‹ Les rayons et les ombresChapitre 4 sur 54 · PREMIER · texte numérisé non relu

PREMIER

Assez de nuit et de tempête A passé sur vos fronts penchés.

Levez les yeux! levez la tête!

La lumière est là-haut! marchez f

Peuples! écoulez le poëte!

Écoutez le rêveur sacré !

Dans votre nuit, sans lui complète.

Lui seul a le front éclairé !

Des temps futurs perçant les ombres.

Lui seul distingue en leurs flancs sombres

Le germe qui n'est pas éclos.

Homme, il est doux comme une femme.

Dieu parle à voix basse à son âme

Gomme aux forêts et comme aux flots !

C'est lui qui, malgré les épines,

L'envie et la dérision,

Marche courbé dans vos ruines,

Ramassant la tradition.

De la tradition féconde

Sort tout ce qui couvre le monde.

Tout ce que le ciel peut bénir.

Toute idée, humaine ou divine.

Qui prend le passé pour racine

A pour feuillage l'avenir.

11 rayonne! il jette sa flamme Sur l'éternelle vérité !

11 la fait resplendir pour l'âme D'une merveilleuse clarté !

Il inonde de sa lumière

Ville et déserts, Louvre et chaumière,

Et les plaines et les hauteurs ;

A tous d'en haut il la dévoile;

Car la poésie est Tétoile

Qui mène à Dieu rois et pasteurs !

ATtil W39.

Btmximt.

L£ SEPT AOIIT

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