PREMIER
Assez de nuit et de tempête A passé sur vos fronts penchés.
Levez les yeux! levez la tête!
La lumière est là-haut! marchez f
Peuples! écoulez le poëte!
Écoutez le rêveur sacré !
Dans votre nuit, sans lui complète.
Lui seul a le front éclairé !
Des temps futurs perçant les ombres.
Lui seul distingue en leurs flancs sombres
Le germe qui n'est pas éclos.
Homme, il est doux comme une femme.
Dieu parle à voix basse à son âme
Gomme aux forêts et comme aux flots !
C'est lui qui, malgré les épines,
L'envie et la dérision,
Marche courbé dans vos ruines,
Ramassant la tradition.
De la tradition féconde
Sort tout ce qui couvre le monde.
Tout ce que le ciel peut bénir.
Toute idée, humaine ou divine.
Qui prend le passé pour racine
A pour feuillage l'avenir.
11 rayonne! il jette sa flamme Sur l'éternelle vérité !
11 la fait resplendir pour l'âme D'une merveilleuse clarté !
Il inonde de sa lumière
Ville et déserts, Louvre et chaumière,
Et les plaines et les hauteurs ;
A tous d'en haut il la dévoile;
Car la poésie est Tétoile
Qui mène à Dieu rois et pasteurs !
ATtil W39.
Btmximt.
L£ SEPT AOIIT