PREMIER
Quelques rayons sur une cime, Quelques vérilés sur un front!
Courage donc ! esprits , pensées , Cerveaux d'anxiétés rongés , Cœurs malades , âmes blessées , Vous qui priez, vous qui songez !
générations! courage! Vous qui venez comme à regret.
Avec le bruit que fait Torage Dans les arbres de la forêt !
Douleurs errant sans but ni trêve, Qui croyez , étendant la main , Voir les formes de votre rêve Dans les ténèbres du chemin !
Philosophes dont Tesprit soufiFre, Et qui , pleins d'un e£Proi divin , Vous cramponnez au bord du gouffre.
Pendus aux ronces du ravin !
Naufragés de tous les systèmes , Qui de ce flot triste et vainqueur Sortez tremblants , et de vous-mêmes N'avez sauvé que votre cœur!
Sages qui voyez Taube éclore Tous les matins parmi les fleurs, Et qui revenez de l'aurore, Trempés de célestes lueurs !
26 LES RàYOFfS ET LES OMBRES.
Lutteurs qui pour laver vos membres Avant le jour êtes debout !
Rêveurs qui rêvez dans vos chambres, L'œil perdu dans Tombre de tout!
Vous , hommes de persévérance.
Qui voulez toujours le bonheur, Et tenez encor Tespérance, Ce pan du manteau du Seigneur !
Chercheurs qu'une lampe accompagne !
Pasteurs armés de Taiguillon !
Courage à tous sur la montagne !
Courage à tous dans le vallon !
Pourvu que chacun de vous suive Un sentier ou bien un sillon ; Que, flot sombre, il ait Dieu pour rive, Et, nuage, pour aquilon;
Pourvu quMl ait sa foi qu'il garde, Et qu'en sa joie ou sa douleur Parfois doucement il regarde Un enfant, un astre, une fleur;
Pourvu qu'il sent«, esclave ou libre, Tenant à tous par un côté.
Vibrer en lui par quelque fibre L'universelle humanité;
Courage ! — Dans l'ombre et l'écume Le but apparaîtra bientôt !
Le genre humain dans une brume, C'est rénigme et non pas le mot !