EXI'KRIICNCES SUR UN NOUVEAU GENRE DE RAYONS
pareil de décharge, recouvert de papier noir ; elle est pàle, mais très nette cependant.
13. J'ai cherché à produire l'interférence des rayons X, mais sans résultat, peut-être à cause de leur faible intensité.
IG. Des recherches sur l'action que peuvent exercer des forces électrostatiques sur les rayons X sont en cours, mais non encore achevées.
17. On demandera : Que sont donc ces rayons? Puisque ce ne sont pas des rayons cathodiques, on pourrait supposer, d'après leur faculté de produire la fluorescence et l'action chimique, qu'ils sont dus à la lumière ultra-violette. Un ensemble imposant de preuves est en contradiction avec cette hypothèse. Si les rayons X sont en réalité de la lumière ultra-violette, cette lumière doit posséder les propriétés suivantes :
a) Elle ne se réfracte pas en passant de l'air dans l'eau, dans le sulfure de carbone, l'aluminium, le sel gemme, le verre ou le zinc.
b) Elle ne peut se réfléchir régulièrement à la surface des corps cités.
c) Elle n'est polarisée par aucun des milieux polarisants ordinaires.
d) L'absorption par les différents corps doit dépendre surtout de leur densité.
Ce qui revient à dire que les rayons nltra-violels
Ai)
doivent se comporter tout autrement que les rayons visibles ou infra-rouges et les rayons ultraviolets déjk connus. Ceci paraît assez invraisemblable pour que j'aie cherché à faire une autre hypothèse.
II semble y avoir une sorte de relation entre les nouveaux rayons et les rayons lumineux ; tout au moins la production d'ombres, de tluorescence et d'actions chimiques semble l'indiquer. Or, on sait depuis longtemps qu'en outre des vibrations qui rendent compte des phénomènes lumineux, il est possible que des vibrations longitudinales se produisent dans l'éther; certains physiciens pensent même que ces vibrations doivent exister. Toutefois on doit convenir que leur existence n'a jamais été mise en évidence et que leurs propriétés n'ont pas été établies expérimentalement. Ces nouveaux rayons ne devraient-ils pas être attribués à des ondes longitudinales de l'éther?
Je dois avouer qu'à mesure que je poursuivais ces recherches, je me suis accoutumé de plus en plus à cette idée et je me permets de l'énoncer, sans me dissimuler que l'hypothèse demande à être établie plus solidement.
W.-C. RÔNTGEN,
Professeur de Physique à l'Uiiiversilé de Wurtzbourg.