LES TROIS COULEURS
Je veux les voir flotter tous deux sur notre terre.
Mon père avec orgueil et vénération
Se découvrait devantjle drapeau d'Albion,
Les trois couleurs faisaient s'agenouiller ma mère".
Et parce que ma mèrea'su toujours chérir Ce sublime haillon troué par la mitraille. Quel'onm'enjapplaudisscoubicn que l'on m'en raille, Je combattrai tous ceux qui voudront le trahir !
Oui, je le défendrai sans trêve et sans relâche. Quand il ne resterait aux bords laurentiens Que cent hommes de cœur pour être ses soutiens Et m'aider à remplir ma noble et sainte tâche.
Pour garder ces couleurs, d'un aussi fier éclat, S'il n'en restait que vingt, je lutterais quand même, S'il n'en restait que dix, je serais le dixième, S'il n'en restait qu'un seul, je serais celui-là.
Je lutterais debout sur des murs en ruine, Agitant fièrement cet auguste drapeau, La feuille de l'crable alticr à mon chapeau. Et l'emblème du Cœur Sacré sur ma poitrine.
Je combattrais toujours parmi les plus ardents. Portant le tricolore avec des mains crispées, Et si l'on me tranchait les bras à coups d'épées, Je tiendrais ses lambeaux serrés entre mes dents.
Et si l'on me poussait dansl'onde ou dans laflamme^ Si l'on rompait mes os, si l'on crevait mes yeux, On ne me prendrait pas ce haillon glorieux, Car je cache ses plis dans les plis de mon âme l
LE ¥S CEMTEMMIR^
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Trois siècles sont passés depuis l'heure bénie Où l'immortel Champlain, guidé par son génie, Vint apporter la croix aux incivilisés.
Trois siècles sont passés, et l'étendard sublime Qu'il arbora, grisé d'espoir, sur une cime, Ne gonfle plus au vent ses plis fleurdelisés.
L'emblème glorieux de la France royale A fait place aux couleurs de sa vieille rivale Mais l'œuvre que rêva le noble ambitieux S'accomplit sur le sol qui vit notre défaite ; L'arbre fécond planté par ses mains de prophète Berce, chargé de fruits, ses rameaux dans les cieux,
Oui, trois siècles fameux ont plané sur nos têtes. Nous avons traversé bien des jours de tempêtes ; Mais maintenant l'azur ruisselle de clarté, Et notre peuple croît fier comme notre érable, Ferme comme le roc où Québec imprenable Se dresse dans sa force et dans sa majesté.
Ce Québec est jaloux d'incarner notre race. Du passé merveilleux il a gardé la trace. Sur le sentier qui mène aux radieux sommets, Des chevaux de la Gloire il a tenu les rênes ; Et comme les vieux Grecs ont su chérir Athènes, Nous l'aimons d'un amour qui vivra pour jamais.
C'est de ses fiers remparts que, l'arme sur l'épaule. Partaient ceux qui rêvaient de porter jusqu'au Pôle Le labarum du Christ et le drapeau des rois ;