‹ Les rayons et les ombresChapitre 18 sur 54 · QUINZIÈME · texte numérisé non relu

QUINZIÈME

Derrière notre orgueil, derrière nos vertus, Derrière la nuit noire où Tâme en deuil 8*exile, Derrière nos malheurs, Dieu profopd et tranquille. Que Tenfant vive ou dorme, il rayonne toujours ! Sur cette terre où rien ne va loin sans secours, Où nos jours incertains sur tant d^abîmes pendent, Comme un guide au milieu des brumes que répandent Nos vices ténébreux et nos doutes moqueurs, Vivant, Tenfant fait voir le devoir à vos cœurs; Mort, c'est la vérité qu'à votre âme il dévoile. Ici, c'est un flambeau; là-haut, c'est une étoile.

Mar» 1840.

0et2tème.

Matelots! matelots! vous déploierez les voiles; Vous voguerez, joyeux parfois, mornes souvent; Et vous regarderez aux lueurs des étoiles La rive, écueil ou port, selon le coup de vent.

Envieux, vous mordrez la base des statues.

Oiseaux, vous chanterez! vous verdirez, rameaux! Portes, vous croulerez de lierre revêtues.

Cloches, vous ferez vivre et rêver les hameaux.

Teignant votre nature aux mœurs de tous les hommes, Voyageurs, vous irez comme d'errants flambeaux; Vous marcherez pensifs sur la terre où nous sommes , En vous ressouvenant quelquefois des tombeaux.

Page 1