LA LUMIÈRE NOIRE
Les radiations spéciales produites par diverses sources lumineuses et capables de traverser les corps opaciues. — La « lumière noire » de M. le Gustave Le Bon. — L'expérience de M. Le Bon. — Elle est confirmée par divers auteurs. — DlfTérences entre les rayons de lumière noire et les rayons X. — Expériences importantes. — Réponse de M. Le Bon aux objections de M. Niewenglowski. — La lumière noire serait une nouvelle expression de l'énergie. — Les recherches de MM. Lumière. — Essais contradictoires. — Jiouvciles recherches de M. d'Arsonval. — Tout le monde mis d'accord.
Tout au lendemain du jour oîi l'on venait de connaître officiellement la merveilleuse découverte du professeur Rœnigen, M. le docteur Gustave Le Bon adressait à l'Académie des Sciences une note très sommaire, mais aussi très suggestive, note dans laquelle il annonçait le plus formellement du monde que pour prendre des images d'objets dissimulés derrière les barrières en apparence les moins transparentes, point n'était besoin
de recourir aux tubes de Crookes, mais que la première source de lumière venue, celle du jour, d'une lampe, d'un bec de gaz, etc., était dans l'espèce parfaitement suffisante.
Une telle affirmation ne laissa pas de trouver bon nombre d'incrédules, et cela bien que M. Le Bon eût cependant pris soin de ne la baser que sur des faits expérimentaux.
Voici du reste, emprunté au travail même de M. Le Bon, comment un tel prestige peut se voir réalisé.
« Dans un châssis photographique positif ordinaire introduisons une plaeiue sensible, au-dessus d'elle un cliché photographique quelconque, puis au-dessus du cliché et en contact intime avec lui une plaque de fer, couvrant entièrement la face antérieure du châssis. Exposons la glace ainsi masquée par la lame métallique à la lumière d'une lampe à pétrole pendant trois heures environ. Un développement énergique et très prolongé de la glace sensible, poussé jusqu'à entier noircissement, donnera une image du cliché très pâle, mais très nette par transparence. »
Accueillis d'abord avec réserve, les faits annoncés par M. Le Bon n'ont point tardé à se voir confirmés par divers chercheurs, notamment par M. le docteur Armaignac, de Bordeaux, par M. Ellinger, de Copenhague, et surtout par M. H. Murât, du Ha-