LA NATURE ET L'ORIGINE DES RAYONS X
ses parois et vers la partie médiane d'un orifice circulaire de deux centimètres de diamètre, ces deux savauts purent constater, en plaçant des plaques sensibles au devant de ces trous, que « les clichés fournis par les parties latérales du tube de Crookes représentaientlïmage du tube, avec deux zones circulaires correspondant à l'anode et à la cathode » (fig. 16). Et il en est si bien ainsi que, « si au lieu d'un diaphragme circulaire, on pratique un orifice en forme d'étoile, on obtient, sur la plaque, une image double de l'étoile ». De même, « si l'on place une lame de plomb dans la caissse, de telle façon qu'on intercepte les rayons émanant, soit de l'anode, soit de la cathode, on obtient un seul cercle sur le cliché. » (1).
Cependant, en dépit de la précision de cette observation de MM. Girard et Bordas, il n'est point démontré le moins du monde que les rayons X aient une double origine anodique et cathodique. De dernières expériences conduites avec une méthode avisée par M. Jean Perrin semblent au contraire établir de la façon la plus nette que conformément à l'opinion première émise par M.
(1) Ch. Girard et F. Bordas. — Sur les rayons de M. Rœntgen, dans les Comptes rendus hebdomadaires des Séances de l' Académie des Sciences,sènncc du 9 mars 1896, p. eOii.
Rœnlgen, les rayons X n'émanenl poiui direcleternenl des électrodes, mais bien des régions quelles qu'elles soient oii les rayons cathodiques viennent frapper la paroi du tube à vide. M. Perrin a en effet constaté que « les rayons X se développent effectivement sur les parois internes du tube, plus généralement aux points où un obstacle quelconque arrête les rayons cathodiques, et pas en d'autres points » (1). Il s'ensuit donc que si des rayons cathodiques viennent à l'rapper l'anode, — ce qui arrive avec certains tubes de Grookes, — il se produit en ce lieu un départ de rayons X, départ purement accidentel et provenant uniquement de ce fait que l'anode a joué le rôle d"un écran sur lequel sont venus heurter des rayons cathodiques (2)
(1) Jean Perrin. — Origine des rayons de Bwn^^en, dans les Comptes rendus hebdomadaires des Séances de l'Académie des Sciences, séance du 23 mars 1896, p. 716.
(2) A rapprocher encore de ces faits observés par M. Pprrin,cette note adressée à l'Académie des sciences (séance du 7 avril) par M. Silvanus-1'. Thomson, et dans laquelle i'éminent physicien indique comme moyen parliculièrement propice à concentrer les rayons cathodiques dans l'intérieur du tube de Crookes, de façon à obtenir un maximum d'effets, l'emploi de petits écrans que l'on déplace à l'intérieur du tube jusqu'au moment où l'on voit se produire le plus grand éclat de fluorescence.
Ainsi' que le note M. Thomson, cet écran, appelé par