‹ Les rayons et les ombresChapitre 38 sur 54 · RENCONTRE · texte numérisé non relu

RENCONTRE

Après avoir donné son aumône au plus jeune , Pensif, il s'arrêta pour les voir. — Un long jeûne Avait maigri leur joue, avait flétri leur front. Ils s'étaient tous les quatre à terre assis en rond. Puis s*étant partagé, comme feraient des anges, Un morceau de pain noir ramassé dans nos fanges, Ils mangeaient, mais d'un air.si morne et si navré Qu'en les voyant ainsi toute femme eût pleuré. Cest qu'ils étaient perdus sur la terre où nous sommes. Et tout seuls, quatre enfants, dans la foule des hommes! — Oui, sans père ni mère ! — et pas même un grenier; Pas d'abri ; tous pieds nus, excepté le dernier, Qui traînait, pauvre amour! sous son pied qui chancelle.

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