‹ Les rayons et les ombresChapitre 31 sur 54 · AUTRE GUITARE · texte numérisé non relu

AUTRE GUITARE

Gomment, disaient-iTs, Avec nos nacelles , Fuir les alguazils?

— Ramez, disaient-elles.

Gomment, disaient-ils, Oublier querelles.

Misère et périls ?

— Dormez, disaient-elles.

Gomment, disaient-ils.

Enchanter les belles Sans philtres subtils?

— Aimez, disaient-elles.

Juillet 1838.

tUtnQt-Cluatriémr.

Quand tu me parles de gloire, Je souris amèrement.

Cette voix que tu veux croire, Moi, je sais bien qu'elle ment.

La gloire est vite abattue ; L*envie au sanglant flambeau N'épargne cette statue Qu'assise au seuil d*un tombeau.

La prospérité s'envole.

Le pouvoir tombe et s'enftiit.

Un peu d'amour qui console Vaut mieux et fait moins de bruit.

Je ne veux pas d'autres choses Que ton sourire et ta voix, De l'air, de l'ombre et des roses Et des rayons dans les bois?

Je ne veux, moi qui me voile Dans la joie ou la douleur.

Que ton regard, mon étoile!

Que ton haleine, 6 ma fleur l

Sous ta paupière vermeille Qu'inonde un céleste jour.

Tout un univers sommeille; Je n'y cherche que Tamour !

Ma pensée, urne profonde, ' Vase à la douce liqueur, Qui pourrait emplir le monde, Ne veut emplir que ton cœur!

Chante! en moi Textase coule.

Ris-moi! c'est mon seul besoin.

Que m'importe celte foule Qui fait sa rumeur au loin !

Dans l'ivresse où tu me plonges.

En vain, pour briser nos nœuds.

Je vois passer dans mes songes Les poètes lumineux.

Je veux, quoi qu'ils me conseillent. Préférer, jusqu'à la mort , Aux fanfares qui m'éveillent Ta chanson qui me rendort!

Je veux, dût mon nom suprême Au front des cieux s'allumer, Qu'une moitié de moi-même Reste ici-bas pour t'ainer !

TINGT-QUATRIÈHE. 109

Laisse-moi Taimer dans Tombre, Trisle ou du moins sérieux.

La tristesse est un lieu sombre Où Tamour rayonne mieux.

Ange aux yeux pleins d'étincelles, Femme aux jours de plenrs noyés , Prends mon âme sur tes ailes, Laisse mon cœur à tes pieds !

Ootobre 1837.

tlltu0t-^Ctn(iutém(.

Page 1