectes.

Maladroits et capricieux, | Ils narguent le froid qui les pique, Et ne quittent jamais nos cieux

Pour la floraison du tropique.

Ces nigauds, plutôt que de fuir Notre zone âpre et désolée,

Passent tout l'hiver à souffrir De la disette et de. l'onglée.

Quand sont disparus les frimas, Aux fenêtres, si longtemps closes,

| Les passereaux ne chantent pas

| La résurrection des roses.

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