AUX BRETONS
Grâce à lui, nous aimons chanter \a. Marseillaise, Notre fleuve est français... ma mère était Française, Et je suis comme vous catholique et Breton.
Gloire à Cartier! — jamais fils de la vieille Gaule Pour son pays n'aura rempli plus noble rôle, Ni laissé sous nos cieux un nom plus vénéré ; Et l'oubli qui pesait sur sa tombe inconnue, Où nul fervent n'ira courber sa tête nue, Vous lavez, fiers Bretons, fièrement réparé !
En érigeant ce bronze au coeur de la Bretagne,
Où ma pensée émue à cette heure accompagne
Ceux qui vont célébrant les exploits si hardis
Du marin qui donna tout un monde à la France,
Sans jamais susciter ni guerre ni vengeance.
O Bretons toujours grands, vous vous êtes grandis !
Vous vous êtes grandis, enfants de r.A.rmorique, Plutôt que vous n'avez grandi Ihomme stoïquc Qui par tant de constance et de féconds travaux A buriné son nom dans l'airain de l'Histoire. Aussi, que peut le bronze où rayonne la gloire ? Le socle n'a jamais exhaussé le héros.
L'éternité se rit du marbre de l'Attique... De tout Taltier granit de la côte kymrique On ne saurait tirer un plus haut piédestal Que celui qu'un tel preux s'est élevé lui-même En plantant pour le Christ et pour le roi qu'il aime Une humble croix de bois au front du mont Royal.
N'importe ! vous avez voulu donner l'exemple...
"Dressant cette statue à la porte d'un temple,
Faisant revivre ainsi l'intrépide Cartier
Dans une œuvre parlante, idéale, parfaite,
Vous avez voulu dire à la foule distraite :
« Le grand homme, passants, ne meurt pas tout entier. »
Et vous avez voulu rappeler à l'enfance Que tout ce que l'on fait pour le Christ et la France Subsiste, au moins, autant que la pierre et l'airain : Vous avez su prouver que sur vos bords si rudes Les cœurs restent toujours clos aux ingratitudes. Le souvenir demeure un flambeau souverain.
Par un appel vibrant, doux comme une caresse, Tiercelin etBotrel, qu'eût honorés la Grèce, Et dont les noms toujours rayonneront ici,