‹ Les rayons et les ombresChapitre 19 sur 54 · SEIZIÈME · texte numérisé non relu

SEIZIÈME

Chênes, vous grandirez au fond des solitudes. Dans les lointains brumeux, à la clarté des soirs, Vieux saules, vous prendrez de tristes attitudes, Et vous vous mirerez vaguement aux lavoirs.

Nids, vous tressaillerez sentant croître des ailes; Sillons, vous frémirez sentant sourdre le blé; Torches, vous jetterez de rouges étincelles Qui tourbillonneront comme un esprit troublé.

Foudres, vous nommerez le Dieu que la mer nomme. Ruisseaux, vous nourrirez la fleur qu'avril dora ; Vos flots refléteront Tombre austère de Thomme, Et vos flots couleront, et Thomme passera.

Chaque chose et chacun, âme, être, objet ou nombre, Suivra son cours, sa loi, son but, sa passion. Portant sa pierre à Tœuvre indéfinie et sombre Qu*avec le genre humain fait la création !

Moi, je contemplerai le Dieu père du monde.

Qui livre à notre soif, dans Tombre ou la clarté, Le ciel, cette grande urne, adorable et profonde, Où Ton puise le calme et la sérénité.

Mai 1839.

jBHîx-'Beftthne.

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